Procès Thomas Sankara : «J’ai le sentiment d’être impliqué dans une parodie» (Me Kopiho)

Les plaidoiries de la défense se sont poursuivies après la pause. Me Kopiho Moumouny, avocat de l’accusé Kafando Hamadou, poursuivi pour faux en écriture publique, a donné la parole à son confrère Me Diakité. Il est reproché à l’accusé d’avoir produit un certificat de décès avec la mention « mort accidentelle » au profit de la famille de feu Bonaventure Compaoré.

Selon Me Diakité, Kafando Hamadou, dans ses déclarations, n’a pas nié avoir posé l’acte. Tout comme pour l’accusé Alidou Diebré, le conseil de l’accusé Kafando Hamadou a plaidé la prescription des faits. Par ailleurs, l’avocat a expliqué que ce sont les ayant-droits qui « ont supplié » le médecin à la présidence du Faso au moment des faits d’établir ledit document.

En tout état de cause, les avocats de Kafando Hamadou ont plaidé l’acquittement. D’ailleurs, le Procureur du Faso, pour cet accusé, avait requis l’acquittement pour prescription de l’action publique.

A la suite de ces interventions, Me Mamadou Coulibaly a plaidé pour l’accusé Albert Belemlilga, poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat. Me Coulibaly a rappelé qu’« aucun témoin n’a mis en cause » l’accusé.

En plus, selon l’avocat, la complicité doit être antérieure au coup d’Etat et, dit-il, « consolider » un coup d’Etat « n’est pas une infraction ». Ainsi, tout comme le procureur militaire, Me Coulibaly a requis « l’acquittement » pour cet accusé.

Au tour de Jean Pierre Palm, poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, Me Kopiho Moumouny a pris la parole. L’avocat a laissé paraitre ses doutes quant à l’issue du procès Thomas Sankara. « J’ai le sentiment d’être impliqué dans une parodie, dans une comédie (…) Ce procès, c’est l’assassinat du droit (…) Ce sont les millions du contribuable qui ont été dépensés pour cette parodie (…) », a indiqué l’avocat.

Selon Me Kopiho, dans la procédure, « il n’y a aucun élément matériel » qui révèle la culpabilité de son client. « Ce ne sont que des témoignages », a-t-il fait savoir avant d’indiquer que le dossier Thomas Sankara « est vide ». L’avocat reste convaincu que la vérité ne sortira pas de ce procès. « Si on veut la vérité pour Thomas Sankara, ce n’est pas à travers ce procès », a tranché Me Kopiho.

Par ailleurs, Me Kopiho n’a pas manqué de lancer des pics à l’endroit de certaines personnes. « Le dossier Thomas Sankara a hissé des gens du niveau zéro à holala », a déclaré l’avocat qui a terminé sa plaidoirie en requérant la relaxe pour son client « au profit du doute ». Rappelons que le Procureur militaire avait requis 11 ans de prison assorti de sursis contre Jean Pierre Palm.

L’audience du jour a été suspendue peu avant 16h. Elle reprendra le mercredi 23 mars 2022 à 9h.

Pour lire le récapitulatif du procès, Cliquez ici

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