UACO 2023 : Moussa Sawadogo prône le journalisme décentré en période de crise

Dans le cadre des panels de la 13e édition des Universités Africaines de la Communication (UACO), l’enseignant Moussa Sawadogo a effectué une présentation sur le thème : « Le rôle du médiateur : entre journalisme rassembleur et journalisme décentré ».

Au cours de son intervention, Moussa Sawadogo a d’abord campé le décor en expliquant que la mission sociale du journaliste consiste pour celui-ci à relater les faits, les analyser et les commenter de sorte à permettre à ses concitoyens de comprendre dans quel monde ils vivent.

À partir de cela, le paneliste a fait comprendre que le journaliste peut adopter deux postures, notamment en étant un journaliste rassembleur qui se contentera de publier des sujets qui ne fâchent pas, ou en étant un journaliste décentré, qui, en plus, aborde des sujets délicats.

En tout état de cause, le paneliste estime qu’il faut traiter simultanément des sujets qui suscitent des désaccords et de ceux qui ne les provoquent pas, afin de refléter la complexité des réalités.

Dans le contexte du Burkina Faso, Moussa Sawadogo a jugé que compte tenu de la crise sécuritaire, les journalistes adoptent une posture de rassembleurs, par crainte des pressions sociales, selon lui. Pour illustrer son point de vue, il a indiqué que la plupart du temps, les communiqués de la Présidence du Faso sont repris par la presse sans analyse préalable.

« Si ce n’est pas le pouvoir qui suspend les médias, ce sont ceux qui pensent qu’ils sont plus patriotes que les autres qui vous diront que vous êtes des apatrides. On vous menacera, on vous stigmatisera. Ainsi, le journaliste burkinabè n’exerce plus son métier dans une ambiance sereine. Le journaliste burkinabè est stigmatisé aujourd’hui. Le journaliste burkinabè a peur aujourd’hui », a-t-il laissé entendre.

En conclusion, Moussa Sawadogo estime d’abord que les journalistes eux-mêmes doivent assumer leur rôle et bénéficier d’un environnement propice. Toutefois, il a déploré le fait que les journalistes ne soient pas unis au Burkina Faso. Ensuite, il a souligné que les journalistes burkinabè doivent travailler à comprendre les intérêts du peuple afin de redéfinir leurs postures par rapport au contexte. Pour finir, Moussa Sawadogo a jugé que les journalistes doivent être formés par rapport au terrorisme pour mieux aborder la question.

« Cela fait 10 ans que cette situation dure, et on n’a pas réformé la formation des journalistes. Est-ce qu’on a intégré cette nouvelle donne dans la formation des journalistes dans nos universités ? Non. Donc quelque part, les critiques qu’on fait par rapport aux journalistes aujourd’hui, ça veut dire que les enseignants aussi doivent se remettre en cause, car les journalistes d’aujourd’hui sont le fruit de leur formation », a-t-il laissé entendre.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page