Télécommunications : Le Mali, le Burkina et le Niger signent un accord de coordination de fréquences aux frontières

Les Autorités de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) des pays de l’AES réunies au cours de la Semaine du Numérique ont signé, ce 21 novembre à Ouagadougou, un protocole d’accord portant sur la coordination des fréquences numériques au niveau de leurs frontières.

​Cet accord, signé par les autorités de régulation des trois pays, à savoir, le Mali, le Niger et Burkina Faso en marge de la Semaine du Numérique, marque le deuxième accord du genre pour les régulateurs de l’AES. En 2024, les autorités de régulation des trois pays avaient déjà signé un accord sur le « Free roaming ».

​Cette année, l’accord signé vise à faciliter la coordination des fréquences numériques au niveau des frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Selon le Colonel-Major Idrissa Chaïbou, directeur général de l’ARCEP Niger, cet accord a pour objectif de faciliter la coordination des fréquences numériques au niveau des frontières pour optimiser les systèmes de communication entre les trois pays.

Le directeur général de l’ARCEP Niger a expliqué que la coordination des fréquences, est un ensemble de procédures techniques et réglementaires visant à éviter ou à réduire les brouillages (interférences) entre différents systèmes et utilisateurs radioélectriques (satellites, téléphonie mobile, radiodiffusion…) qui partagent les mêmes bandes de fréquences.

​Concrètement, le Coonel-Major Idrissa Chaïbou a précisé que cette étape assure que le signal (que ce soit pour le téléphone, la radio ou la télévision par satellite) ne soit pas perturbé par un autre émetteur utilisant la même fréquence, que l’émetteur soit national ou international.

​Sur le plan pratique, explique-t-il, cet accord prévoit des fréquences préférentielles pour les différents opérateurs des trois pays. Il prévoit également des mécanismes pour prévenir les interférences et les brouillages de signaux. L’accord établit, par ailleurs, une zone de coordination de 15 kilomètres de part et d’autre des frontières.

Pour le Colonel-Major Idrissa Chaïbou, cet accord permet non seulement d’optimiser les communications, mais aussi de garantir la gestion rationnelle du spectre numérique entre les pays de l’AES. ​

« Il y aura des bandes de fréquences partagées que nous allons utiliser d’un commun accord. Et ceci permettra aux différents opérateurs de ne pas se brouiller. Et il y aura également des niveaux de fréquences qu’on va donner aux différents opérateurs à ne pas dépasser. Parce qu’au-delà, vous pouvez brouiller celui qui est de l’autre côté. C’est certes un accord technique, mais c’est un accord d’envergure qui va permettre, en tout cas au niveau des frontières, de pouvoir travailler, de pouvoir coordonner et de faire en sorte que les populations puissent exploiter de manière efficiente les réseaux de télécommunication », a rassuré Idrissa Chaïbou.

​Il faut ajouter que l’accord de coordination de fréquences au niveau des frontières implique également le Ghana. Le délai de mise en œuvre de cet accord n’est pas figé. Il pourrait, au dire d’Idrissa Chaïbou, prendre six mois ou une année, étant donné qu’il s’agit de données techniques qu’il va falloir maîtriser.

Néanmoins, des travaux préparatoires avaient déjà eu lieu à Niamey. Ces travaux ont permis aux techniciens de l’AES de parvenir à la signature de l’accord. Et c’est sur la base de ces travaux que les techniciens, selon Idrissa Chaïbou, mettront en place la coordination des fréquences numériques entre les trois pays.

​Saydou Ismaël GANAME

Faso7

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