Bobo-Dioulasso : Des manifestants exigent la démission du président Sandaogo Damiba

Ce jeudi 29 septembre 2022 dans la ville de Sya, des manifestants pour la plupart des commerçants, ont battu le pavé pour exprimer leur ras-le-bol au pouvoir en place concernant la situation sécuritaire. 

À notre arrivée sur les lieux à 9 heures, la mythique place Tiefo Amoro est quadrillée par la gendarmerie nationale. Pas question d’y accéder. Nous nous dirigeons vers le grand marché de la ville. Sur place, on constate que ce n’était pas l’engouement de tous les jours, mais plusieurs boutiques étaient fermées.

C’est le même constat que nous avons fait avant d’arriver au grand marché. Quelques minutes plus tard, quelques manifestants arrivent. Petit à petit, la manifestation prend de l’ampleur. À la tête de la foule de manifestants, un homme répondant au nom d’Issouf Ouédraogo et se présentant également comme un commerçant de la ville,  sifflet dans la bouche, galvanise les autres. « Nous sommes sortis aujourd’hui parce que la trajectoire du pays n’est pas bonne, on vit la peur au ventre » s’est-il offusqué.

Issouf Ouédraogo dit avoir soutenu le Lieutenant-colonel Sandaogo Damiba quand il arrivait au pouvoir, mais aujourd’hui, la situation ne s’est pas améliorée, a-t-il déploré. « Nos frères se font tuer », a-t-il regretté avant de préciser que la manifestation à laquelle il participe, n’a aucune couleur politique. « Nous ne sommes pas sortis pour des politiciens, nous sommes sortis pour notre pays », a-t-il déclaré.

Pour le manifestant, si le Lieutenant-colonel Sandaogo Damiba veut bénéficier du soutien du peuple, « il doit prendre le bon chemin ».

Comme « bon chemin », Issouf Ouédraogo propose au président du Faso de tourner le dos à la coopération française pour s’engager avec la Russie. Il dit souhaiter également l’arrivée de Wagner au Burkina pour permettre de dénicher les complicités internes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. « Mais s’il (le président du Faso, NDLR) ne va pas accepter pour nous, nous n’allons pas arrêter », a-t-il mis en garde.

Salif Nikiema, membre de la ligue des patriotes dit être sorti pour manifester afin d’honorer la mémoire des victimes de l’attaque de Gaskindé. « Compte tenu du massacre qui a eu lieu au niveau de Gaskindé, nous avons constaté que la majeure partie de ceux qui sont morts, sont des commerçants qui sont allés chercher des vivres revenir à Djibo. En mémoire de ces disparus, nous avons estimé qu’il est nécessaire de marquer un arrêt de travail pour soutenir ces frères qui sont morts brutalement de façon obscure », a-t-il déclaré.

A cette manifestation, c’est le Chef de l’Etat qui est directement visé. Les manifestants, à travers des slogans, exigent sans langue de bois, sa démission.

« Nous demandons, nous exigeons le départ sans condition de Damiba », a laissé entendre Salif Nikiema.

Les manifestants, majoritairement concentrés aux alentours du grand marché, ont tenté sans succès de rejoindre la place Tiefo Amoro. Après des négociations avec les forces de l’ordre, ils ont finalement rebroussé chemin. La même scène s’est produite devant le commissariat de Konsa, mais cette fois-ci, ce sont les gendarmes qui ont quitté les lieux.

Lire aussi ➡️Bobo Dioulasso : Des manifestants protestent contre la dégradation de la situation sécuritaire

Moriba KEITA (correspondant)

Faso7

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