« 72 heures des CAP » : Le travail d’intérêt général au centre des activités socio-culturelles et éducatives avec les détenus

La Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) a abrité, ce mercredi 25 juin 2025, le lancement de la 4ᵉ édition des « 72 heures des CAP », un événement organisé par les Commissions d’Application des Peines (CAP) des tribunaux de grande instance Ouaga I et Ouaga II. Cette édition se tient sous le thème : « La mise en œuvre du travail d’intérêt général : Enjeux, défis et perspectives », en présence de nombreuses autorités judiciaires et administratives.

Lassané Guelbeogo, juge d’application des peines et président du comité d’organisation, a rappelé l’importance du rôle des CAP dans l’humanisation de la détention et la réinsertion des détenus. « La commission d’application des peines est une instance administrative (…) qui a pour attribution l’aménagement des peines devenues définitives dans le but d’assurer le retour et la réinsertion du détenu dans la société », a-t-il expliqué.

À l’instar des précédentes éditions, ces journées sont marquées par des panels, des expositions, des activités sportives et culturelles. Selon Lassané Guelbeogo, 22 détenus ont déjà bénéficié d’une conversion de leurs peines en travail d’intérêt général (TIG), tandis qu’une nouvelle vague est en cours. Les CAP Ouaga I et II ont également pris plus de 550 décisions de semi-liberté et plusieurs mesures de placement à l’extérieur ou de suspension de peine sur l’année judiciaire 2024-2025.

Pour Vincent Konombo, directeur de la MACO, ces journées sont l’occasion de valoriser l’engagement de tous les acteurs œuvrant à la transformation du milieu carcéral. « Votre présence (…) témoigne de votre engagement pour la cause de la personne détenue, qui, loin d’être un paria, constitue, pour nous, une des pierres angulaires de la construction de notre société », a-t-il déclaré.

Présidant la cérémonie au nom du ministre chargé de la Justice, Djènèba Ouédraogo, a salué la synergie entre les CAP Ouaga I et II. Elle a souligné la pertinence du thème retenu, qui s’aligne avec les priorités gouvernementales. « Le travail d’intérêt général est une réalité et produit des résultats forts appréciables. En plus de contribuer à la réinsertion sociale, il est un outil efficace de développement au plan socioéconomique », a-t-elle déclaré.

Djènèba Ouédraogo a aussi évoqué la loi N° 035-2024/ALT du 08 novembre 2024, qui encadre désormais le TIG comme une peine alternative à l’incarcération. Elle a encouragé tous les acteurs à participer activement aux réflexions afin d’améliorer le dispositif existant.

« Aucune œuvre humaine n’est parfaite (…). C’est donc l’occasion d’identifier les insuffisances et d’y apporter des solutions idoines », a-t-elle insisté, tout en exhortant à faire de la prison un lieu d’apprentissage, et non de relégation.

Les 72 heures des CAP se poursuivront jusqu’au 27 juin avec des activités de sensibilisation, de dépistage, et des repas communautaires, illustrant une volonté commune de donner un visage plus humain à la détention.

Faso7

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