Littérature : A travers « Destins brisés au nom de Dieu », Bertille Yanogo lève le voile sur l’horreur silencieuse du terrorisme au Burkina Faso

Wendata Bertille Dorcas Yanago, diplômée d’une licence en psychologie et titulaire d’un master en relations internationales, a procédé à la dédicace de son recueil de nouvelles intitulé « Destins brisés au nom de Dieu », ce samedi 12 avril 2025 à Ouagadougou.

Ce recueil, composé de huit nouvelles, aborde des thématiques centrées sur le terrorisme et ses conséquences néfastes sur les populations affectées. Il vise, selon l’auteure, à amener le public à aller au-delà des simples statistiques, en mettant en lumière les êtres humains qui, derrière les chiffres, ont besoin d’accompagnement. L’ouvrage traite également de la question des inégalités de genre.

Bertille Dorcas Yanogo, auteure du recueil Destins brisés, explique que son œuvre s’inscrit dans une démarche de sensibilisation aux ravages du terrorisme sur les populations. À travers huit nouvelles, elle donne la parole à celles et ceux dont les vies ont été bouleversées, voire anéanties, par la violence extrémiste. « Dans Destins brisés, on aborde principalement la thématique du terrorisme, des vies qui sont brisées par ce fléau. L’objectif du livre, c’est de permettre de voir au-delà des statistiques, pour réaliser qu’il y a des personnes réelles qui sont touchées et qui ont besoin d’aide », affirme-t-elle.

Au-delà de la dénonciation du terrorisme, l’ouvrage aborde également la question des inégalités de genre. L’auteure s’interroge sur la place et la résilience des femmes dans les sociétés frappées par les conflits, en particulier lorsqu’elles se retrouvent seules à assumer la charge familiale après la disparition de leur époux. « Comment est-ce que les femmes peuvent survivre lorsque le chef de famille n’est plus ? En général, ce sont elles, avec les enfants, qui restent », lit-on dans la cinquième nouvelle intitulée « Vies brisées », à la page 37 du recueil.

Le titre « Destins brisés – Au nom de Dieu » porte une dimension symbolique forte. Le « D » de Dieu, barré sur la couverture, traduit, selon l’auteure, le détournement du nom divin à des fins violentes et inhumaines. Elle dénonce ainsi l’instrumentalisation d’un dieu de terreur, créé de toutes pièces, à l’opposé du Dieu d’amour.

À travers ce recueil, Yanogo dit souhaiter éveiller les consciences et rappeler que le Burkina Faso, bien que plusieurs zones soient désormais sous le contrôle des forces de défense et de sécurité, reste affecté par la crise sécuritaire. Elle appelle à la solidarité nationale, afin que chaque Burkinabè puisse s’identifier à la souffrance de l’autre et contribuer à reconquête de la paix d’antan.

L’ouvrage est disponible à la librairie Genève d’Afrique, ainsi qu’auprès de l’auteure elle-même, au prix indicatif de 4 000 francs CFA.

Éléonore Savadogo (stagiaire)

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page