Initiative présidentielle 2023-2024 : 40 hectares agricoles exploités par des détenus à Baporo

Sous l’initiative de la Direction en charge de la Communication de la Présidence du Faso, une trentaine de journalistes a visité le Centre Pénitentiaire Agricole de Baporo (CPAB) dans la province du Sanguié, ce 5 décembre 2023. L’objectif était de faire découvrir aux hommes de média, le potentiel de cette prison à ciel ouvert où des détenus condamnés mènent des activités agro-pastorales.

C’est en 1986 sous l’initiative du Père de la révolution burkinabè, le Capitaine Thomas Sankara, que le Centre pénitentiaire agricole de Baporo a ouvert ses portes, nous apprend l’Inspecteur Divisionnaire Sabila Sawadogo, Directeur général de l’administration pénitentiaire. L’objectif de l’ouverture du centre était de pallier l’oisiveté des détenus à l’époque.

« La vision du Président Thomas Sankara, on n’avait pas beaucoup de détenus comme maintenant. C’était de faire venir tous les condamnés dans ce centre, qui vont travailler, s’auto-alimenter, alimenter les autres détenus et le surplus devait être reversé pour la consommation de la population », a indiqué l’Inspecteur Divisionnaire Sabila Sawadogo.

Aussi, l’esprit de la création de ce centre était de permettre de désengorger les populations carcérales, de réduire les charges de l’État dans la gestion des établissements pénitentiaires, de préparer les prisonniers à la réinsertion sociale et d’éviter les incidents en prison, comme les grèves, les agressions physiques, les tentatives d’évasion, selon le Directeur général de l’administration pénitentiaire.

Le Directeur général de l’administration pénitentiaire-©Faso7

Ce centre dispose d’une capacité d’accueil de 80 détenus. Actuellement, 44 détenus y sont présents. Les nouveaux détenus sont habillés selon qu’ils soient en repos ou au travail. Quant aux anciens détenus, ils bénéficient de plus de liberté. Ils portent leurs tenues civiles, ils sortent librement travailler et retournent dans leurs cellules, sans être sécurisés.

« Ils peuvent faire des déplacements au centre-ville pour faire des ventes. Nous avons également des détenus qui pratiquent l’élevage. Ils amènent les bêtes paître librement et ils retournent le soir », a indiqué le Directeur général de l’administration pénitentiaire.

De l’élevage pratiqué au CPAB-©Faso7

Au cours de cette visite, les journalistes ont pu voir certains détenus à la tâche dans les champs du CPAB. D’autres aussi y pratiquent l’apiculture et l’élevage de porcs, de poulets, de moutons et de bœufs.

« Le Centre de production agricole de Baporo est un milieu pénitentiaire spécial, du fait que l’ensemble des détenus reçus sont employés à plein temps. Ici, tous les détenus participent à la production. C’est pour dire que le Centre contribue à former les détenus, à les rendre utiles pour la société », a expliqué l’Inspecteur Divisionnaire Sabila Sawadogo.

À l’occasion de la campagne agricole humide 2023, le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, dans sa vision de faire participer les détenus au développement du pays, a ordonné un appui au profit du CPAB, à travers le Bureau des grands projets. Cet accompagnement a permis aux responsables du centre d’agrandir leurs espaces cultivables, de disposer de labours, d’engrais et de semences.

Un prisonnier dans un champ de banane-©Faso7

40 hectares ont été exploités pendant la saison humide, pendant laquelle du maïs et du sorgho ont été produits, entre autres. Une prévision d’exploitation de 30 hectares est au programme pour la campagne sèche. Onze cultures, dont l’aubergine, l’oignon, le maïs et la banane, sont prévues.

« Pour la campagne sèche qu’on vient d’entamer, nous allons encore bénéficier de l’appui en forages équipés et il est prévu l’aménagement de 10 hectares pour permettre au centre de renforcer sa production », a ajouté l’Inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Ilboudo Bertin, Directeur général du CPAB. Il donne rendez-vous en février 2024 pour voir les récoltes de cette campagne.

En termes d’atouts, le CPAB est d’abord proche de la route nationale n°1, ce qui permet à ses responsables d’écouler facilement les produits. Ensuite, il bénéficie de deux sources d’eau, notamment le fleuve Mouhoun et une mare qui est en son sein. De plus, le CPAB est alimenté en eau et en électricité. Enfin, des agents pénitentiaires spécialisés en agriculture et en élevage sont régulièrement affectés dans ce centre.

Un taux d’occupation de 155% dans les établissements pénitentiaires du Burkina Faso

Les responsables de l’administration pénitentiaire ont profité des micros des journalistes pour soumettre au Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Selon le Directeur général de l’administration pénitentiaire, le Burkina Faso dispose de 26 établissements pénitentiaires, dont des maisons d’arrêt et de correction, d’un centre de détention des mineurs en conflit avec la loi et du Centre pénitentiaire agricole de Baporo.

« Actuellement, toutes les prisons du Burkina Faso ont une capacité d’accueil théorique de 5 448 détenus. Nous disposons aujourd’hui de 8 956 détenus. Parmi ces 8 956 détenus, nous avons 5 143 détenus condamnés. Nous sommes aujourd’hui à 155% en taux d’occupation », a-t-il ajouté.

Un prisonnier remercie les journalistes-©Faso7

Il a aussi rappelé au passage que concernant le budget 2020, l’État burkinabè a consacré, pour l’alimentation des détenus, 456 300 000 FCFA.

Avant de quitter le centre, les journalistes ont initié une cotisation au profit des détenus. Ils ont aussi partagé un repas commun avec eux dans une bonne ambiance.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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