A la barre : Accablé par les témoignages, Marcel Tankoano persiste et signe 

Le procès-verbal de l’audition du temoin Zakaria Tagnan, a été lu par le tribunal. Dans ce procès-verbal d’audition, il a indiqué avoir été approché lui et un ami du nom de Zigui Mamadou par Marcel Tankoano courant le mois d’avril à mai 2023 pour la production d’audios afin de déloger « les pro irrissi » qui campent non loin du rond-point des Nations Unies, à Ouagadougou. Marcel Tankaono lui avait promis la mise à disposition de téléphones portables et le financement nécessaire pour la production de ces audios, selon le témoin.

A en croire Zakaria Tagnan dans son PV d’audition, l’un des audios qu’avait demandés Marcel Tankoano devait avoir un contenu appelant à incendier le Palais du Moogho Naaba et être mis au compte des soutiens du pouvoir de la Transition actuel, notamment les « les pro irrissi ». Quant au contenu du deuxième audio, il devait appeler à protéger le Palais du Moogho Naaba, et être mis au compte des membres du Front Uni pour le Faso (FUF), selon lui.

L’objectif de ce montage voulu par Marcel Tankaono, selon le procès-verbal de la déposition du témoin, était de conduire à des affrontements pour lesquels « les pro irrissi » allaient être accusés d’en être à l’origine afin que ces derniers soient déguerpis par les Forces de l’ordre du Rond-point des Nations Unies.

Toujours selon le témoignage de Zakaria Tagnan, Marcel Tankoano avait prévu qu’après production des audios, qu’ils soient diffusés sur les réseaux sociaux et que des activistes comme Naïm Touré, Alassane Conombo et Aminata Rachow les relaient sur leurs pages respectives. Un assaut militaire devait être la suite logique de ces événements, a fait savoir le témoin.

Les deux témoins appelés à la barre ont maintenu le contenu du procès-verbal d’audition en ajoutant quelques nouveaux éléments d’information.

Invité à réagir à la déposition du témoin, Zakaria Tagnan, Marcel Tankoano a déclaré : « C’est tout faux. Tout est faux et je contredis formellement. C’est du mensonge ».

Le tribunal a donc lu le procès-verbal de l’audition de Marcel Tankoano devant le parquet. Ce procès-verbal révèle que l’accusé Marcel Tankoano a non seulement reconnu la véracité des informations du témoin Zakaria Tagnan, mais qu’il a aussi indiqué avoir tenu une réunion, lui et les autres membres actifs du FUF, pour la mise en œuvre de l’opération et que l’accusé Désiré Guinko était chargé de suivre et de financer le processus de production des audios.

« Je doute fort de ces déclarations », s’est une fois de plus défendu Marcel Tankoano, tout en précisant au tribunal qu’il était convalescent et n’avait pas conscience des déclarations qu’il faisait au moment de son audition.

Prenant la parole, le procureur a indiqué que lors de son audition, Marcel Tankoano se portait bien et était lucide, au point de lui donner des précisions sur certaines informations le concernant.

À 12 h 18, le tribunal a demandé la diffusion des audios en question. Après la diffusion, Marcel Tankoano a une fois de plus pris la parole pour dire qu’il n’est ni mêlé à la production de ces audios, ni à leur diffusion. « Ces audios que nous venons d’écouter, je ne suis pas mêlé », a-t-il soutenu.

À la reprise du procès à 13H30 après une pause de 30 minutes, l’accusé Désiré Guinko a été appelé à la barre. Poursuivi pour les mêmes faits que ses co-accusés, il a plaidé non-coupable. « Je ne suis pas lié de près ou de loin à l’affaire », a-t-il déclaré.

Plus loin, Désiré Guinko a confié au juge que Marcel Tankoano lui a fait savoir qu’il a été mis sous pression afin de reconnaître la paternité des audios.

Pour Désiré Guinko, lui et ses coaccusés subissent les manipulations que les autorités de la Transition exercent sur les instruments juridiques du pays.

A la suite de Désiré Guinko, un autre témoin a été appelé à la barre pour sa déposition. Il s’agit de Moustapha Kontongmdé. Ancien membre du mouvement Front Patriotique, il était celui qui représentait Marcel Tankoano lors des émissions en langue mooré.

Selon ce témoin, il avait été contacté par Marcel Tankoano pour la production d’audios appelant à incendier le domicile du Mogho Naaba. « J’ai dit que je ne peux pas. Ils m’ont même proposé de mettre un cache-nez pour le faire et j’ai dit que je ne peux pas », a-t-il confié.

À l’en croire, à la demande de Marcel Tankoano, il a contacté un ami du nom de Karim Kouanda, à qui il a expliqué le projet de production des audios. Ce dernier à son tour a également refusé de participer au projet.

Également appelé à la barre, Karim Kouanda a fait un témoignage qui corrobore  celui de Moustapha Kontongmdé.

À son tour de réagir, Marcel Tankoano a qualifié le témoignage de Moustapha Kontongmdé, de faux. Pour lui, Moustapha Kontongmdé a été soudoyé avec 5 000 F CFA pour le charger. Quant à Karim Koanda, il dit ne pas le connaître.

Débuté à 7h30, le procès a été suspendu à 17H30. Il reprendra ce 22 juin 2023 avec l’audition des autres accusés et témoins.

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