Détournement d’engrais subventionnés par l’Etat : 18 personnes dont 10 agents publics interpellés à Fada N’Gourma

Le Service Régional de la Police Judiciaire de Fada N’Gourma et le ministère en charge de l’agriculture ont fait le point de l’affaire de détournement des engrais subventionnés, ce mercredi 6 mars 2024 dans la ville de Fada N’Gourma. De ce qui ressort des différentes déclarations, il s’agit d’un coup de filet qui a permis de saisir plus de 36 tonnes d’engrais et une somme de plus de 21 millions de Francs CFA.

Ils sont 18 dont 10 agents de l’Etat à être pris par le Service Régional de la Police Judiciaire (SRPJ) de Fada N’Gourma dans ladite affaire. Selon les explications du chef du SRPJ de la région de l’Est, le Commissaire de Police Zakaria Traoré, son service a été saisi le 12 février 2024 par le département en charge de l’agriculture faisant le cas de dénonciation sur un détournement d’engrais subventionnés.

Après des investigations, il s’est avéré que des engrais subventionnés par l’État au bénéfice des producteurs de la région de l’Est ont été mis en vente dans le grand marché de Fada. Il s’en est suivi alors une enquête afin d’établir les faits. Après la collecte des informations, le Commissaire Zakaria Traoré a fait savoir que des prévenus ont été interpellés et mis à la disposition de la justice.

Toujours selon ses propos, les actes ont été commis dans la direction régionale d’agriculture de l’Est avec la complicité de la hiérarchie sur place. Le Commissaire de Police a ajouté que les engrais et l’argent saisis ont été également mis à la disposition de la justice pour les besoins de l’enquête. Il a par ailleurs rappelé que « la lancinante question de la responsabilité de tout un chacun se pose toujours avec acuité ».

« En effet le mode opératoire de l’échelon inférieur consisterait à rassembler des cartes Nationales d’Identités et à les faire enregistrer comme des producteurs afin de prélever cette quantité pour revendre avec les commerçants du marché à un prix supérieur au prix de la subvention tout en bénéficiant du surplus.

À l’échelon moyen, le mode opératoire consiste à exécuter les instructions de l’échelon supérieur, à trouver les pièces justificatives et à profiter de l’inattention pour détourner ce qui serait en leur contrôle.

Pour l’échelon supérieur, elle consiste donc à s’octroyer des marchés à détourner la subvention de l’État pour exécuter et à instruire l’échelon moyen à fournir des pièces justificatives », Commissaire de Police Zakaria Traoré

De son côté, le directeur général des productions végétales du ministère, Prospèr Zemba, a souligné que l’implication de cadres de l’administration dans cette affaire rappelle que la « la question de probité n’est pas liée à la position dans l’administration ». « Vous avez déjà vu des cas où des ministres ont été épinglés pour certaines choses », a-t-il lancé.

Sur la suite à donner, il a indiqué qu’en attendant que la justice statue sur les sorts de ces 18 prévenus, le département en charge de l’agriculture a déjà opté pour une réorganisation de son système afin d’éviter de telles situations. Des missions d’examen des autres régions et provinces ont été également instruites.

« La lancinante question de la responsabilité de tout un chacun se pose toujours avec acuité » (Zakaria Traoré)

« Il y a des innovations qui sont en cours pour la campagne humide à venir. (…) Il y a la nécessité que le milieu soit assaini et que des gens puissent faire leur travail avec probité », a-t-il martelé. Aussi, il a rappelé la nécessité que les populations continuent la veille citoyenne et dénoncent les pratiques de ce type.

À cet effet, le ministère en charge de l’agriculture a mis en place un numéro vert qui est le 51 51 34 04 pour les dénonciations à travers des appels, des whatsapps, des vidéos et des audios.

Faso7

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