Clarification des valeurs et le droit à l’avortement : ONIDS outille des acteurs juristes et de la médecine

L’Organisation pour de Nouvelles Initiatives en Développement et Santé (ONIDS) a organisé une formation au profit de 15 acteurs juristes et de la médecine de la région du Centre sur la clarification des valeurs et le droit à l’avortement au Burkina Faso.
Cette session de formation qui s’est tenue pendant trois jours a été organisée dans le cadre du Projet « Mobilisation des alliés pour l’accès aux services d’interruption sécurisée de la grossesse selon le cadre juridique dans les régions du Centre et du centre-Est du Burkina Faso ».
Pendant 72 heures, les 15 acteurs issus de l’Association des Femmes Juristes du Burkina (AFJ/BF), l’Association des étudiants en droit et de l’association des étudiants en médecine ont été outillés sur l’état des lieux de la santé sexuelle et reproductive, les statistiques des avortements au Burkina Faso, les prises en charge disponibles, le cadre juridique en lien avec l’avortement au niveau international, régional et national. Les insuffisances de ces différentes dispositions juridiques ont aussi été présentées lors de ces sessions de formations.
Il ressort des différentes communications durant la session de formation que le Burkina Faso est parmi les pays du monde où la mortalité maternelle est très élevée. Il est à noter un ratio de 330 décès maternels sur 100 000 naissances vivantes, selon les facilitateurs évoquant l’EMC 2015. Par ailleurs, les avortements non sécurisés sont l’une des causes de la mortalité maternelle dans les à faibles revenus comme le Burkina Faso.
Plusieurs femmes continuent à perde la vie
En croire les facilitateurs, le Burkina Faso en plus des règles nationales, a ratifié le protocole de Maputo recommandant aux Chef d’Etat africains, l’autorisation de l’avortement à certaines conditions bien définies. Il s’agit des grossesses issues de viols, d’inceste et dans les circonstances où la santé physique et mentale de la femme enceinte est compromise, ainsi que dans le cas où le fœtus à naître est porteur d’anomalies. Malheureusement, plusieurs femmes, du fait entre de la méconnaissance des textes législatifs, des prestataires de soins de santé, et du fait des barrières socio-culturelles, continuent à perdre la vie en voulant donner naissance.
C’est au regard de cet état des faits que ONIDS avec l’appui financier de MSI a mis en œuvre le projet « Mobilisation des alliés pour l’accès aux services d’interruption sécurisée de la grossesse selon le cadre juridique dans les régions du Centre et du centre-Est du Burkina Faso ».
L’objectif fondamental de ce projet est de travailler à réduire les décès maternels à travers la prise en charge efficace des soins après avortement, les interruptions sécurisées de grossesses selon la loi ainsi que les violences sexuelles dans les régions du Centre et du centre-Est du Burkina Faso.
Des participants satisfaits
A travers cette session de formation, ONIDS vise à renforcer l’engagement des partenaires à l’application des normes juridiques sur l’avortement sécurisé dans le but de réduire les décès évitables. Au sortir de la session, les participant n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction.
« Je suis très très satisfait. Cet atelier était une occasion de bien se former en tout ce qui règle concernant le droit à l’avortement. Ça été l’occasion pour nous de nous rappeler les différentes règles tant au plan national, au plan régional et plan international », a laissé entendre Charles Placide Millogo, étudiant en master 2 en droit des affaires.
Pour sa part, Soumeiya Gbadamassi, étudiante en master 2 en médecine, par ailleurs responsable en charge de la santé sexuelle et reproductive de l’association de l’association des étudiants en médecine du Burkina Faso, elle compte utiliser les connaissances acquises pour renforcer ses actions.
« Je vais casser le mythe qu’il y a autour de l’avortement parce que de nos jours, il y a beaucoup d’avortements clandestins qui se font. Les gens n’ont pas idée du fait qu’il y a des cas où l’avortement est autorisé au Burkina Faso. (…) Casser le mythe et leur faire réaliser qu’il y a des situations dans lesquelles ils peuvent aller à l’hôpital et avoir des avortements. (…) Ensuite sensibiliser au maximum pour vraiment réduire la mortalité maternelle liée à l’avortement », a-t-elle confié.
En rappel, ONIDS est une association de droit burkinabè engagée dans la promotion et la protection des droits socio-sanitaires des populations vulnérables. Elle-même des actions de sensibilisation et de référencement. ONIDS fait également des formations, la recherche, la veille, l’alerte et l’interpellation des pouvoirs publics, toujours dans le but de promouvoir les droits socio-sanitaires des populations.



