Burkina Faso : 701 emplois menacés après la fermeture de la mine de Taparko

Le 9 avril 2022, le Directeur général de la Société des Mines de Taparko (SOMITA SA), Alexander Hagan Mensa, annonçait dans une note, l’arrêt des activités de la minière. Cet arrêt se justifie, selon l’entreprise, par la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso.
« Toute la zone autour de nos sites d’exploitation y compris la route de Ouaga-Dori sont actuellement sous menace terroriste. Aussi, comme vous le savez, l’une des valeurs fondamentales de SOMITA S.A est la sécurité et la santé des travailleurs », affirmait Alexander Hagan Mensa dans la note dont Faso7 a reçu copie.
Mais que représente la Société des Mines de Taparko (SOMITA SA) pour l’Etat burkinabè ? En 2020 par exemple, la société a produit 2,92 tonnes d’or contre 4,37 en 2019. Sa production 2020 représente 4,65% des 62,76 tonnes produits en 2020.
6,42% des 10.924 directs du secteur minier du Burkina Faso
Selon les chiffres avancés par l’Economiste du Faso, la vente de la production de 2020 a rapporté 94,48 milliards FCFA à la société minière, selon le ministère des Mines et des carrières. Cette vente a permis de verser dans le budget national, 4,256 milliards FCFA en termes d’impôts et de taxes.
Les recettes versées par SOMITA en 2020 représentent 1,45 % des de 291,51 milliards de FCFA de la contribution du secteur extractif en 2020 dans le budget national.
Toujours en 2020, SOMITA a créé 701 emplois directs contre 711 en 2019 et 698 en 2018, selon les chiffres avancés par l’Economiste du Faso. En 2020, l’effectif de SOMITA a représenté 6,42% des 10.924 directs du secteur minier du Burkina Faso. Sur les 701 employés de 2020, on compte 674 hommes contre seulement 27 femmes.
4,781 milliards FCFA dans le fonds de réhabilitation
Cet arrêt des activités de la mine menace d’une part les emplois directs mais d’autre part, les emplois indirects. En rappel, la Société des mines de Taparko a versé 4,781 milliards FCFA dans le fonds de réhabilitation des sites miniers.
Dans le contrat qui le lie à l’Etat burkinabè, il ressort, selon le Décret N°2004-329/PRES/PM/MCE/MEF/MEDEV/MECV du 04/08/2004 que l’octroi du permis minier de SOMITA est intervenu le 4 août 2004. La date d’expiration doit intervenir le 4 août 2024. Cette mine ferme ainsi ses portes avant l’expiration dudit permis, selon l’Economiste du Faso.
A noter que depuis l’annonce de la fermeture de la mine, le gouvernement burkinabè n’a pas réagi.



