Fistule obstétricale : L’association ARENA redonne le sourire et la dignité aux femmes guéries à Balkuy

À l’instar du monde entier, l’Association Renaissance (ARENA) a commémoré la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, ce samedi 23 mai 2026, à son siège de Balkuy, aux côtés de ses pensionnaires. La commémoration s’est tenue autour du thème : « Sa santé est un droit : investissons pour mettre fin aux fistules et aux lésions liées à l’accouchement ».
La fistule obstétricale est une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, causée par un travail d’accouchement prolongé ou bloqué. Elle entraîne des fuites incontrôlables d’urine ou de matières fécales. Depuis plusieurs années, l’ARENA, sous le leadership du Dr Itengré Ouédraogo, travaille à rétablir la dignité des femmes atteintes de cette pathologie, communément appelée « maladie de la honte ». L’association réalise des chirurgies réparatrices entièrement gratuites. Après la phase médicale, elle forme également les femmes rétablies à des métiers devant leur permettre de se prendre en charge. Depuis 2018, plus de 1 200 femmes ont pu guérir de la fistule et ont été réinsérées grâce à l’association.
Depuis 2018, l’association ARENA a obtenu des résultats significatifs :
Plus de 1500 femmes ont été traitées pour la fistule ; environ 1200 survivantes ont bénéficié de services de réinsertion sociale ; mise en place d’un centre médical d’excellence pour la chirurgie de la fistule, accrédité par la FIGO comme centre de formation ; contribution majeure à la sensibilisation des communautés et à la formation des prestataires de soins ; promotion de la recherche pour guider les futures interventions.
Lors de cette commémoration, les participants ont été outillés sur la maladie. Des femmes anciennement malades et désormais guéries, suite à leur prise en charge au centre de l’ARENA, ont aussi reçu des kits d’installation composés de matériel de saponification et de coupe-couture. La cérémonie a également été marquée par des récits poignants. Ces témoignages, à l’instar de celui livré par le Dr Itengré Ouédraogo en personne, présagent qu’une vie épanouie est effectivement possible si le mal est traité.
« Il y a quelques mois, nous avons reçu une maman sexagénaire qui a vécu plus de 20 ans avec la fistule obstétricale sans avoir de traitement. Ce n’était pas son choix, mais une résignation. Une résignation à vivre une vingtaine d’années d’isolement et de souffrance, une vingtaine d’années où la succession des jours réduisait à néant son horizon d’un espoir de guérison, où le regret d’être née femme grandissait, une vingtaine d’années où la raison d’être laissait chaque jour place au désir de quitter cette vie. Heureusement, elle a vécu suffisamment pour avoir accès aux soins qui lui ont permis de reprendre goût à la vie », a-t-il témoigné.

Contrairement à cette sexagénaire, plusieurs autres femmes attendent encore d’avoir un dénouement heureux à leur supplice. C’est d’ailleurs pour permettre à l’ARENA de continuer à prendre soin des femmes atteintes de cette maladie qu’une cagnotte a été lancée afin de mobiliser les contributions volontaires à travers le monde. Baptisée « Mam cagnotte », cette initiative vise à mobiliser 2 millions de F CFA afin de prendre en charge quatre femmes malades. Ces dernières seront opérées et réinsérées dans la société.
Avant même cet appel à contribution, l’œuvre salutaire de l’ARENA avait déjà touché le cœur de bienfaiteurs. C’est le cas de l’ambassade d’Allemagne. Coparrain de la cérémonie, l’ambassadeur d’Allemagne au Burkina Faso, par la voix de son représentant, a annoncé l’accompagnement de l’association à travers un appui qui permettra au centre d’acquérir du matériel pour mieux prendre en charge les patientes.
Même si le lancement d’une campagne mondiale en vue de l’élimination de la fistule a permis de faire passer le nombre de cas de 2 millions à environ 500 000, le Dr Itengré Ouédraogo a réitéré l’appel à l’engagement des autorités burkinabè. Car malgré les efforts, la maladie touche encore environ 16 000 femmes au Burkina Faso, avec 900 nouveaux cas chaque année.



