Action humanitaire au Burkina Faso : Save The Children investit environ 4,17 milliards F CFA au premier semestre de 2024

A la date du 31 mars 2023, le Burkina Faso comptait environ 2 millions de déplacés internes du fait de l’insécurité dans certaines localités du pays. Une année après, malgré les efforts du gouvernement, la situation est loin d’être revenue à la normale. Ils sont encore nombreux ces Burkinabè qui sont toujours loin de leurs localités. Cette couche de la société se retrouve plongée dans un besoin d’assistance constante. À l’occasion de la journée mondiale de l’action humanitaire célébrée chaque 19 août, sur initiative de l’ONG Save The Children, une équipe de Faso7 a effectué une sortie à Kaya, chef-lieu de la région du centre-Nord, pour s’enquérir du travail fait par l’un l’ONG dans la réponse humanitaire apportée en appui aux actions de l’Etat.

Le 12 mai 2024, le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) a indiqué dans ses statistiques que la province du Sanmatenga occupe la 1re place en termes d’accueil des déplacés internes au niveau national avec plus de 12,2%. La commune de Kaya se positionne en 3e position dans la catégorie des communes avec 6,03% des PDI.

Face à cette situation, le gouvernement consent des efforts afin d’apporter une réponse à la situation. Et à ses côtés, des partenaires fournissent également des efforts en accompagnement de ceux des autorités pour soutenir, assister et aider les Burkinabè dans la difficulté. Dans la région du Centre-Nord, l’un des partenaires est Save The Children. Présent sur le terrain, l’organisation réalise des investissements au profit des PDI et des populations hôtes.

Cartographie de l’action humanitaire de Save The Children au Burkina Faso

Ses objectifs sont entre autres ceux de contribuer à promouvoir l’accès à une éducation inclusive, de qualité et transformative dans un environnement sûr et protecteur pour les enfants de 6 à 18 ans, protéger les enfants contre toutes formes de violence, d’abus et de violation du droit des enfants, et renforcer les systèmes de protection de l’enfance au niveau national et communautaire et faire participer activement les enfants à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes et des politiques, et les rendre capables de plaider pour la protection de leurs droits et tenir les responsables dans un environnement sûr, équitable et transformateur de genre.

En 2023, ses interventions ont impacté 571 039 bénéficiaires directs, dont 384 158 enfants. Au total, 6 008 280 bénéficiaires ont été touchés indirectement grâce aux projets et programmes. Par rapport à 2022, le nombre d’enfants touchés en 2023 a augmenté de 8,78%. En termes de sécurité alimentaire et moyens d’existence, ce sont  84 654 personnes, dont 48734 enfants touchées, 72 909 personnes avec 70 930 enfants en éducation, 64 444 enfants sur 99045 personnes touchées dans le volet protection de l’enfant. En santé et nutrition, ce sont 308 390 personnes, dont 198 853 enfants impactées. 1 197 enfants ont été touchés dans le volet gouvernance de droit de l’enfant sur 6 041 personnes impactées au total.

Pour le premier semestre de l’année 2024, Save The Children à travers ses activités, a touché environ 47 600 nouveaux bénéficiaires. Les interventions ont été focalisées sur l’éducation, la santé, la participation des enfants, la pauvreté des enfants et la protection des enfants. Sur ces interventions, le conseiller en préparation et réponse humanitaire de Save The Children, Nouridine Alassane, a laissé entendre que leurs appréciations dépendent des bénéficiaires.

« Dire qu’on a fait un bon travail ou pas, ce sont les bénéficiaires qui peuvent le faire. Il y a aussi les autorités avec qui on travaille beaucoup sur le terrain. Ce sont ces personnes qui peuvent apprécier notre travail. Nous nous contentons juste d’apporter notre soutien aux populations. L’appréciation, c’est à leur niveau », dit-il. Cependant, au vu de ce qui est fait par Save The Children, il souligne que tous les acteurs doivent ressentir de la satisfaction pour l’action humanitaire menée sur le terrain.

Nouridine Alassane, conseiller en préparation et réponse humanitaire de Save The Children

Et en termes de ce qui est mené sur le terrain, il faut savoir que pour le premier semestre de l’année 2024, c’est déjà plus de 4,17 milliards de Francs CFA investis dans ses interventions. Pour toute l’année 2024, les actions de l’organisation devront nécessiter une enveloppe totale d’environ 13,84 milliards de Francs CFA. « Il faut dire qu’on a jamais atteint 100% de taux de financement, mais avec le peu, on essaye de faire ce qu’on peut sur le terrain », déclare-t-il.

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Du côté des bénéficiaires de ces actions humanitaires, les sentiments de joie sont présents. Parmi eux, il y a Adama Sawadogo. Originaire de la localité de Dablo (une commune rurale de la province du Sanmatenga, située dans la région Centre-Nord au Burkina Faso, NDLR), il a trouvé refuge à Kaya depuis 2021 après avoir fui l’insécurité dans son village. Avec ses 3 femmes et ses 15 enfants, il a dû abandonner toutes ses activités afin de protéger les siens.  « On a fui le village parce qu’on ne peut plus vivre là-bas. Nous sommes venus à Kaya pour survivre », explique-t-il.

Loin de son village, Adama Sawadogo a dû compter d’abord sur l’hospitalité des populations hôtes et ensuite sur les aides des humanitaires. Parmi ses appuis, Save The Children occupe une place importante dans son cœur. Des vivres, des soins, des kits d’installation et des habits, tel est la consistance du geste de l’ONG en faveur de ce chef de famille. « Depuis qu’on est installé ici, ça va. Mais on ne vit que de dons. On n’a plus d’activités à mener », confie-t-il.

Sur le soutien de Save The Children, Adama Sawadogo laisse entendre qu’il est d’une grande utilité. « Save The Children nous aide beaucoup. Il nous donne à manger, des habits et beaucoup d’autres choses. Ma fille a même été soignée par eux. Leurs œuvres sont vraiment utiles pour nous. C’est vrai qu’ils ont déjà fait beaucoup, mais nous sommes toujours dans le besoin », rappelle-t-il avant d’ajouter que son désir est d’avoir une activité à mener.

Adama Sawadogo, déplacé interne, chef d’une famille de 19 membres

Même son de cloche pour Somlarima Ouédraogo, originaire également de Dablo. Selon ses explications, son mari, ses 3 coépouses et leurs 17 enfants ont dû fuir l’insécurité pour trouver refuge à Kaya. Avec des difficultés pour satisfaire les besoins de la famille à leur arrivée, ils ont reçu du soutien de la part de Save The Children. « Avec cette aide, nous sommes vraiment contents. Nous arrivons à tenir côté alimentation », relève-t-elle.

Dans la mise en œuvre de ses activités, Save The Children travaille avec des acteurs au niveau local. Des associations, aux autorités en passant par d’autres cellules, divers moyens sont employés pour arriver à mener de manière efficiente les activités dans les différentes communautés. Dans la ville de Kaya, l’un des partenaires est l’Association pour le Développement Communautaire et la Promotion des Droits de l’Enfant (ADC/PDE).

Selon la coordonnatrice, Suzanne Doulkom, leurs actions sont beaucoup plus centrées sur la protection de l’enfance. C’est dans ce sens que l’association bénéficie du soutien de Save The Children. « Notre collaboration se passe très bien. C’est une très belle appréciation en termes de travail, de communication et d’appui. Cette collaboration a commencé depuis 2022 et nous avons un vrai appui de leur part », mentionne-t-elle.

De son côté, le directeur provincial de l’éducation du Sanmatenga, Barkibila Sawadogo, note un appui conséquent de la part de Save The Children dans l’éducation. Sur le volet de l’accès, la qualité et le pilotage de l’éducation dans la province, il souligne « un accompagnement constant » de la part de l’ONG. La réalisation d’infrastructures scolaires a été citée comme l’une des actions les plus mémorables pour le directeur provincial.

Barkibila Sawadogo, le directeur provincial de l’éducation du Sanmatenga

« Pour Save The Chidren, en dehors de l’accès et du renforcement des capacités qu’ils font, nous voulons aussi qu’ils mettent l’accent sur le pilotage (…). Ils nous accompagnent également par d’autres alternatives comme l’éducation par la radio », souligne-t-il.

Dans le cadre de cette mission, l’ambassadeur de bonne volonté de Save The Children, Alif Naaba, est intervenue pour visiter des réalisations faites pour apporter une réponse à la question de l’accueil des élèves déplacés internes dans les écoles. A l’issue, de la visite, l’artiste musicien révèle être « très content de ce qui est fait ».

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Basile SAMA

Faso7

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