Éducation professionnelle : Une trentaine de ressortissant de 10 pays africains à l’école chinoise

La cérémonie d’ouverture du Séminaire sur le renforcement des capacités de gouvernance des écoles professionnelles africaines s’est tenue le 5 juin 2025 à Changsha, en Chine. Parrainé par le ministère chinois du Commerce et organisé par le Collège professionnel international du commerce du Hunan, ce programme réunit 32 participants venus de 10 pays africains pour deux semaines d’échanges sur les politiques éducatives, les pratiques professionnelles et les perspectives de coopération sino-africaine.
C’est dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de l’Initiative « la Ceinture et la Route » que la Chine a lancé, avec ses partenaires africains, ce séminaire centré sur la gouvernance des écoles professionnelles. Pour Jiang Yun, directrice adjointe de la division de l’innovation institutionnelle au Département du commerce du Hunan, il s’agit d’un « levier stratégique » pour le développement partagé :
« Nous soutiendrons les pays en développement dans l’amélioration des conditions de vie de leurs populations et du développement économique, contribuant ainsi davantage à la paix et à la stabilité mondiales », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie d’ouverture.
La Chine fait valoir son modèle de développement pour appuyer ses partenaires. La formation de ressources humaines qualifiées est un axe fort de cette stratégie. « Il s’agit d’apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson. Par le biais des études, des stages et de l’envoi d’experts, vous pouvez renforcer vos capacités de gouvernance pour vos pays respectifs », a poursuivi Jiangb Yun, appelant à une appropriation locale des connaissances partagées.

Hôte de l’événement, le Collège professionnel international du commerce du Hunan s’impose comme une plateforme de référence pour la formation des cadres des pays en développement. Son vice-président, Gui Cheng, a présenté les fondements de cette coopération. « Notre collège est une base de formation pour les talents orientés vers le commerce international. Depuis 2010, nous avons tenu 498 sessions internationales, formant plus de 13 000 participants », a-t-il précisé.
Installé sur un vaste campus à Changsha, le collège accueille chaque année des professionnels de plus de 100 pays. Cette institution est également à la tête de l’Alliance pour l’éducation professionnelle Chine-Afrique, intégrée aux projets pilotes de coopération économique dans la zone franche du Hunan.
Le séminaire, qui se déroule du 5 au 20 juin, prévoit des sessions de formation animées par des responsables chinois, des visites institutionnelles, ainsi que des échanges culturels. Les participants auront également l’occasion de se rendre à Guangzhou et de visiter le Salon économique et commercial Chine-Afrique.
Pour les participants africains, l’enjeu dépasse le cadre académique. À travers ce séminaire, il s’agit de penser un nouveau modèle de gouvernance pour les établissements professionnels du continent. Arian Nestor, représentant des participants, a souligné l’importance de cette initiative pour répondre aux besoins du marché de l’emploi en Afrique.

« Les écoles professionnelles jouent un rôle clé dans l’acquisition des compétences nécessaires pour stimuler la croissance économique, l’innovation et l’entrepreneuriat », a-t-il rappelé. Face aux défis structurels, les infrastructures limitées, le manque de ressources et programmes dépassés, Arian Nestor a appelé à des réformes en profondeur.
Il a également insisté sur le rôle central de la jeunesse dans le développement du continent. Selon ses propos, « l’avenir de l’Afrique repose sur notre capacité à libérer l’énergie, la créativité et le talent de notre jeunesse ». Ce séminaire représente ainsi, selon lui, une opportunité pour initier des dynamiques nationales de réforme éducative et pour nouer des liens durables entre les professionnels africains et chinois.
Rasmata Ouédraogo, participante burkinabè au séminaire, a salué la pertinence des communications. « La session d’aujourd’hui a été très intéressante. Elle nous a permis de découvrir l’histoire très riche de la Chine, sa culture et sa population. J’ai trouvé ça très intéressant », a-t-elle glissé.
Le séminaire se veut aussi un espace d’échanges équilibrés. « Ce programme ne doit pas être un transfert de connaissances à sens unique, mais une plateforme d’apprentissage mutuel », a affirmé Jiang Yun. Dans cette perspective, les pratiques africaines en matière d’éducation professionnelle pourraient également inspirer certains ajustements en Chine.
Pour conclure, elle a souhaité que « la découverte de la culture chinoise et les échanges humains permettent de renforcer l’amitié entre nos peuples ». Un message partagé par les organisateurs et les participants, unis dans une volonté commune de construire un avenir où l’éducation professionnelle constitue un véritable moteur de transformation sociale et économique.
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