Apollinaire Kyélèm : « Certaines ONG alimentent même le terrorisme »

Le Premier ministre Apollinaire Kyélèm de Tambèla a expliqué au Directeur exécutif par intérim de l’ONG Oxfam International,  Amitabh Behar, quel type d’aide le Burkina Faso attendait des organisations non gouvernementales.

Le Directeur exécutif par intérim de l’ONG Oxfam International,  Amitabh Behar, a exposé deux doléances au Premier ministre Apollinaire Kyélèm de Tambèla lors de l’audience qu’il lui a accordée, ainsi qu’à sa délégation  ce mercredi 21 juin 2023.

D’abord, levée de la suspension des transferts monétaires dans certaines régions et ensuite, l’application effective du protocole de Maputo qui oblige les pays à allouer au moins 10% de leurs ressources budgétaires nationales au développement agricole et rural.

Pour la première doléance, le Premier ministre a rappelé les raisons pour lesquels les transferts ont été suspendus. En premier lieu, ils contribuent à instaurer une « culture de la paresse et de la fainéantise » au sein des bénéficiaires. En second lieu, les transferts de cashs alimentaient le terrorisme. « Certains bénéficiaires transfèrent cet argent à leurs parents ou complices terroristes », a révélé le locataire de la Primature.

Quant au protocole de Maputo, Me Kyélèm a signifié à son visiteur que ce n’était pas la priorité du Burkina Faso pour le moment. Celle-ci est ailleurs. « Les terroristes tuent les populations aux mains nues. Avant de s’adonner à l’agriculture, il faut être en vie.  L’application du protocole de Maputo n’est pas notre priorité. Notre priorité, c’est la reconquête de notre territoire et la sauvegarde de la vie de nos populations. Pour ce faire, nous voulons de l’argent pour acheter des armes et des munitions pour mettre fin à la guerre. Quand nous seront en paix, nous pourrons même mettre plus de 30% de notre budget au niveau de l’agriculture. Même si nous sommes attachés à l’agriculture, l’application du protocole de Maputo ne va pas nous aider à préserver les vies humaines qui sont lâchement tuées par des terroristes sans foi ni loi. Nous sommes dans un combat et nous allons le gagner coûte que coûte. Nous sommes déterminés à préserver la vie de nos populations. Notre victoire est certaine », a longuement détaillé le Chef du gouvernement de transition.

En complément, le Premier ministre a expliqué à son hôte ce que son pays attendait des  ONG, faisant quelques révélations au passage. « Le constat est fait que certaines ONG sont infiltrées par des agents de renseignement occidentaux. Certaines ONG alimentent même le terrorisme. Personne ne peut dire qu’il ne veut pas de l’aide mais nous ne voulons pas d’une vie empoisonnée. Il y a beaucoup de choses que les gens ne savent pas mais que nous savons. Nous prenons nos décisions en conséquence. Oxfam international devrait nous aider plutôt à arrêter le conflit, en attaquant le mal à la racine. C’est en cela que nous comptons nos vrais amis. Nos amis sont ceux qui nous aident à mettre fin au conflit, et non ceux qui l’alimentent et viennent ensuite pour vouloir aider les survivants », a clarifié Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, selon ses propos rapportés par le service de communication de la Primature.

Oxfam au Burkina Faso en chiffres, c’est plus une présence âgée d’une cinquantaine d’années, la collaboration avec  45 organisations de la société civile et du secteur privé et 8 départements ministériels partenaires. Au terme de l’audience,  Amitabh Behar a assuré que son organisation compte mieux mettre les projecteurs sur la situation du pays et  « attirer l’attention de la communauté internationale sur le drame humanitaire qui se vit » au Burkina Faso.

Faso7

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