Assises nationales : quel nouveau pacte républicain pour la sauvegarde du Faso ? Le CGD pose le débat

En prélude des assises nationales qui se tiendront du 25 au 26 mai 2024, le Centre de gouvernance démocratique (CGD) a organisé un dialogue démocratique le 23 mai 2024 à Ouagadougou. Cette rencontre a réuni des acteurs politiques et des enseignants-chercheurs afin de réfléchir sur les tenants et aboutissants de ces assises nationales. 

Sous le thème “assises nationales : quel nouveau pacte républicain pour la sauvegarde du Faso ? ”, ce dialogue démocratique a connu la participation de 5 panélistes de divers profils. Ce sont le professeur Abdoulaye Soma, professeur d’université et homme politique, Kalifara Séré, analyste politique, le docteur Aboubacar Sango, enseignant-chercheur, le docteur Aristide Béré également enseignant-chercheur et le professeur Martial Zongo, professeur d’universités. Les débats ont été modérés par docteur Valérie Rouamba, enseignante-chercheuse.

Selon Abdoulaye Soma, l’on entend par assises nationales, un cadre de concertation pour statuer sur un sujet grave qui dans le contexte du Burkina, la situation nationale actuelle. C’est celui-là même qui a animé la conférence inaugurale qui porte sur le thème central. “Si on convoque des assises, c’est pour espérer que ces assises trouvent une solution. Donc j’y trouve une opportunité à saisir”, a-t-il ajouté pour exprimer la nécessité pour les Burkinabè d’asseoir un dialogue franc afin de poser les jalons d’une sortie de crise immédiate.

Abdoulaye Soma, professeur d’université, panéliste-©Faso7

Ce dernier appréhende déjà l’issue de ces assises qui selon lui, sans aucun doute seront consacrées à la prolongation de la période de la transition ; “En vérité, dans la convocation des assises, il est recherché de toute façon, une continuation transitionnelle, une situation transitionnelle”, a-t-il défendu. Or, selon lui, il ne peut en aucun cas s’agir de la révision de la charte de la transition, car la procédure n’a pas été enclenchée par les deux seuls organes habilités à cet effet que sont le chef de l’Etat, et l’Assemblée législative de transition.

L’élection présidentielle, un enjeu crucial

Kalifara Séré, le professeur Martial Zongo, le docteur Aboubacar Zango et le docteur Aristide Béré sont tous unanimes sur une question. Celle de la volonté manifeste du gouvernement de la transition de ne pas organiser d’élections présidentielles, libres transparentes, équitables et inclusives de sitôt. Pour l’analyste politique Kalifara Séré, l’objectif 6 de la charte de la transition a été volontairement omis dans le Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD) par le gouvernement de la transition. Ce dernier considère que certaines autorités font du parjure en s’opposant publiquement aux libertés collectives et individuelles telles que l’organisation d’élections.

Kalifara Séré, analyste politique-©Faso7

“Ça relève du sacrilège et de l’apostat carrément. Pour une autorité publique, c’est un parjure que de dire “on ne veut plus des élections, on ne veut plus des droits de l’homme (…). Donc une autorité publique qui de par sa bouche sort des propos anti-liberté publiques, anti-droits de l’homme, anti-démocratie, cette autorité ne devrait pas être en fonction deux heures après”, a souligné l’analyste politique avant de relever que “le bilan de la transition est marqué par le sceau de l’échec”.

Aboubacar Sango, lui, pense plutôt que les 21 mois accordés au MPSR 2 depuis son avènement n’ont pas été consacrés à l’atteinte des objectifs fixés par la charte de la transition. “Pourquoi pendant 21 mois, les objectifs qu’on s’est fixés, on n’a pas atteint ces objectifs ? Répondre à cette question permet aussi de définir pour plus tard, un délai raisonnable (de la transition, ndlr)”, s’est-il questionné.

Aboubacar Sango, enseignant-chercheur, panéliste-©Faso7

Et au professeur Martial Zongo de rappeler que le retrait du Burkina Faso de la CEDEAO “ne rend pas systématiquement caduc l’accord avec la CEDEAO à un retour constitutionnel normal”. Il soutient cette idée par le fait que le délai avant l’effectivité du retrait est d’un an. Par conséquent, cet accord reste d’actualité jusqu’au 28 janvier 2025.

Pour la tenue d’assises nationales en bonne et due forme, tous sont unanimes. Il faudrait le faire dans la convivialité, le respect de l’opinion d’autrui, dans l’inclusivité et dans la consensualité. Par conséquent, Aboubacar Sango préconise d’arrêter de faire “du rétablissement du territoire une condition pour l’organisation des élections” et de jouer franc jeu.

Edwige OUOBA 

Faso7

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