« L’espace AES sera un espace fort » (Aboubacar Nakanabo, ministre de l’économie)

Lors du journal télévisé de 13h sur la chaîne nationale ce dimanche 4 février 2024, le ministre de l’Économie, Aboubacar Nakanabo, s’est exprimé sur les conséquences économiques du retrait du Burkina Faso des États membres de la CEDEAO.

D’emblée, le ministre de l’Économie a estimé que les analystes prédisant des conséquences négatives de ce retrait sur l’économie burkinabè font fausse route. « Quand le Mali a été mis sous embargo, ces mêmes analystes avaient prédit que le Mali ne ferait pas trois mois. Mais le Mali est toujours là, debout, avec une économie résiliente », a-t-il avancé.

Ensuite, le ministre a souligné que les trois États de l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso,  Mali, Niger) qui se sont retirés de la CEDEAO comptent environ 70 millions d’habitants et ont un potentiel économique considérable. Ce potentiel reste à être exploité judicieusement pour rendre l’espace AES prospère, selon lui. « En dehors du Nigeria, il n’y a pas un pays de la CEDEAO qui a 70 millions d’habitants. Donc, l’espace AES sera un espace fort. Également, vous savez que l’essentiel des ressources naturelles de l’espace CEDEAO se retrouve dans les pays de l’AES », a-t-il relevé.

Notons que ce retrait de la CEDEAO peut impliquer, entre autres, la fin d’avantages économiques de la CEDEAO pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Se basant sur des données chiffrées, Aboubacar Nakanabo a jugé que cet impact pourra être maîtrisé.

En 2023, les exportations du Burkina dans l’espace des 15 pays de la CEDEAO représentaient 14%, dont 11% au sein des 8 pays membres de l’UEMOA dont les États de l’AES sont toujours membres, selon le ministre Nakanabo. « L’essentiel de notre commerce extérieur se fait dans la zone hors CEDEAO, et même quand on vend à l’espace CEDEAO, une grande partie est vers les pays membres de l’UEMOA qui sont aussi membres de la CEDEAO. Donc, si on enlève les pays membres de l’UEMOA, notre commerce avec les autres ne représente pas grand-chose », a-t-il laissé entendre.

Aboubacar Nakanabo a apporté des explications concernant les 3% d’exportation du Burkina Faso vers les pays de la CEDEAO, non membres de l’UEMOA. Ce pourcentage est essentiellement valorisé par l’exportation du bétail sur pied vers le Ghana, selon lui. « Comme notre politique est d’ailleurs orientée vers la diminution de cette exportation de bétail sur pied, puisque nous voulons transformer en interne. Je pense que nous allons pouvoir maîtriser cet impact », a-t-il ajouté.

Par rapport aux importations

En ce qui concerne les importations en volume vers le Burkina Faso, celles des pays de la CEDEAO ont été estimées à 26%, dont 19% pour les pays de l’UEMOA, par Aboubacar Nakanabo. Les 7% d’importations des pays de la CEDEAO non membres de l’UEMOA vers le Burkina Faso sont une fois de plus valorisés à 90% par les importations en provenance du Ghana, selon le ministre.

Concernant les craintes liées à la hausse de l’inflation au Burkina Faso, le ministre en charge de l’économie a d’abord souligné que l’inflation est essentiellement portée par les prix des produits pétroliers et alimentaires.

« Si nous avons une bonne campagne agricole avec les initiatives qui sont en cours, que ce soit l’initiative présidentielle pour l’agriculture ou l’offensive agro-sylvo-pastorale, naturellement, cela va augmenter la production agricole et donc amener les prix à la baisse. Également, en ce qui concerne les prix des produits pétroliers, notre sortie de la CEDEAO ne va pas impacter, puisque les produits pétroliers sont essentiellement importés hors CEDEAO », a-t-il fait remarquer.

Pour finir, notons qu’après le retrait, les pays de l’AES ont la possibilité de coopérer avec les pays de la CEDEAO individuellement, comme cela se fait déjà avec d’autres pays du monde.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page