10ᵉ Université Sankoré : Deux Heures pour Kamita salue la reconnaissance de ses idéaux par le gouvernement

À l’aube du Nouvel An kamit 6262, le Cadre Deux Heures pour Nous, Deux Heures pour Kamita a levé le voile sur la 10ᵉ édition de l’Université Sankoré, attendue du 14 au 19 juillet à l’Université Joseph Ki-Zerbo. C’était dans l’après-midi de ce 12 juillet 2025.
Cette édition s’articule autour d’un enjeu centré sur l’Alliance des États du Sahel : « État fédéral, unité politique et idéologique dans l’espace confédéral AES : défis et perspectives ». Deux panels, à l’ENAM et à l’Université Joseph Ki-Zerbo, rythmeront la semaine, portés par des figures telles que Jacob Yarabatoula, Serge Théophile Balima, Da Sié de Bindouté et Gervais Nadembèga.
Les réflexions vont tourner autour du passage d’un espace confédéral à un véritable État fédéral. La réponse, puisée dans la pensée du professeur Cheikh Anta Diop, invite à « faire basculer définitivement l’Afrique Noire sur la pente de son destin fédéral », selon Imoteph Bayala, coordonnateur du Cadre. Il s’agit selon lui d’un saut historique qui ne pourra se faire sans une mobilisation populaire consciente et déterminée.
Cinq axes pour repenser l’unité et la souveraineté
À travers la 10ᵉ Université Sankoré, le Cadre Deux Heures pour Nous, Deux Heures pour Kamita veut jouer pleinement sa partition dans la conscientisation, l’éducation et la formation politique de la jeunesse, fidèle à sa mission d’éducation des masses depuis douze ans.
Les débats exploreront cinq axes, notamment l’État fédéral et les souverainetés nationales, la cohésion idéologique, la défense fédérale et Sécurité, la gouvernance économique et la solidarité, ainsi que la légitimité populaire et la participation citoyenne.
Un appel à la jeunesse africaine et mondiale
L’Université Sankoré 2025 s’inscrit dans une dynamique de résistance lucide face à la montée de ce que le Imoteph Bayala appelle le fascisme international, à l’aggravation des injustices systémiques et à la manipulation des démocraties. Les membres du cadre appellent donc la jeunesse africaine à refuser la fragmentation coloniale, investir dans l’éducation et les savoirs autochtones, cultiver l’esprit critique face aux alliances internationales, et s’engager pour la justice sociale et écologique. La bataille est aussi narrative, selon le coordonnateur du Cadre. Il a indiqué qu’il s’agit de raconter une Afrique innovante, résistante, solidaire.
« L’Afrique, bien que émiettée par des frontières héritées du colonialisme, porte en elle une conscience historique collective forgée par des siècles de lutte. Cette conscience, aujourd’hui nourrie par les mouvements panafricains, doit s’unir aux forces populaires d’Amérique latine, également marquées par la résistance anti-impérialiste, les révolutions populaires, et les idéaux bolivariens », a-t-il ajouté.
Héritage et réhabilitation : la Révolution Progressiste et Populaire
La 10e Université Sankoré s’inscrit dans la continuité de la Révolution Progressiste et Populaire, perçue comme le prolongement de celle d’août 1984. Depuis sa création, le Cadre Deux Heures pour Nous, Deux Heures pour Kamita s’est donné pour mission de décoloniser l’imaginaire africain : débaptême du boulevard Charles de Gaulle en boulevard Thomas Sankara, création d’une ferme agricole pour l’autosuffisance, répertoire des patronymes burkinabè, et surtout, plaidoyer pour la dénomination authentique des circonscriptions administratives, ce qui est aujourd’hui réalité. Les membres du Cadre se félicitent donc que leurs idées soient reconnues désormais au niveau exécutif.
« Notre combat n’est pas seulement une réaction. Il est une affirmation. Celle de notre droit inaliénable à décider de notre avenir, de nos modèles de société et de nos alliances, dans la mémoire de Thomas Sankara Che Guevara, Patrice Lumumba et Simon Bolivar, nous marchons côte à côte vers une révolution des consciences », a fait comprendre le coordonnateur du Cadre.
Josué TIENDREBEOGO
Faso7



