Kas Boven : « A travers le rap, on peut donner de l’espoir à tout un peuple »

Aboubakar Sidiki Koïta alias Kas Boven, artiste rappeur burkinabè, a mis sur le marché de disque, le 27 février 2024, son nouveau maxi intitulé « Returns of Kas ». Fort de 4 titres, Kas Boven veut raffermir la flamme du rap old school au Burkina Faso. Le 22 mai 2024, il s’est prêté au micro de Faso7 pour présenter davantage ce maxi.

Faos7 : Vous avez une voix atypique. Quel est votre secret pour entretenir cette voix ?

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Faso7 : Après votre 3e album «Africa» sorti en 2020, vous avez signé votre retour sur la scène musicale le 27 février 2024 avec un maxi de 4 titres, « Returns of Kas ». Qu’est-ce qui explique cette absence ?

Kas Boven (K.B) : On pourrait dire qu’il n’y a pas eu l’absence, peut-être médiatique, sur les ondes télé et radio, sinon qu’après l’album « Africa », j’ai réalisé le son « Par respect » et un single après « Par respect », j’ai réalisé « Sid Kalébé » et « Singa Kané ». Après, j’ai réalisé « Pleine lune », différents singles parce qu’en son temps, depuis 2020 déjà, les activités culturelles étaient un peu freinées par la covid-19, c’est pourquoi je suis revenu avec « Return of Kas ».

C’est un genre musical qui est là, je sais que depuis 2002, les gens m’ont connu dans ce style de musique, la old school. Donc le « Return of Kas » c’est comme le retour de la old school. J’inviterai vraiment tout rappeur qui fait ce style de musique à emboîter le pas, parce que c’est un style de rap qui se vend toujours en Europe et aux États-Unis.

Faso7 : « Returns of Kas » ou le retour de Kas en français, qu’est-ce que vous voulez porter comme message à travers ce maxi ?

KB : A travers ce maxi, je parle d’entraide surtout, parce que comme vous le savez déjà, le pays traverse une période très difficile. Tu ne peux pas être à l’extérieur et ton village brûle, il faut que toi aussi, tu apportes ta part de contribution à travers les chansons, galvaniser nos troupes et soutenir aussi les enfants de la rue, les enfants des PDI (Personnes déplacées internes, ndlr).

A travers la chanson « Personne ne vient », c’est le titre déjà qui parle des enfants de la rue, il y a aussi la chanson « Affirme-leur » qui veut dire que nous sommes tous des humains. Que tu sois riche ou pauvre, chacun souhaiterait qu’on lui tende la main. Et il y a « Singa Kané » aussi qui parle du rap hardcore dont j’ai pu souligner précédemment et puis il y a la chanson aussi de « Return of Kas ».  C’est carrément le style de rap old school comme je l’ai dit, qui doit revenir au Burkina ici, parce que de l’autre bout du monde, ça continue à vendre encore.

Donc, en un mot, « Return of Kas », c’est pour remonter le moral de mes fans qui, longtemps, ne m’ont pas vu sur scène et puis en même temps les thématiques abordées dans l’album, c’est de donner espoir à un peuple qui en a vraiment besoin en cette période.

Faso7 : Qu’est-ce qui vous a inspiré pour l’écriture du premier titre de votre maxi « Personne ne vient » ?

KB : « Personne ne vient » parce que moi, je suis issu de la rue. C’est une chanson qui a été composée depuis 1997. Le son est resté, mais le refrain est venu après une inspiration reçue à travers la rue, parce que déjà, vous voyez les enfants qui sont dans la rue, personne ne vient les pêcher. Peut-être que récemment, ça commence à venir, donc personne ne vient. Les vieilles personnes aussi, quand on est une personne âgée, on est souvent laissé à soi-même, personne ne vient les voir. Donc, ça m’a beaucoup inspiré.

Faso7 : Vous tendez la main à la jeune génération de rappeurs avec le titre «Singa Kanè» en featuring avec Salouka, quelle est votre opinion sur cette nouvelle génération ?

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Faso7 : Vous prônez la Old school dans votre maxi en vous faisant défenseur de ce mouvement des premiers rappeurs. Est-ce qu’on doit comprendre par là que la Old school ne doit pas subir d’adaptation ?

KB : J’ai discuté avec beaucoup d’arrangeurs, de beatmakers. Des beatmakers qui me disent Kas, on peut déjà faire des beats, des instruments old new school et toi, tu poses le style old school là-dessus. Mais il y a des fanatiques qui sont là. C’est vrai, ça fait longtemps que les gars ne m’ont pas vu. Il faut que l’ancienne génération se sente toujours en Kas. C’est pourquoi je dis le « Returns of Kas » parce que qui parle de Kas, revoit toujours le même style hardcore qu’il y a.

Donc, je suis en train de servir vraiment les fanatiques. C’est un peu difficile, mais c’est un style qui est là. C’est comme ce que je vous ai dit, elle est encore plus scénique à l’extérieur. Ici, il y a une tendance qui est là. Mais tu vois, Solar vient de faire sortir son dernier qui est là. Adaptation des beats, il y a Kery James qui fait souvent des beat traps, mais le flow ne change pas.

Le flow ne doit pas changer, mais le rythme peut changer. Côté marketing, côté commercial, tu peux changer le rythme, mais le flow, le thème doit toujours rester la même chose. C’est pourquoi le beat de « Returns of Kas », « Personne ne vient », ce sont des beats qui ont été boxés un peu du côté des États-Unis, avec Unlock vision. Et ce sont des gars qui sont de l’autre côté. Je me dis que si ce sont des styles qui ne marchaient pas là-bas, l’Américain ne perd pas son temps sur un truc qui ne marche pas. C’est vrai, la old school a besoin de plus de promos. C’est pourquoi nous sommes là à courtiser les fans du hip-hop, du genre musical que nous faisons pour plus de visibilité.

Faso7 : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre carrière ?

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Faso7 : Quelle est la place actuelle du mouvement Hip-hop au Burkina, selon vous ?

KB : Le hip-hop joue un grand rôle vraiment au Burkina. C’est vrai qu’on ne s’aperçoit pas de loin, parce que nous sommes des porteurs de messages. Et surtout, en cette période, la population a besoin de messages d’espoir. C’est ça moi-même, je travaille là-dessus. La population a besoin d’un message d’espoir. Et ce sont les artistes et les rappeurs qui peuvent les porter.

Donc, le rap joue un très grand rôle. C’est pourquoi j’invite toujours ces mêmes rappeurs de la nouvelle génération, qui sont bien écoutés, qu’ils travaillent le fond de leurs textes pour galvaniser nos troupes qui sont au front, pour remonter le moral de la population à avoir un esprit de résilience. A travers le rap, vraiment, je pense qu’on peut unir les cœurs, on peut conquérir les cœurs, on peut vraiment donner de l’espoir à tout un peuple.

Faso7: Quel est votre plus beau souvenir et votre pire souvenir  dans la musique ? 

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Faso7: Quel est le bilan que vous dressez ?

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Faso7: Le Burkina Faso traverse des moments difficiles actuellement, quel est votre message à l’endroit des Burkinabè ?

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Cheick Habib Désiré BAYILI

Faso7

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