Burkina Faso : Le ministère chargé de la Transition Digitale révise sa feuille de route

Ce jeudi 14 août 2025, la ministre en charge de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques, Dr Aminata Zerbo / Sabané, a dressé un état des lieux des avancées et difficultés de son secteur, au 30 juin 2025. C’était lors d’une session extraordinaire du conseil d’administration de son secteur ministériel.

Cette rencontre avait pour objectif d’analyser l’exécution du Plan de Travail Annuel (PTA) 2025, d’adopter une version révisée du plan et d’échanger sur divers sujets liés à la transformation numérique du pays.

« Les réajustements sont nécessaires au regard de l’évolution sur le terrain. Donc, il y a certaines activités dont les cibles sont modifiées ; où il y a certaines activités qui ont été supprimées parce que n’étant plus pertinentes ou étant prises en charge par d’autres mécanismes. Il a il y a de nouvelles activités qui s’imposent pour pouvoir prendre en charge les besoins qui sont apparus au cours de l’année », a insisté la ministre.

En attendant le déploiement du PTA 2025 révisé, notons que le PTA 2025 initial comportait cent trente et une (131) activités. À la date du 30 juin 2025, le taux d’exécution physique global était de 43,61%. Sur le plan financier, trois milliards deux cent quatre-vingt-un millions cent quatre-vingt-seize mille deux cent soixante (3 281 196 260) francs CFA ont été consommés, sur une enveloppe annuelle initialement prévue de trente milliards trois cent soixante-dix-sept millions six cent quarante-quatre mille soixante-dix (30 377 644 070) francs CFA, soit un taux d’exécution financière de 10,80%.

Dans le programme de développement d’infrastructures et services de communication électronique, plusieurs avancées ont été soulignées. Il y a d’abord le démarrage des études techniques ainsi que des évaluations environnementales et sociales pour la construction de 302 kilomètres de liaisons en fibre optique, destinées à étendre le backbone national, colonne vertébrale du réseau internet.

Il y a eu l’identification de près de 800 sites dans les localités non couvertes par les opérateurs téléphoniques avec l’engagement du processus d’appels d’offres et de contractualisation pour le déploiement des réseaux de téléphonie mobile, pour un montant d’environ 21,69 milliards de francs CFA.

Au niveau du Réseau Informatique National de l’Administration (RESINA), 38 nouveaux bâtiments publics ont été interconnectés, faisant passer le total à 3 063 structures publiques raccordées.

Les travaux de construction de deux mini-datacenters se poursuivent également. Ces infrastructures, d’un coût global d’environ 16 milliards de francs CFA, sont attendues pour améliorer les capacités d’hébergement et de stockage des données administratives d’ici à la fin de l’année.

La dématérialisation des procédures administratives se poursuit

Une feuille de route 2025 pour la dématérialisation a été élaborée et validée avec les parties prenantes. Actuellement, 75 procédures administratives sont en cours de transformation numérique, réparties comme suit : 37 en phase de spécification des besoins, 29 en phase de conception et développement et 9 en phase de déploiement et mise en exploitation.

Au total, 71 plateformes ont été développées en 2023-2024 et sont progressivement déployées. Plus de 685 agents publics ont été formés à l’utilisation des plateformes transversales telles que : SIMU (Système Intégré de Missions Unifiées), CIM (Circuit Intégré des Missions), CIMEX (Extension du CIM), SIGED (Système Intégré de Gestion Électronique des Dossiers).

Le secteur postal se modernise

Dans le sous-secteur postal, des avancées concrètes incluent la dématérialisation de plus de 11 000 comptes de la Caisse Nationale d’Épargne (CNE), le déploiement en cours d’automates de dépôt d’espèces libre-service intégrant le logiciel bancaire ORION.

L’installation de boîtes électroniques de distribution automatique du courrier est en cours, sans oublier la mise en place progressive des maisons du citoyen pour favoriser l’accès aux services électroniques des administrations partout.

Face aux exigences techniques croissantes, 214 agents informaticiens ont été recrutés et formés sur des modules spécialisés, notamment analyse et conception des plateformes, gestion des serveurs, cybersécurité, interconnexion des réseaux, intelligence artificielle.

Parmi les défis qui ont conduit à ce réajustement, il y a l’inaccessibilité de certaines localités en raison de l’insécurité, la défaillance de certains prestataires dans l’exécution des contrats, l’insuffisance des ressources humaines qualifiées dans des domaines spécialisés.

Josué TIENDREBEOGO 

Faso7 

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