Burkina Faso : La valorisation des matériaux locaux dans l’industrie de la cimenterie au cœur du pré-SAMAO 2025

En prélude à la 7ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), les travaux de l’atelier pré-SAMAO 2025 ont officiellement débuté ce 23 septembre 2025. Ils ont été placés sous le thème : « Développer une industrie du ciment respectueuse de l’environnement à partir des ressources locales du Burkina Faso, entre défis techniques et opportunités économiques ».

L’objectif de cet atelier pré-SAMAO est de contribuer à une valorisation des matériaux locaux dans l’industrie de la cimenterie au Burkina Faso. Il vise également à contribuer à la réduction des importations de la matière première et à protéger l’environnement en adaptant les méthodes de production.

Selon Touobèkourè Stanislas A.D. Méda, directeur général des carrières, malgré l’abondance des substances de carrière dont regorge le Burkina Faso, force est de constater que la majeure partie des matériaux de construction provient de l’extérieur. Dans ce sens, plusieurs défis se posent à l’industrie de la cimenterie, notamment l’adaptation des technologies aux spécificités locales des matériaux et le renforcement des compétences des acteurs pour de nouvelles pratiques de production. Pour lui, il est plus qu’important de convertir le potentiel géologique du pays en un levier de développement durable, d’emploi et de souveraineté industrielle.

« Si les défis sont nombreux, les opportunités le sont tout autant. Et il s’agit là de diversifier les matières premières. Entendez par là l’argile calcinée, le calcaire dolomitique, la poudre de basalte, le granite et j’en passe, pour produire des ciments à moindre empreinte environnementale. Il s’agit aussi de stimuler l’économie locale en réduisant les importations et en créant des emplois dans les filières amont et aval », a-t-il ajouté.

Transformer davantage les substances de carrière dont regorge le pays

Pour le ministre chargé des Mines, Yacouba Zabré Gouba, l’importance du secteur de la cimenterie n’est plus à démontrer. Il participe activement au développement endogène des infrastructures prôné par le gouvernement burkinabè. Ensemble avec les ingénieurs, les cimentiers et les chercheurs, ils devront réfléchir sur les opportunités qu’offre ce secteur. En plus, il permettra de faire découvrir le potentiel minéral du Burkina Faso et de renforcer les capacités des acteurs.

« Le Burkina Faso est aujourd’hui en pleine croissance. Vous l’aurez compris, dernièrement, nous avons pu constater l’initiative Faso Mêbo, mais également il y a un développement soutenu de l’urbanisation. C’est dire que l’industrie du ciment devrait dans les prochaines années faire face à un certain nombre de défis, notamment l’insuffisance. C’est pourquoi il est opportun pour nous de réfléchir ensemble et de voir dans quelle mesure nous pouvons saisir cette opportunité et faire en sorte que nous puissions transformer davantage les substances de carrière dont regorge le pays », a-t-il expliqué.

De leur côté, les cimentiers du Burkina Faso ont salué la tenue de ce cadre d’échange. Ils ont partagé leur joie de pouvoir participer au développement à travers les recherches afin de contribuer à améliorer les conditions environnementales du secteur de la cimenterie.

« Effectivement, pouvoir avoir des matériaux locaux peut être très rentable pour les cimentiers, parce que, comme l’a souligné monsieur le ministre et monsieur le directeur général des carrières lors de leurs propos préliminaires, ça va déjà éliminer un bon nombre d’importations, ça va revaloriser la matière locale, ça va créer de l’emploi », a fait savoir Jacques Amiong, président de l’Association des cimentiers du Burkina.

Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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