Dossier Thomas Sankara : « Je suis devenu comme une feuille morte, charriée par les eaux jusqu’à ce matin », Bénéwendé Sankara

 Maître Bénéwendé Sankara s’est prononcé sur les 25 ans de procédure du dossier Thomas Sankara, en tant qu’invité du Club de presse organisé ce 6 mai 2022, par le Centre de Presse Norbert Zongo (CPNZ). L’invité a évoqué entre autres les conséquences du dossier Thomas Sankara  sur sa carrière.

Me Bénéwendé Sankara a fait ressortir 3 conséquences qu’il a tirées de son implication dans le dossier Thomas Sankara en tant qu’avocat. C’était au cours du Club de presse du 6 mai 2022, initié par le Centre de Presse Norbert Zongo (CPNZ).

Premièrement, il a révélé que c’est dans sa quête de recherche de vérité et de justice pour le journaliste Norbert Zongo, pour Thomas Sankara et pour toutes les victimes de crimes, qu’il a atterri  en politique.

D’après ses explications, c’est à la suite de leur exclusion du mouvement Convention Panafricaine Sankariste (CPS) que lui et ses camarades ont convenu de créer l’Union pour la Renaissance /Mouvement Sankariste (UNIR/MS. « Nous nous avons lancé le 1er novembre 2000 à Boussé, une grande Assemblée générale et le 21 décembre 2000, ce qui était curieux, c’est la date d’anniversaire de la naissance du Président Sankara, nous avons obtenu notre récépissé. Voilà comment je suis venu naïvement en politique et je me suis rendu compte que je suis devenu comme une feuille morte, charriée par les eaux jusqu’à ce matin », a-t-il ajouté.

Comme deuxième conséquence, il a rappelé que cette affaire a failli lui coûter la prison à vie. Pour revenir aux faits, il dit que le 27 décembre 1999, il a été déféré devant le Procureur avec d’autres de ses camarade du Collectif des Organisations Démocratiques de Masse et de Partis Politiques (CODMPP), pour être jugés pour attentat à la sûreté de l’Etat, de démoralisation de l’armée « et tout ce que vous voulez ».

« Dieu voulant, avec la mobilisation populaire, j’étais à l’époque le président de l’Union des Jeunes Avocats du Burkina. Nous avons eu droit à 101 avocats qui se sont constitués pour défendre les militants et les responsables du Collectif des Organisations Démocratiques de Masse et de Partis Politiques (CODMPP). A la fin du procès, nous avons été acquittés », a-t-il ajouté.

Pour Bénéwendé Sankara, sa philosophie est d’accepter de faire le sacrifice, y compris le sacrifice suprême. « Et les brimades. On bloque tout le quartier pour rentrer vous perquisitionner à 2 heures du matin. Bon, on rentre, on soulève les dessous de madame, tout ça nous avons vécu. Donc les comptes bancaires, on les saisissait à tout bout de champs, on le faisait. Mais ça  ne faisait rien par rapport à ceux là qui sont morts et dont vous défendez les idéaux et la cause. On se dit aussi que quelle que soit la conséquence, l’essentiel est que la cause soit noble et juste », a-t-il laissé entendre.

Comme troisième conséquence, il a révélé que cette histoire a influé sur sa famille, prenant exemple sur sa fille qui, selon lui, n’espère pas embrasser le métier d’avocate comme son père, alors qu’elle a fait le Droit. « Elle a refusé parce qu’elle pense que je suis venu à la politique parce j’étais avocat », a-t-il expliqué.

Pour le prochain Club de presse du CPNZ, les initiateurs comptent recevoir le Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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