Cité CEGECI de Bassinko : Des logements attribués, mais inhabités depuis plus de 10 ans, inquiètent les résidents

Les résidents de la cité du Centre de gestion des cités (CEGECI) de Bassinko ont manifesté leur inquiétude face à l’existence de logements inoccupés au sein de la cité. Insécurité et prolifération d’animaux dangereux : telles sont les plaintes de Goro Palenfo, président de l’Association des résidents de la cité de Bassinko (ARCIBA), et de ses camarades. Une équipe de Faso7 est allée constater la situation, ce vendredi 25 avril 2025.
Résident depuis plus de 10 ans dans la cité de Bassinko, Palenfo Goro n’a jamais vu son voisin immédiat. Depuis l’attribution des logements, ce dernier semble n’avoir jamais mis les pieds sur le site. Reptiles, insécurité et mauvaises herbes constituent donc le quotidien de Goro Palenfo. Et comme lui, nombreux sont ceux qui vivent cette situation. Et ce, depuis maintenant plusieurs années.
Afin de trouver une solution, ils ont lancé un cri du cœur à l’endroit du Centre de gestion des cités (CEGECI). Une sollicitation qui a trouvé une réponse à travers un communiqué de la structure, invitant « tous les locataires de la cité de Bassinko n’ayant pas encore intégré leurs logements à prendre les dispositions nécessaires afin d’habiter ou de faire habiter lesdits logements ».
« Ça nous cause beaucoup de tort. C’est surtout l’insécurité que cela crée au sein de la cité. Il y a aussi les cas d’incendie dus notamment à l’accumulation des mauvaises herbes dans certaines concessions », déclare le président de l’ARCIBA. Toujours dans ses explications, il souligne la possibilité que des individus mal intentionnés puissent s’installer dans ces maisons vides.
Une situation qui s’est déjà produite dans la cité, selon les propos d’Edmond Sanon, un autre résident installé depuis 2016. « Rien que le lundi de Pâques, un des propriétaires, après une longue absence, est venu constater que des inconnus étaient installés chez lui depuis deux ans. Ce qui fait qu’on est vraiment dans l’insécurité avec ces cas. Ce sont des situations qu’on veut éviter en invitant les propriétaires à rejoindre leurs logements », lance-t-il.
Il explique également que, pour rendre la cité propre et sécurisée, les résidents s’organisent pour nettoyer les maisons inhabitées, afin d’éviter les problèmes qui peuvent survenir. Selon ses propos, ce travail se fait au moins deux fois par an. Une surveillance constante est également de mise pour remarquer tout ce qui se passe et toutes les personnes qui s’installent dans la cité.

De son côté, Séni Kaboré, un résident de la cité, met l’accent sur l’insécurité pour les enfants. Selon lui, la présence de maisons inhabitées rend le cadre dangereux pour ces derniers. « Il y a les herbes qui cachent des animaux dangereux et aussi, on ne sait pas qui peut se cacher dans les maisons. Pourtant, nous savons aussi que quand les parents sont occupés par leurs professions, les enfants sont en insécurité », relève-t-il.
Dans la même lancée, Romain Lankoandé, installé dans la cité depuis 2016, rappelle que le principal souci est l’infiltration d’individus parmi les résidents. Selon ses explications, la disponibilité de logements vides est une cause constante d’insécurité. « Des individus mal intentionnés peuvent casser des maisons et s’y installer. Nous aussi, on n’a pas la possibilité de savoir qui est qui », dit-il.
Pour sa part, Adama Kouanda, le directeur commercial et marketing du CEGECI, relève que le communiqué vise à interpeller les propriétaires des logements de Bassinko afin qu’ils occupent ou fassent occuper leurs logements. « Ce sont des logements attribués depuis plus de dix ans, et le constat est que jusqu’à ce jour, beaucoup restent inoccupés. Ça crée justement de l’insécurité », souligne-t-il.
En réponse aux propriétaires qui estiment que le site n’est pas viabilisé, les résidents et le directeur commercial et marketing du CEGECI parlent d’une même voix. Sur place, électricité, eau et bitume sont présents pour le bonheur des habitants. De l’élargissement de la RN2 en passant par les travaux entrepris à l’intérieur de la cité pour rendre la vie agréable aux occupants, Adama Kouanda martèle que les conditions sont réunies.

« Je peux vous affirmer qu’aujourd’hui, nous avons la RN2 qui est en cours d’élargissement. Nous avons aussi la voie d’accès à Bassinko qui est en train d’être bitumée, voire achevée. Et à l’intérieur, il y a du bitume. Certains posent également le problème de l’électricité et de l’eau. Par rapport à l’eau, dans la plupart de nos sites, elle est disponible. Et je pense qu’actuellement, la SONABEL travaille pour que tout Bassinko soit électrifié », fait-il savoir.
Comme solution, les résidents et le CEGECI, au-delà d’appeler à venir occuper personnellement les logements, invitent les propriétaires à les confier à des proches pour y habiter, ou à y mettre des vigiles ou des gardiens. Le directeur commercial et marketing du CEGECI, avant de lancer son appel à l’endroit de tous les acquéreurs des villas, indique que certains commencent déjà à rejoindre leurs logements depuis la diffusion du communiqué.
« Vous avez constaté vous-même qu’il y a beaucoup de maisons inoccupées. Nous demandons vraiment d’occuper ou de faire occuper. Ça veut dire que si vous n’êtes pas prêt à y loger, vous pouvez peut-être mettre en location, trouver quelqu’un d’autre pour y habiter ou bien trouver un gardien et, de temps en temps, débroussailler. L’objectif n’est pas de récupérer ou de retirer les logements, mais de les faire occuper », conclut-il.
Faso7



