Burkina Faso : Esquisse du fichier électoral

La transition au Burkina Faso prendra fin dans 60 mois avec l’organisation d’élections libres et démocratiques. Ainsi en ont décidé les forces vives de la nations lors des assises nationales tenues le 25 mai 2024. Avant l’organisation desdites élections, on peut être amener à se demander quel est l’état des lieux du fichier électoral ? Pour répondre à cette question, qui de mieux que l’organe chargé de l’organisation des élections au Burkina Faso, notamment la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)?

La CENI a accepté de répondre à nos questions. C’est le Directeur des opérations électorales (DOE) de la CENI, Jean-Marie Bassolé, qui s’est prêté au jeu. Selon lui, la naissance du fichier électoral biométrique du Burkina Faso en 2012 fait suite aux revendications de la classe politique sur la question de l’unicité de l’électeur sur le fichier. Après la 4e révision des listes effectuée en 2020, le nombre d’électeurs burkinabè a été porté à 6 490 930 en 2024.

Sur le processus d’élaboration, il a expliqué que celui-ci démarre dès la prise en Conseil des ministres du décret de révision du fichier électoral. Par la suite, la CENI procède dès lors à la préparation technique des kits d’enrôlement, au recrutement du personnel d’enrôlement et au découpage du territoire par zone d’enrôlement.

« Le personnel est alors convoyé sur les différents sites avec le matériel d’enrôlement composé de kits biométriques. Les candidats aptes à l’inscription doivent se présenter physiquement dans un site d’enrôlement pour y être inscrits par les opérateurs de kit. En pratique, le citoyen se présente donc à l’opérateur de kit chargé d’enrôler les électeurs avec l’un des documents autorisés », a fait savoir Jean-Marie Bassolé.

Lesdits documents autorisés sont entre autres la Carte Nationale d’Identité Burkinabè (CNIB) ou le passeport ordinaire en cours de validité. Après cette étape et les vérifications, il est délivré au candidat, sa carte d’électeur matérialisant en même temps son inscription sur la liste électorale.

Aussi, le directeur des opérations électorales de la CENI a signifié qu’une étape de déduplication locale pour s’assurer que le citoyen n’a pas déjà fait un enrôlement sur ce kit et une sauvegarde des données collectées sont faites en cours de journée et à la fin de la journée pour éviter toute perte de données.

Il faut noter qu’un premier audit du fichier électoral a été effectué en 2015 par l’Organisation Internationale de la Francophonie sous la conduite du général Siaka Sangaré, délégué général aux élections du Mali. La conclusion a été que « le Fichier Électoral Biométrique de 2015 est conforme aux normes et standards internationaux ; donc fiable pour la tenue des élections présidentielles et législatives du 11 octobre 2015 ».

Après un second audit en 2020 sous l’égide de l’Union africaine accompagnée par la Francophonie, les auditeurs ont déclaré que c’est un « fichier électoral constamment amélioré qui ne peut faire l’économie d’une refonte, compte tenu de ses limites ». Sur le stockage des données, Jean-Marie Bassolé, Directeur des opérations électorales (DOE) de la CENI a donné plus de détails.

« La CENI héberge en son sein un datacenter conforme aux normes internationales et sécuritaires, dans lequel les données des électeurs sont stockées. Elle a la maîtrise totale de son fichier depuis l’enrôlement, à la consolidation et la déduplication jusqu’à la publication des listes définitives. La sauvegarde quotidienne des données est assurée et toutes les dispositions sont prises pour ce qui concerne la redondance des données », a-t-il martelé.

Faso7

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