Burkina Faso : Le 25ᵉ Naabasga de Naaba Konteemgoolbo II de Boudry célébré sous une pluie bienfaisante

Naaba Konteemgoolbo II de Boudry a célébré, du 31 juillet au 2 août 2026 à Boudry, dans la province du Ganzourgou, le 25ᵉ Naabasga de son règne. À cette occasion, le chef traditionnel a invoqué les bénédictions des mânes et des ancêtres pour son peuple, priant pour une bonne saison des pluies et une vie paisible sur l’ensemble de son territoire, tout comme sur l’ensemble du Burkina Faso.
Le Naabasga, chez les Mossi, correspond à la fête traditionnelle du « Nouvel An ». C’est une cérémonie au cours de laquelle les chefs coutumiers honorent les ancêtres par des sacrifices et des rites, afin de solliciter la paix, la sécurité, la cohésion sociale, ainsi qu’une bonne campagne agricole et d’abondantes récoltes.
Les festivités ont débuté le 31 juillet 2026. Cette première journée a été marquée par des rites coutumiers au cours desquels des offrandes constituées de poulets, de pintades, de dolo et de mets traditionnels ont été présentées aux ancêtres. La deuxième journée du Naabasga a été rythmée par le tour du « Zoongo », suivi de la montée à cheval. Le tour du Zoongo est un rite qui permet au chef d’être en contact direct avec les ancêtres. Ainsi, devant la case sacrée située à gauche de l’entrée du palais royal de Boudry, Naaba Konteemgoolbo II, d’abord assis devant sa demeure, s’est levé pour y entrer puis en ressortir, effectuant ce rituel à trois reprises.

Selon Razaag Naaba, ministre du roi, chaque fois que le souverain entre dans la case sacrée, il quitte le monde des vivants pour s’entretenir avec les mânes. Il y porte les doléances de tout le peuple : pluie, paix, bonne saison agricole et cohésion. Il accomplit ce geste à trois reprises pour sceller l’alliance. La troisième sortie, à en croire Razaag Naaba, marque la fin du rite intime. Une fois le dialogue avec les ancêtres clos, le peuple peut enfin l’approcher.
Alors qu’il siège devant son palais royal, le visage partiellement voilé sous son turban, les différentes composantes de la communauté viennent saluer le roi. Elles lui présentent leurs vœux de nouvel an, lui témoignent leur allégeance, lui souhaitent un long règne et lui offrent des présents.
À la suite du tour du « Zoongo », le monarque enfourche son cheval pour effectuer le tour de sa localité. C’est la phase la plus politique du rituel. De l’avis de Razaag Naaba, un chef ne se rend jamais au marché au quotidien pour ne pas banaliser sa fonction. S’il s’y rend le jour du Naabasga, c’est de manière solennelle : en sillonnant le marché, il vient constater de ses propres yeux les conditions de vie de ses sujets. Et en effectuant cette tournée à cheval, il réaffirme symboliquement l’intégrité de ses frontières et démontre qu’il veille sur l’ensemble de son territoire.
« Dans le Ganzourgou, vous avez vu des chefs qui ont fait leur Naabasga dès décembre. Il y en a qui le font en janvier, d’autres en février. Chez nous, nous le faisons à l’approche de la saison. Ceci étant, nous avons la chance que, quand la saison hivernale s’approche, dans la pratique de nos coutumes, nous demandons à nos ancêtres d’avoir un œil bienveillant sur cette saison. Dès lors que la pluie est abondante, les récoltes sont abondantes, les populations sont contentes, nous pouvons porter fièrement le bonnet. Quand la population est en détresse, le bonnet devient très léger sur notre tête. Nous avons demandé à nos ancêtres qu’il y ait la paix pour ce Faso, qu’il y ait abondamment de pluie afin que nos populations puissent avoir de bonnes récoltes. Et quand la population est contente, le chef est fier », s’est exprimé Naaba Konteemgoolbo II.

Pour son 25ᵉ Naabasga, le chef de Boudry a reçu la visite de plusieurs chefs de canton. Parmi eux figurait le Tigré Naaba Sigri de Badnoogo. Pour lui, il était du devoir des chefs coutumiers de faire le déplacement afin d’apporter leur soutien à un collègue. Par la grâce des ancêtres et de Dieu, le Naabasga du chef de Boudry s’est bien déroulé, ce dont ils se réjouissent. Il a enfin adressé ses vœux de bonne année au souverain local et souhaité une féconde campagne agricole aux populations de Boudry.
Comme si les mânes et les ancêtres avaient fidèlement transmis à Dieu les doléances de Naaba Konteemgoolbo II lors du « Zoongo », le Naabasga s’est achevé sous une pluie bienfaisante. Une bénédiction céleste au grand bonheur des populations qui, pour la plupart, ont regagné leurs champs dès la fin des festivités. Tout en souhaitant une fructueuse saison hivernale et de nombreuses récoltes à ses sujets, le souverain a donné rendez-vous l’année prochaine pour la célébration d’un nouveau Naabasga, si les ancêtres le permettent.
Saydou Ismaël GANAME
Faso7



