Faso Film Forum : L’ABCA ouvre le débat sur la rémunération des créateurs d’œuvres cinématographiques

L’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) a organisé la première session de Faso Film Forum, ce 9 janvier 2026 à Ouagadougou. Elle s’est déroulée sous le thème : « Rémunération des créateurs d’une œuvre cinématographique ».
Faso Film Forum, selon le Directeur général de l’ABCA, Alex Moussa Sawadogo, est une plateforme de dialogue et de réflexion sur les grands maux qui minent le cinéma burkinabè en particulier et de façon générale sur le plan continental. Il a ajouté que ce forum a été mis en place afin de permettre un partage d’expériences entre les acteurs, les professionnels et les experts du secteur.
En substance, les échanges de ce forum ont porté sur la contractualisation entre les acteurs de l’industrie du cinéma et la déclaration des œuvres auprès du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA). Le directeur général de l’ABCA a rappelé que les professionnels ont tout à gagner en se conformant à ces dispositions.

« Souvent, nombreux sont les acteurs, par manque d’information ou de connaissance, ne déposent pas leurs créations au niveau de notre bureau de droits d’auteur », a-t-il indiqué.
L’animateur du forum, Walib Bara, ancien directeur général du BBDA, a, dans sa communication, fait ressortir la nécessité pour les acteurs de s’imprégner du statut juridique de l’œuvre cinématographique. Pour lui, l’œuvre cinématographique est perçue comme une œuvre de collaboration, ce qui implique qu’elle est le résultat du travail de plusieurs acteurs qui, par ailleurs, ont un droit sur l’œuvre.
En référence à la loi 048 du 12 novembre 2019 portant protection du droit d’auteur, Walib Bara a précisé que l’auteur du scénario, le réalisateur, l’auteur de l’adaptation et le dialoguiste sont légalement considérés comme les coauteurs d’une œuvre cinématographique. Selon l’expert, la rémunération dans le secteur du cinéma repose sur la fréquence de diffusion du film. Conformément à la clé de répartition du BBDA par ayant droit, 50 % des redevances reviennent à l’auteur des textes, 30 % sont versés au scénariste et 20 % au réalisateur.
« Ce qui est important, c’est de savoir d’abord que juridiquement, l’œuvre cinématographique est une œuvre de collaboration, donc elle est le fruit de la création de tous les coauteurs qui exercent leurs droits sur ladite œuvre. Mais pour une meilleure exploitation de cette œuvre, il y a une présomption de cession qui est faite au producteur audiovisuel », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur la nécessité pour les créateurs d’œuvres cinématographiques de déclarer leurs œuvres au BBDA, tout en soulignant l’importance de recourir au contrat avec les différents acteurs.
Cheick Habib Désiré BAYILI
Faso7



