Musique : « Les Petits Pionniers » rêvent de remplir le Stade municipal

Après l’échec de nombreux enfants jugés « espoirs » dans la musique burkinabè, la présence de jeunes musiciens dans cet univers laisse perplexes les différents acteurs. Cependant, la quête de talents purs pour endosser la casquette d’espoir semble porter ses fruits. A seulement 12 et 9 ans, Stéphane Ouédraogo et Messi Ouédraogo, deux frères, décident avec l’appui de leur père de se lancer dans la musique. Après plus de 5 ans à faire les premières parties de certains concerts et à reprendre des musiques d’autres artistes, ils font leur grand saut dans le monde professionnel. Ce mardi 10 septembre, Faso7 a reçu le groupe « Les Petits Pionniers » et ils ont expliqué leurs motivations et leurs rêves.

Ils ont 9 et 12 ans. Ils occupent les premières places dans leurs classes respectives. Nés d’un père rappeur, ces deux enfants forment le groupe « Les Petits Pionniers ». À côté de leur passion commune qu’est la musique, ils ont aussi d’autres rêves. Stéphane veut devenir chirurgien tandis que Messi entend faire carrière comme footballeur.

En dépit de ces rêves différents, les deux, autour de la passion pour la musique reçue certainement de leur père, lui-même ancien rappeur, entendent tracer une voie parallèle à celle de leurs rêves. Selon le père, Adama Ouédraogo, les enfants n’ont pas été contraints de faire la musique. Ils ont volontairement choisi d’affronter le showbiz.

Tout commence quelques années en arrière quand Stéphane alors inscrit dans un camp de football, décide de sécher les rassemblements. « Il m’a dit : je ne veux pas devenir joueur. Je veux être artiste », a dit le père. Cette information a été un choc pour lui qui connait le milieu et ses dangers. « C’est un monde de loups et c’est très dangereux », dit-il.

Néanmoins, il décide d’accompagner son enfant dans son rêve. « Pour moi, il n’est pas question de forcer les enfants. Il faut laisser chacun choisir sa voie et on les accompagne », ajoute-t-il. Après quelques textes et des essais, Stéphane est rejoint par son cadet Messi qui veut concilier une carrière d’artiste à celle de footballeur.

« Messi a dit qu’il veut devenir joueur et artiste. J’ai donc décidé de les accompagner tous les deux dans ce qu’ils vont faire. Avec mon expérience, je les guide et je les empêche de sombrer dans les travers du showbiz », signifie Adama Ouédraogo. C’est ainsi qu’a débuté une aventure « palpitante » pour la famille Ouédraogo.

Plus d’une cinquantaine de scènes, un single puis un album sorti le 7 septembre 2024 « Rêves d’enfants », c’est le bilan de ces enfants. Évoluant dans le RAP et aussi dans l’ambiance, « Les Petits Pionniers » ont décidé d’orienter leurs textes vers le soutien des FDS et VDP, les mamans et la jeunesse. Des messages qui vont de l’engagement patriotique à la quête de l’argent en passant par le respect des parents.

« Au départ, les textes étaient trop lourds pour des enfants. On a donc décidé de les ramener dans un monde d’enfant où ils chantent comme des enfants, pour des enfants et des adultes aussi », confie le père. Visiblement, la protection du père, ancien rappeur, a eu raison du départ des enfants.

« Remplir le stade municipal et aussi être de grands artistes »

En termes de présence scénique, « Les Petits Pionniers » offrent un groupe complémentaire. Pendant que Stéphane est relativement calme, Messi son jeune frère fait le show et soulève le public. « J’ai dit aux enfants de garder chacun sa personnalité. Il ne faut pas essayer de faire comme l’autre. Ils ont des personnalités différentes et cela fait un ensemble parfait », lance l’ancien rappeur.

Sur leur album « Rêves d’enfants », « Les Petits Pionniers » ont réalisé une collaboration avec Reman. Ils ont reçu l’encadrement des artistes Will B Black et Limachel. En termes d’ambition pour cet album et l’ensemble de leur carrière musicale, les enfants veulent « remplir le stade municipal et aussi être de grands artistes ».

Afin de ne pas surexposer les enfants dans le milieu de la musique, le père fait savoir que le programme est connu. « Il y a des jours pour les prestations et le reste, c’est pour l’école. On ne reste pas dehors pendant longtemps et on met les enfants dans un cadre familial pour qu’ils continuent à grandir sans sombrer dans ce qu’on a vu avec d’autres enfants dans le passé », martèle-t-il.

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Basile SAMA

Faso7

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