La Francophonie en commun [suite] : À Ouaga, Mélenchon enjambe la question de la république et de son bilan en Afrique

Ceci est la deuxième partie d’une contribution sur la visite de Jean Luc Mélenchon au Burkina Faso. 

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I• Le pacte de dupe [1/2]

II• Le cheval de Troie [2/2]

Lors de sa conférence publique sur la Francophonie [1], le 21 juillet 2021 à l’université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a « oublié ” de répondre à une question posée par un membre de la société civile [2] : « Et la république, quel bilan en Afrique ? » Question déprimante pour un homme qui a bâti toute sa carrière politique sur le pacte républicain et qui ne peut pas penser un seul instant que la république soit le problème et non pas la solution. Question surprenante au faso de Thomas Sankara qui, un jour d’août 1984, a décidé de rayer à tout jamais de l’appellation de son pays le mot république — que tous ces voisins portent crânement depuis le soleil des Indépendances, sans trop se poser de questions à propos de ce cheval de Troie colonial…

II• Le Cheval de Troie [2/2]

« Une théorie fondée sur la vérité

ne peut conduire qu’à une politique de l’autorité. »

Pour un suicide des intellectuels, Manuel Cervera-Marzal, 2015 [3]

Le faso, c’est pour le “territoire libre (souverain politiquement et moralement, d’où Burkina) d’Afrique (…) l’entité juridique et politique, le foyer inextinguible où souffle le vent vivifiant de la liberté et de la dignité qui redonne au peuple toute sa grandeur et fait de lui l’allié naturel de tous les peuples du monde qui partagent les mêmes idéaux de liberté et de dignité. [4]” S’il faut considérer la révolution burkinabè comme un régime d’exception, ce n’est pas tant parce qu’elle est le fait de militaires, mais parce qu’elle pose, pour la première fois dans l’histoire politique ouest-africaine, la nécessité de rompre avec la république pour que la démocratie, ou quelque chose qui y ressemble, puisse s’épanouir à travers des formes d’organisation politique que chaque peuple africain doit puiser dans ses ressources culturelles. Le Faso c’est en soi un appel à faire table rase du passé et en même temps à écrire l’avenir politique sans complexe ni servitude extérieure ; le Faso c’est un geste de défiance qui se termine en acte de pleine souveraineté ; le Faso c’est une manière d’espoir à laquelle chacun peut prendre part, à sa mesure de femme, d’homme ou d’enfant.

C’est bien sûr un coup de semonce pour toutes les tyrannies républicaines qui entourent à cette époque le Burkina révolutionnaire, mais c’est surtout un défi lancé au tuteur français qui pensait pouvoir compter longtemps sur ses chiens de garde républicains après avoir retiré son armée et son administration coloniales. Le message est clair, mais si mal entendu que près de 40 ans plus tard la quasi totalité des élites africaines font toujours la sourde oreille [5] : la république est le cheval de Troie de la colonisation et tant que cet héritage politique ne sera pas liquidé, il ne pourra être tiré aucun solde de tout compte, pas plus aujourd’hui que demain dans le monde 4.0 ; au contraire, plus l’Afrique s’enfonce dans ce monde 4.0 où la liberté et la dignité, en particulier des plus faibles, est à la merci des trouvailles d’ingénieurs dépourvus de toute éthique et aussi cupides que les banquiers qui financent leurs joujoux nuisibles [6], plus la république deviendra un système de contrainte et de surveillance au service de ceux qu’elle a toujours servis et au détriment de ceux qu’elle a toujours desservis.

Si le futur, ce n’est pas attendre que le temps passe tranquillement jusqu’à la mort, mais que le futur, c’est ce que nous allons faire résolument ensemble, alors le futur de tous ceux qui, hier comme aujourd’hui, en sont les victimes, c’est de défaire la république et de construire en lieu et place autant de faso qu’il est possible, et partout où des femmes et des hommes ont en commun la liberté et la dignité, le goût de partager à leur échelle, autour d’eux, dans le quotidien, ces valeurs élémentaires, sans chercher à viser l’universalité universelle des élites républicaines.

« La République, c’est moi ». On sait que Jean-Luc Mélenchon, et avec lui tout l’appareil insoumis, est un franc partisan de la république, pour ne pas dire le chantre inconditionnel (et sincère) de ce régime d’hégémonie bourgeoise, au point d’avoir affirmé dans un contexte de perquisition judiciaire : “La République, c’est moi. [7]” Si l’outrance était de circonstance et même héroïque au regard des commanditaires de cette perquisition (forcément républicaine), la formule témoigne d’un attachement viscéral à ce qui pour lui est la substance de cette France qu’il aime tant (et qui le lui rend assez mal, électoralement au moins). Voilà pourquoi Jean-Luc Mélenchon s’obstine à proposer dans son programme d’Avenir en commun la création d’une 6e république, bien que la 5e concoctée par le général de Gaulle ait montré qu’elle est aujourd’hui un régime définitivement frappé de gâtisme politique, mais surtout qu’elle est la face cachée d’une tyrannie, non par accident mais par nature [8], l’électoralisme de façade ne parvenant plus à dissimuler que le pouvoir dont jouit outrageusement l’oligarchie stato-financière se bricole dans les coulisses des banques et des médias de propagande, mais absolument pas dans les urnes.

L’objectif (louable) du voyage de Jean-Luc Mélenchon était de confronter son parti pris d’insoumission à la figure de Thomas Sankara et d’apprendre du peuple burkinabè et de ses luttes, notamment à travers les déconvenues insurrectionnelles du Balais citoyen. Mais qu’a-t-il vraiment appris, l’insoumis de la Métropole ? Et si son insoumission devait sortir renforcée de ces rencontres menées au pas de charge, pourquoi avoir « censuré » la question de ce membre de la société civile et à travers elle, avoir ignoré le cœur brûlant de l’insoumission sankariste, le rejet de la république comme forme avérée de domination politique des classes populaires ?

Au final, qu’est-ce que les étudiants présents dans cette immense salle, certains debout pendant plus de 2 heures pour ne rien manquer, ont compris de cette conférence sur ce qui pour eux reste un machin de la caste dominante néo-colonisée, la Francophonie ? Une fraction s’est sentie concernée par l’idée d’achever le processus d’humanisation de la planète ; certains parmi eux, pour qui le français reste une langue d’importation nuisible aux cultures nationales, ont entendu que celle-ci pouvait devenir une langue commune d’opinions et de projets ; les plus fantasques ont rêvé à cette aventure spatiale ou dans les profondeurs maritimes qu’une Francophonie en commun pourrait inaugurer ; un petit nombre a cherché à comprendre le concept de créolisation développé par un auteur inconnu ou presque, Édouard Glissant [9] ; et beaucoup, sans doute l’écrasante majorité, ont douté que la Francophonie puisse être l’instrument de leur émancipation, du moins tant que cette institution portera elle aussi les stigmates de la république, de sa gouvernance oligarchique et de ses impostures intellectuelles.

Tant de si. Si Jean-Luc Mélenchon a (hélas) si peu convaincu, au-delà du succès indéniable de tribune, ce n’est pas à raison du contenu de ses propositions, ambitieuses et auxquelles cette jeunesse a envie de croire, mais parce que la question de fond a été éludée, que la cause de la cause a été glissée sous le tapis et que les conséquences ainsi ignorées bien que certaines portent le risque de ruiner les espoirs suscités ce 21 juillet 2021. Même si Jean-Luc Mélenchon a agité de grandes et belles idées, même s’il a parlé franchement, les yeux dans yeux, des questions d’actualité qui fâchent, même s’il a paru plus homme que roué politicien, il a échoué à relever le défi politique que lui lançait cette jeunesse universitaire : voir derrière tous les dysfonctionnements, toutes les misères et toutes les frustrations dont souffrent les pays ouest-africains la main invisible d’une seule chose, la république, avec l’envie maladroite d’en prononcer l’abolition, sinon d’en proposer une remise en cause radicale. Bref, de pousser l’insoumission à fond, là où il ne peut y avoir aucune compromission avec le conformisme des gens pour qui la politique est un exercice de salon. Ce que voulaient ces étudiants, c’est que Jean-Luc Mélenchon ramène le pouvoir (républicain) à terre, là où ils se trouvent eux-mêmes par extrême nécessité ; or celui-ci le sait bien, faire tomber des nues la république, sortir de la rengaine des valeurs universelles, placer celle-ci à hauteur d’homme, de femme et d’enfant, c’est fatalement la destituer [10].

Et si la démocratie commençait là où finit la république ? Et si à ne pas vouloir le comprendre, obstinément, comme un enfant s’accroche à un jouet pourtant dangereux pour lui et ses camarades, on devenait complice de ce jeu de massacre dont les plus pauvres sont la seule matière première ? Et si tous les idiots objectifs de la république, ce régime d’imposteurs engagés depuis 200 ans à mentir à la première tétée de leurs géniteurs, étaient les seuls vrais responsables de ce fiasco, parce que personne ne peut reprocher à un loup de dévorer une brebis qui se jette dans sa gueule, même abusivement poussée en avant par des bergers en état permanent d’overdose humanitariste ? Et s’il ne servait à rien de lutter contre la pauvreté, si on ne lutte pas d’abord contre la richesse qui produit cette pauvreté à la pelle ? Et si la violence des gens était la seule réponse légitime à la violence première de l’État organisé comme rempart de la bourgeoisie et de ses privilèges ? Ou encore si les urnes, comme le suggère malgré lui Victor Hugo en 1850 [11], n’avait été que le prétexte pour ôter aux pauvres le fusil qui a pourtant fait toutes les révolutions, et qu’aujourd’hui, désarmés et à main nue devant des robocops, c’est eux qui paient de leurs impôts, en Europe, les yeux, les mains et les poumons, et hors d’Europe, le plus souvent des vies déjà si brèves, qu’on leur arrache cadeau ? Tant de si qui attendent autre chose que des mais, tant de si qui sont aujourd’hui assourdissants de révolte, tant de si auxquels ceux qui devraient les entendre tournent lâchement l’oreille. Surtout, tant de si que Jean-Luc Mélenchon n’a pas entendus ce 21 juillet 2021, au Burkina Faso, terre natale de Thomas Sankara, fossoyeur de la république dans le pré carré post-colonial et troué de balles par ceux qui voulaient son rétablissement sine die pour plaire encore et toujours à leurs pâles tuteurs.

Vouloir être le plus politique des hommes politiques français en Afrique, vouloir parler politique ici pour être entendu politiquement là-bas où se trouvent ses électeurs, tout en ignorant magistralement les Français d’ici dont il n’a pas vu l’ombre d’un cheveux, vouloir briser le plafond de verre du malentendu néo-colonial, ou encore vouloir montrer le poids d’une parole qui se respecte toujours devant les autres, et manquer, manquer la seule occasion de le faire, sincèrement, en esquivant à la manière d’un mauvais joueur la question de la république, de sa charge nuisible aux aspirations de liberté et de dignité, de son imposture au service de ceux qu’il combat lui, Jean-Luc Mélenchon, la grande gueule aux accents de pote de comptoir, depuis qu’il a l’âge de défier les forces de répression de ce régime d’ordre (public) plus que de liberté.

Ajouter de l’insoumission à l’insoumission. Venir à Ouaga en pleine tourmente sanito-sécuritaire à Paris, alors que sa France est prise à la gorge par ce que sa république a produit de pire depuis ses sombres origines, y venir pour ajouter de l’insoumission à l’insoumission avec Thomas Sankara, y parler pour renverser la table du conformisme idéologique en Afrique francophone, et repartir en faisant, certes quasiment en silence, mine de rien, à la façon d’un prestidigitateur de plage, une nouvelle fois allégeance à cette république déjà tellement suspecte aux yeux de l’homme du 4-août, et bien d’avantage aujourd’hui aux yeux grand ouverts de cette jeunesse qui l’attendait au coin du bois, moins pour le surprendre d’un coup de bâton que pour l’aider à se débarrasser de ses illusions républicaines dont ils souffrent tant eux-mêmes, et depuis si longtemps. Quel dommage ; un homme politique de cette envergure, de cette expérience, de cette ambition ne devrait pas manquer ça…

Combien étaient-ils ce jour-là, dans la salle de l’université de Ouagadougou, sans pouvoir forcément l’exprimer avec les mots de la langue commune, ou la clarté qui emporte immédiatement l’adhésion, combien étaient-ils à attendre, pour eux, pour le reste du monde, pour aussi la France et ces Français qu’ils prétendent détester comme des adolescents trop épris d’absolu, que Jean-Luc Mélenchon prononce les mots de la rupture, à l’instar de Thomas Sankara le 4 août 1984, qu’il en finisse avec les chimères toxiques de sa 6e République et qu’il annonce, ici, à Ouagadougou, au Burkina Faso, haut lieu de l’insoumission, pendant qu’à Paris, le pouvoir républicain tout entier ramassé dans les mains de quelqu’un que les adolescents apostrophent d’un sobriquet dans la rue, impose à un peuple frappé d’impuissance un passeport sanitaire créant à l’entrée de chaque lieu public une ligne de démarcation, qu’il annonce donc, lui qui n’ayant plus rien à perdre peut s’inscrire en pleine profondeur dans l’histoire de l’humanité, sa volonté d’instaurer la Première démocratie française comme jadis ces révolutionnaires qu’il admire tant ont créé la Première république française contre l’Europe conjurée des princes de sang, un peu malgré eux, mais quand même. À bas… !

Sûr que dans cette annonce de Jean-Luc Mélenchon, le Faso de Thomas Sankara y aurait trouvé son meilleur compte, et l’histoire révolutionnaire, celle des peuples contre leurs élites bouffies d’argent, de privilèges et d’honneurs, une nouvelle Lumière rachetant (un tantinet) la trahison des premières…

Muriel Berg

muriel@berg.africa

Lire la première partie. Cliquez ici 


[1] Conférence publique de Jean-Luc Mélenchon, Y a-t-il un avenir en commun dans la Francophonie ?, université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou, bâtiment PSUT, salle des Actes •21/07/21 à 14 h 30. 

[2] Ako Tiga Mussa Serge Dao, coordinateur national du Mouvement pour la cause du Faso

[FASOKOOZ].

[3] Pour un suicide des intellectuels, Manuel Cervera-Marzal, Éditions textuel, p. 126 •2015.

[4] Ordonnance n° 84-043/CNR/PRES portant changement d’appellation et symboles de la Nation

  • 2 /08/84, sous la signature du capitaine Thomas Sankara.

[5] Au-delà des circonstances factuelles, Thomas Sankara est d’abord mort pour le faso. Ce concept de gouvernance, d’apparence si naïf (gouverner un peuple comme on le fait dans la maison du père), pouvait à brève échéance porter l’estocade à tous les satellites républicains de l’ex-puissance coloniale s’il venait à trop susciter la curiosité des masses populaires et de leurs leaders en lutte. Dans la constitution du 11 juin 1991, le faso est ainsi rectifié de manière on ne peut plus radicale puisqu’il est tout simplement ravalé à son ennemi juré, la république : « (…) Le Faso est la forme républicaine de l’État. [art. 31  ]“ Dés lors, le pays renoue artificiellement avec la république, IVe du nom, instituant une situation de confusion entre un faso, une forme républicaine de l’État et un État démocratique, mais sans jamais que le terme république ait une existence constitutionnellement avérée. Belle bizarrerie laissée par Thomas Sankara…

[6] Par commodité, on présente toujours les forces de répression (police, gendarmerie, renseignement, et justice) comme la pire engeance pour l’humanité et ses libertés fondamentales. Mais dans ce tableau des horreurs, on oublie trop vite le rôle nuisible que jouent tous les ingénieurs inventant, souvent par jeu, pour donner libre cours à une passion d’enfance, par crânerie aussi, tous ces gadgets dont les forces de répression se servent pour perfectionner (en cruauté) leur mission républicaine de maintien de l’ordre public. Derrière le pire des criminels de l’État profond, il y a toujours un (innocent) homme de technique dont la société s’empresse de vanter aux plus jeunes les talents extraordinaires. Sans hiérarchie de valeur ni comparaison d’effet, le gaz Zyklon, la bombe atomique, les pesticides, l’internet, les organismes génétiquement modifiés, l’intelligence artificielle, et plus anecdotiquement, les armes à létalité réduite… Parfois certains mettent la main à la pâte, mais le plus souvent ils agissent dans l’ombre, par procuration, ce qui est moins glorieux, mais reste terriblement lucratif.

[7] Le 16 octobre 2018, une perquisition est menée dans des conditions très spectaculaires au domicile parisien de Jean-Luc Mélenchon, chez une dizaine de membres du parti et dans les locaux de La France insoumise. Elle sera perçue comme une opération de police politique organisée par le pouvoir (républicain) en place.

[8] Quand un régime dysfonctionne à ce point, qu’il ne parvient même plus à faire illusion sur le plan de son efficacité logistique, qu’il est l’objet d’un rejet massif de son personnel et de ses relais de propagande, qu’il ne peut plus s’imposer que par la contrainte au point que les forces de répression sont son dernier rempart dans la rue — et les vieux dans les urnes, que l’adhésion et le consentement ne peuvent être obtenus qu’en poussant à la radicalisation régalienne la politique publique, que l’artifice électoral est moqué par les forces vives d’un pays enveillardi, au point que 8 Français sur 10 n’ont pas élu l’actuel président de la République française et que l’abstention est passée premier parti du pays réel , on ne peut plus faire appel au manque d’habileté, à l’erreur, aux incapacités des hommes, aux circonstances ou à c’est la faute à pas de chance avec ces crises à répétition : le vers est dans le fruit, et si profondément, que c’est l’arbre tout entier qu’il faut abattre d’un coup de hache populaire…

Et cet acte de suicide collectif qu’est devenue l’élection, par lequel la majorité des gens qui subissent la politique du gouvernement donne blanc seing à la minorité des gens qui profitent de cette politique sur leur dos, finira par mal tourner pour tous ceux qui n’ont pas compris que ce qui compte dans une révolution, c’est le jour d’après, ce jour où faute de préparation on se fait voler sa peine, sa sueur et le sang de ses enfants morts si généreusement pour la cause commune par ceux qui sont restés au balcon à attendre que la peur de l’inconnu leur donne à nouveaux la main sur l’histoire — certains Burkinabè en savent quelque chose, dans leur chair…

[9] Né en 1928 à la Martinique et mort en 2011 à Paris, Édouard Glissant est un romancier, poète et philosophe qui s’est attaché à appréhender le dialogue des cultures à travers les concepts d' »antillanité », de « Tout-monde » et de « Relation », identifiant le processus de « créolisation » comme un processus irréversible de l’humanité : « (…) Ma proposition est qu’aujourd’hui le monde entier s’archipélise et se créolise (…). » Il est l’un des signataires du Manifeste des 121 sur le droit d’insoumission dans la guerre d’Algérie •6/09/1960.

[10] C’est pourtant à terre, dans un champ, qu’est né à Athènes l’ancêtre de la démocratie, plus exactement sur un champ de bataille, là où des soldats en assemblée débattaient, à égalité de vie et de mort pour tous, avant le combat à mener ensemble. Dans ces assemblées de soldats, le débat consistait moins à prendre une décision, souvent contrainte par des facteurs supérieurs, mais à tout simplement palabrer, comme on le fait ici en Afrique sous un baobab, et sans doute dans le faso imaginé par Thomas Sankara, mais si vite avorté par ceux que l’argent et les honneurs de la caste internationale démangeaient depuis plus de quatre ans avant sa mort tragique…

[11] « (…) Le suffrage universel, en donnant un bulletin à ceux qui souffrent, leur ôte le fusil. (…) C’est la fin de la violence, c’est la fin de la force brutale, c’est la fin de l’émeute, c’est la fin du fait matériel, et c’est le commencement du fait moral. C’est, si vous permettez que je rappelle mes propres paroles, le droit d’insurrection aboli par le droit de suffrage. » Discours sur le suffrage universel, Victor Hugo, Assemblée nationale •21/05/1850.

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