7ᵉ Forum Chine-Afrique : Le Burkina Faso fait entendre sa voix sur l’avenir des médias

La 7ᵉ édition du Forum de coopération médiatique Chine-Afrique a ouvert ses portes ce jeudi 20 août 2026 à Beijing, pour trois jours de débats placés sous le thème « Partager les opportunités de développement, créer ensemble un nouvel avenir audiovisuel ». Cette édition coïncide avec le 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, et s’inscrit dans l’Année des échanges humains et culturels sino-africains.
Dans son discours liminaire, Cao Shumin, vice-ministre du Département de la communication du Comité central du Parti communiste chinois, a planché sur l’intelligence artificielle au cœur des mutations du secteur audiovisuel. Selon elle, l’IA intervient désormais à toutes les étapes de la chaîne de production, de la création à la diffusion en passant par la traduction et l’adaptation.
La vice-ministre chinoise a indiqué que « sur les 128 000 micro-séries mises en ligne en Chine au premier trimestre 2026, plus de 95 % auraient bénéficié de l’IA, que ce soit dans leur production ou leur traduction ».

Mais cette révolution technologique soulève des défis. Cao Shumin a mis en garde contre les fausses informations, les risques éthiques et les atteintes à la propriété intellectuelle, rappelant que la technologie doit rester « au service de l’être humain ». Il faut noter que les participants ont approuvé la Déclaration conjointe du forum, qui jettera les bases du prochain sommet du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC).
« L’Afrique doit raconter sa propre histoire », a déclaré Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR). Cette organisation a salué les avancées en matière d’infrastructures. Selon son premier responsable, l’UAR a bénéficié d’équipements chinois pour ses activités à Abuja.
Mais pour Grégoire Ndjaka, si les programmes chinois gagnent les audiences africaines, l’inverse doit devenir une réalité. Les productions africaines doivent accéder aux publics chinois.
L’ambassadeur Alhadji Mohamed Sarjoh Bah, représentant de l’Union africaine en Chine, a renchéri en plaidant pour un véritable « saut technologique » africain. Les médias, selon lui, sont désormais des instruments stratégiques de développement, de préservation de l’identité culturelle et de rapprochement des peuples.
Le Burkina Faso occupe une place importante dans les échanges de cette édition. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a animé un panel consacré à « l’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples ». P
our lui, le véritable défi consiste à faire des contenus « un véritable pont entre la Chine et l’Afrique ».
« Innover, ce n’est pas seulement utiliser de nouvelles technologies. C’est aussi changer notre manière de raconter nos histoires », a-t-il déclaré, plaidant pour davantage de documentaires, films, séries et podcasts consacrés aux réalités quotidiennes des peuples chinois et africains.
Le ministre Ouédraogo a également insisté sur la question linguistique, appelant à intégrer davantage les langues nationales africaines aussi bien que le mandarin, grâce aux technologies de traduction assistée. « L’innovation ne doit pas uniformiser nos cultures, elle doit permettre à chacune d’elles de mieux faire entendre sa voix », a-t-il défendu.
Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a présenté les atouts culturels du Burkina Faso, citant la Semaine nationale de la Culture (SNC), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), dont la 30ᵉ édition est prévue du 20 au 27 mars 2027.

Ces plateformes pourraient, selon lui, servir de points d’appui à une coopération renforcée avec la Chine, à travers des échanges d’expertise, des formations conjointes et des résidences artistiques.
Faut-il le souligner, la coopération audiovisuelle sino-africaine affiche déjà des résultats significatifs. En effet, on note plus de 80 œuvres chinoises diffusées en Afrique ces deux dernières années, et plus de 80 programmes africains actuellement visibles sur les chaînes et plateformes chinoises.
Une cinquantaine de coproductions ont vu le jour, et la Chine a notamment contribué à la numérisation de 300 minutes d’archives audiovisuelles historiques au Bénin.



