Centrale nucléaire au Burkina Faso : Vers la signature d’un mémorandum à Moscou (AIB)

La signature d’un mémorandum d’entente sur la construction d’une centrale nucléaire au Burkina Faso est prévue à Moscou le 13 octobre 2023, rapporte l’Agence d’information du Burkina (AIB).

Cette signature est prévue en marge de la Semaine russe de l’énergie qui se tient du 11 au 13 octobre 2023.

Lire aussi : Le Capitaine Ibrahim Traoré présente ses projets

Pour rappel, en juillet 2023, le président de la transition burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, avait sollicité auprès du président russe Vladmir Poutine, l’accompagnement de la Russie pour la construction d’une centrale nucléaire au « Pays des Hommes intègres ».

Faso7

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2 commentaires

  1. Construire une nouvelle centrale nucléaire au Burkina Faso est une très très mauvaise idée. Voilà pourquoi :
    1. Toutes les centrales nucléaires dans le monde ont été construites à côté de la mer, d’un lac ou d’un grand fleuve et ceci pour une bonne raison : ces centrales nécessitent beaucoup d’eau pour être refroidies. Quelle eau sera utilisée au Burkina pour refroidir une telle centrale ? Prenons un exemple concret : pour un réacteur de 450 MW, il faut évacuer une chaleur de 1 GW, ce qui nécessite 394 litres d’eau par seconde. Oui oui vous avez bien lu « par seconde ». Maintenant si vous pensez avoir toute cette eau au Burkina à vous de voir si vous voulez l’utiliser pour boire, l’agriculture ou la gaspiller dans une centrale nucléaire.
    2. Le nucléaire continuera de rendre dépendant le Burkina d’autres pays pour obtenir l’uranium. Même s’il existe des ressources d’uranium dans le sous-sol burkinabé, il n’y a aucune capacité pour l’enrichir. D’autre part, ouvrir des mines d’uranium engendrerait une très grande pollution pour les populations. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller à Arlit au Niger. Je m’y suis rendue et ce que j’ai vu était vraiment terrible. Ouvrir des mines d’uranium au Burkina serait aussi une très très mauvaise idée !
    3. Quel est le prix à payer ? On constate que le nucléaire est une des énergies les plus cher à construire dans le monde. Les chinois ont accepté de construire une centrale nucléaire en Grande-Bretagne en échange d’un prix fixe du kWh de 15 centimes d’euros pendant plus de 20 ans. Par comparaison, le nouveau par éolien au Sénégal de 46 machines produit un courant à 9 centimes d’euros le kWh. L’argent qui sera engloutit par la construction de cette centrale nucléaire ne pourra pas être utilisé pour développer les énergies renouvelables. Le Burkina prendra beaucoup de retard est repoussera d’autant sont autonomie énergétique. Personne ne pense à nous vendre le soleil ou le vent par contre l’uranium oui.
    4. Comment distribuer toute cette énergie ? Le fait de produire une grande quantité d’énergie à un seul endroit va nécessiter des lignes de transport pour pouvoir la distribuer. Donc soit cette énergie ne profitera qu’à la zone autour de la centrale, j’imagine que cela sera autour de Ouagadougou et donc le reste du pays continuera à rester dans le noir, soit il faudra construire des milliers de pylônes électriques et cela va rendre le prix du kWh hors de prix. Sans parler du simple fait des pertes en ligne car plus on transporte de l’électricité plus on en perd. En Suisse, 15% de l’électricité produite est perdue dans son transport. La solution est le développement de smartgrid, c’est-à-dire des productions d’énergies renouvelables décentralisées où il serait uniquement nécessaire de connecter la zone concernée.
    5. Que faire des déchets nucléaires ? Aujourd’hui déjà, nous sommes dans une situation insoluble en occident. Nous savons que ces déchets hautement toxiques vont nous couter une fortune à gérer à l’avenir. Nous savons déjà que nous avons hypothéquer l’avenir de nos enfants avec ces bombes à retardement. Le Burkina ne doit pas faire la même erreur.
    6. Il ne faut pas négliger la qualité nécessaire à la construction. La France a eu plus de 10 ans de retard dans la construction de son réacteur nucléaire EPR à cause, entre autres, de mal façon. Au Burkina, on sait très bien que le sport national des maçons c’est de diminuer la quantité de ciment dans la fabrication de béton pour se mettre de côté quelques sacs et les revendre. Si une seule personne s’amuse à faire cela sur un tel chantier, les conséquences seront catastrophiques.

    En conclusion, la liberté d’un peuple réside dans sa capacité à pouvoir disposer d’énergie en suffisance et à un prix abordable. Le nucléaire ne résoudra en rien ceci et même pire, il repoussera encore cet objectif car le prix à payer sera énorme et ce projet engloutira les ressources financières de plusieurs générations. Le Burkina mérite mieux que ça !

    Vous avez eu la très bonne idée de construire une usine de fabrication de panneaux solaires à Ouagadougou, continuez sur cette voie, elle est juste. Formez massivement vos jeunes à la pose correct de ces panneaux à travers tout le pays. Développer aussi une branche éolienne. Le pays a des ressources en vent sous-estimée. Une seule éolienne peut produire l’énergie produite par 30’000 m2 de panneaux solaires. Le parc éolien de 46 machines au Sénégal produit 20% de leurs besoins. Avec les nouveaux systèmes de stockage d’énergie qui existent, vous pourrez bientôt disposer d’une énergie 24h/24 même la nuit lorsqu’il n’y a pas de soleil ou lorsqu’il n’y aura pas de vent.

    1. Très bonne et belle analyse. J’espère que nos autorités prendront en compte vos conseils.

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