Centre hospitalier universitaire de Bogodogo : Le premier bébé de l’année 2024 est né à 00h00

Alors qu’ils sont nombreux les Burkinabè à être dans les festivités de la nouvelle année, d’autres sont retenus pour des raisons de service. Ces derniers, ce sont les agents du Centre Hospitalier Universitaire de Bogodogo. De garde ce 31 décembre 2023, ils ont passé le réveillon de la nouvelle année à accueillir des nouveau-nés, donner des soins et tenir compagnie aux malades admis au CHU de Bogodogo. Une équipe de Faso7 a passé la nuit aux côtes de ces « braves » qui n’ont pas connu les scènes de liesse.
Il est 21 h 00 au Centre Hospitalier Universitaire de Bogodogo quand l’équipe de la direction générale de l’hôpital conduite par le premier responsable Seydou Nombré entame la traditionnelle tournée. D’un service à l’autre, l’équipe a tenu à passer pour encourager les agents de garde ce jour 31 décembre 2023.
« Ça va ? », « ça se passe bien ? », « il n’y a pas de problème ? », telles sont les questions du directeur général du CHU de Bogodogo a chaque passage dans les 27 services qui composent l’hôpital. Causerie, rigolade et vœux sont les réponses administrées par les agents de garde à l’équipe. « Merci d’être passé nous encourager DG » par ci, « vous prenez la garde avec nous » par là.
Et quand les agents réclament les cadeaux de la nouvelle année, ce sont des jus que l’équipe se charge de distribuer avec la bonne humeur. « Si ça ne suffit pas, faites savoir », peut-on entendre après chaque visite. Tour à tour, chaque service a reçu l’équipe pour partager les moments de ce dernier jour de l’année.
Et à chaque étape, même discours, même ambiance, et même satisfaction. Visiblement, la tournée de la direction générale de l’hôpital est une initiative hautement appréciée par les agents. « C’est bien que le premier responsable passe le réveillon de la nouvelle année avec nous. Ça montre qu’il se soucie de nous et c’est galvanisant », glisse une infirmière avant de s’éclipser dans sa salle de soin.
Et pendant que l’équipe progresse dans la tournée, tous ont le réflexe de vérifier l’heure. Que peuvent-ils bien attendre ? Pas besoin de répéter la question. « Nous voulons assister à la naissance du premier-né de l’année 2024 au sein de notre hôpital », répond Seydou Nombré.
23 h 30, l’équipe accélère le pas. Tous ont hâte d’arriver à l’étape de la maternité. Il n’en faut pas plus. Le directeur général et l’équipe viennent de terminer la visite de l’avant-dernier service. « Nous pouvons maintenant aller attendre le prince de la soirée », lance un membre de la délégation. Le cap est alors mis sur la maternité.
23 h 45, l’équipe fait son entrée dans la maternité. Une décoration des grands événements, un personnel mobilisé et aux aguets. Du premier responsable du service aux agents de sécurité, tous sont impatients d’entendre et de voir le premier-né de l’année au CHU de Bogodogo.
00H00
Ces 15 minutes d’attente pour voir 00 h 00 sonner sont sûrement les plus longues de cette année pour tous ceux qui sont présents. Impossible qu’une minute passe sans qu’une personne donne l’heure. « Il est 50 », « il est 53 », « 55 » et ainsi de suite jusqu’à 00 h 00. Ça y est. Nous sommes dans la nouvelle année.
Plus personne ne parle. Aucune mouche ne vole. Les respirations passent en mode silencieux. L’atmosphère devient tendue. On patiente. On fait des va-et-vient dans les couloirs. Des vérifications dans les salles d’accouchement. Rien. N’allons-nous pas avoir un bébé pour les premières minutes de 2024 ?
Et juste à ce moment, des applaudissements dans une autre salle. Seydou Nombré et la délégation ne sont pas dans la bonne salle. Le premier-né de 2024 au sein du CHU de Bogodogo a dribblé tout le monde. « Amenez-le ici », lance une sage-femme.
Dans un chariot, escorté par des sages-femmes et des infirmières, le « prince de la soirée » né exactement à 00H00, arrive sous des ovations. Son père, Thomas Kougbenou, perdu entre sa joie et l’accueil réservé à son enfant, n’arrive pas à glisser un mot. Il est tout en sourire. « Je suis très content », c’est la seule phrase qu’il dit sur le coup.
« Je suis très content … »
« C’est un garçon DG », martèle la sage-femme. « Félicitations et bienvenue jeune roi », répond le directeur général. Toute l’équipe s’empresse de voir ce Burkinabè qui vient de naître. L’émotion s’installe dans la salle. Les téléphones sortent pour immortaliser l’instant.
À peine 6 minutes après minuit, des pleurs dans une salle d’accouchement. « C’est aussi un garçon », dit-on de l’intérieur. Patienter 15 minutes pour voir deux bébés en 6 minutes, c’est ce cadeau que ces mamans offrent au directeur général du CHU de Bogodogo et à toute son équipe pour cette nouvelle année.
La tension redescend. Les causeries reprennent. Les vœux se succèdent. L’ambiance est festive. Une infirmière partage des bonbons, la direction générale de l’hôpital offre des cadeaux aux nouveau-nés, félicite les parents et encourage les agents de garde.

« Je suis très content de vivre le passage vers la nouvelle équipe avec ces équipes dévouées à leur travail », explique le DG tout en prenant congé d’eux. L’équipe s’éloigne peu à peu et le travail continu au sein du service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction ainsi que dans tous les autres services de l’hôpital.
Comme ces « braves » du CHU de Bogodogo, ils sont nombreux à n’avoir pas vécu le réveillon de la nouvelle année avec leurs familles pour des raisons de service. Ce sont des FDS, des agents de santé, des médecins, des secouristes, des ambulanciers, des pharmaciens, des journalistes et bien d’autres.
« Pendant que certains fêtent dans la chaleur de la cellule familiale ou avec des amis, d’autres sont en train de faire leur travail pour le bien-être de la population. À ces personnes, nous disons merci », déclare Seydou Nombré.

Basile SAMA
Faso7



