Une conférence régionale de haut niveau sur la sécurité privée à Abuja : un chercheur universitaire burkinabé invité

Les 10 et 11 décembre 2024 se tient à Abuja, au Nigéria, une conférence régionale de haut niveau sur un enjeu stratégique pour la stabilité des pays de l’Afrique de l’Ouest qui est le contrôle parlementaire des agences de sécurité privée et hybride.
Dans un contexte ouest africain, caractérisé par la montée des menaces sécuritaires qui tendent à se complexifier, le besoin de la sécurité devient de plus en plus une préoccupation pour les États. C’est ainsi qu’on assiste à la prolifération des acteurs privés dans le domaine de la sécurité, parfois clandestins, non professionnels et mal formés, ce qui fait entorse à la législation en la matière. C’est ainsi que le rôle des parlements qui consiste au contrôle du secteur de la sécurité devient crucial.

En même temps qu’on assiste à la croissance exponentielle des sociétés privées de sécurité, on constate l’émergence d’interactions hybrides en matière de sécurité, qui brouillent les rôles des forces officielles de l’État et des acteurs privés. Cette situation crée le lit de tensions diverses pouvant engendrer des conflits, ce qui compromet la stabilité, la sécurité humaine et le développement économique de la région. Une bonne gouvernance du secteur de la sécurité peut contribuer à résoudre ces problèmes, tandis qu’une mauvaise gouvernance du secteur de la sécurité les exacerbe.
La conférence, organisée par la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et le Centre de Genève pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité (DCAF) s’est consacrée à une analyse de la place des parlements de l’Afrique de l’Ouest sur les méthodes dans leur rôle clé de gardiens d’un secteur de la sécurité bien gouverné et démocratique, capable de faire face aux opportunités et aux défis des dispositifs de sécurité privés et hybrides.

Compte tenu des mutations des environnements liées à l’émergence de nouvelles menaces et l’incapacité de l’Etat à assurer la sécurité pour tous, il est nécessaire pour les parlements d’être mieux outillés pour relever le défi de l’Etat vis-à-vis de la sécurité privée par un bon encadrement et la prévention des dérives nuisibles des sociétés privées de sécurité.
Les différents experts, les Présidents des commissions parlementaires de sécurités, les sénateurs du Nigéria, de l’Afrique du Sud, du Libéria, du Burkina Faso, du Mali, de la Gambie, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, le Mozambique, du Ghana, de la Guinée, du Congo-Brazzaville, de la Sierra Leone et les représentants des institutions de régulations présents à cette conférence de haut niveau développeront des recommandations visant à renforcer le contrôle parlementaire des agences de sécurité privées et hybrides, un enjeu majeur pour la sécurité et stabilité en Afrique de l’Ouest. Les parlements de l’Afrique de l’Ouest pourront mettre en œuvre ces recommandations pour relever efficacement les défis de la sécurité hybride et privée.

Moins d’un mois après la parution du tome 2 de son ouvrage sur la pacification du Sahel intitulé : Résolution des conflits armés asymétriques dans l’AES : La Pyramide de Ouétogamou KIBORA, fruit de plusieurs années de recherche, le chercheur en sécurité et en défense Laurent Ouétogamou KIBORA a reçu une invitation officielle de la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et du Centre de Genève pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité (DCAF) pour prendre part à cette conférence de haut niveau et partager le fruit de ses recherches.
Cette invitation est une reconnaissance internationale de la contribution du monde de la recherche universitaire du Burkina Faso à la construction d’une bonne architecture du secteur de la sécurité et à la bonne gouvernance sécuritaire en Afrique de l’Ouest.



