Confédération de l’AES : Les ministres en charge de la Défense à Ouagadougou pour le statut de la Force Unifiée

En vue d’examiner et de valider l’accord portant statut de la Force Unifiée, ultime texte devant compléter l’architecture juridique qui encadre cette force confédérale, les ministres en charge de la Défense des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunis ce 10 juillet 2026, à Ouagadougou.
Ce document définit les droits, les obligations, les protections ainsi que les responsabilités des personnels militaires dans le cadre de leur déploiement au sein de la force unifiée, garantissant ainsi un cadre légal harmonisé pour les opérations militaires.
Selon le ministre de la Défense du Niger, le Général d’Armée Salifou Mody, cette réunion s’inscrit dans le cadre de l’exécution de la présidence de l’an 2 du Burkina Faso.
« Dans un contexte sécuritaire accru, la mutualisation de nos moyens de défense et une coordination efficace permettront sans nul doute à nos États de mieux tirer profit des capacités logistiques et opérationnelles de chacun », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette rencontre doit permettre d’examiner et d’adopter le projet d’accord-cadre portant statut de la Force Unifiée des États du Sahel, de prendre connaissance des documents examinés par la réunion des chefs d’état-major des armées tenue le 16 avril 2026 à Ouagadougou, et d’examiner toute autre question d’intérêt commun en lien avec la Force Unifiée.
La validation de cet accord marque une étape décisive dans le processus de montée en puissance de la Force Unifiée de l’AES. Elle traduit la volonté des plus hautes autorités des trois États de doter la Force Unifiée d’une base juridique solide, indispensable à la conduite d’opérations coordonnées dans le respect des engagements souverains de chaque pays.
Le délégué en charge de la Défense du Mali, le Général de division Oumar Diarra, a rappelé qu’en dépit des résultats encourageants, la menace demeure réelle et persistante.
« La pleine opérationnalisation de la Force Unifiée demeure un défi majeur que nous devons relever », a-t-il dit, en ajoutant que l’objectif commun reste l’atteinte des capacités opérationnelles initiales.

Au cours de cette rencontre, les ministres de la Défense de la confédération de l’AES vont examiner un projet de statut de la Force Unifiée de l’AES. « Ce texte est un texte juridique qui contribue et qui fait partie du socle juridique pour permettre à la force d’agir en toute légalité sur l’ensemble de l’espace AES », a déclaré le Général de division Célestin Simporé, ministre en charge de la Défense patriotique du Burkina Faso.
La Force Unifiée est le socle d’une véritable armée en construction, qui sera au service de la confédération de l’AES. Au-delà de l’adoption de ce statut juridique, la Force Unifiée va renforcer ses capacités humaines et matérielles, et intensifier les opérations qui seront conduites sur le terrain.
« L’étape qui va suivre, c’est la montée en puissance », a précisé le Général de division Simporé.
Cette rencontre illustre également la vision partagée des Chefs d’État de la Confédération de faire de la Force Unifiée un levier majeur de la reconquête du territoire, de la protection des populations et de la préservation de la souveraineté des États de l’AES.
« Les crises sont perlantes et il est de l’intérêt des États membres de mettre en commun une véritable force. Pas une force basée sur ce qu’on appelle la cotisation, une force basée sur des forces conjointes, mais une force pour laquelle des hommes seront dédiés au commandement de la force qui sera en mesure d’intervenir à tout moment dans l’espace AES. Cette force devrait être opérationnelle à tout moment, 24h/24 », a annoncé le ministre en charge de la Guerre du Burkina Faso.

Cette rencontre vise également à doter la Force Unifiée d’un outil de défense considérable. D’autres textes adoptés par les états-majors des armées lors de la rencontre du 16 avril 2026 seront examinés.
L’examen et l’adoption de ces différents textes contribueront à l’accélération de l’opérationnalisation de la Force Unifiée de l’Alliance des États du Sahel pour satisfaire les besoins croissants des populations en matière de défense, malgré les contraintes économiques et sécuritaires imposées aux États.



