« Nous ne pouvons pas quitter le Niger » (Gilles Platret, maire français)

Alors que le ministère des Affaires étrangères de France a annoncé à travers un communiqué publié ce 1er août 2023, l’évacuation des ressortissants français au Niger du fait de la situation sociopolitique du pays, Gilles Platret, un maire français, a indiqué lors d’une émission radiophonique que cette évacuation est loin d’annoncer le départ de la France du Niger. Pour cette autorité communale de Chalon-sur-Saône, une commune française, il n’est pas souhaitable pour la France de quitter le pays du fait, entre autres, de ses intérêts économiques, selon Sud Radio.

Même si les autorités françaises ne le disent pas officiellement, quitter le Niger militairement après avoir presque été chassés du Burkina Faso et du Mali, a des enjeux très énormes. Sans langue de bois, le maire Gilles Platret a évoqué ces enjeux du départ du Niger.

« Nous ne pouvons pas quitter le Niger. La France doit rester présente militairement non seulement au Niger et ailleurs en Afrique. Notre retraite nous coûterait très cher à terme. (…) Nous avons besoin de rester très présents sur le continent africain. (…) C’est la seule (base militaire) qui nous reste après avoir été chassés d’autres pays. Notre intérêt premier, c’est de rester sur place le plus longtemps possible (…) parce que, sinon, c’est la dégringolade complète et nous le payerons cher dans l’avenir. Moi je ne veux pas être naïf (…). La France a besoin d’être présente en Afrique, y compris pour ses intérêts économiques (…). C’est pour nous une manière d’assurer (…) une partie de notre indépendance. En l’occurrence, vous avez parlé tout à l’heure de l’uranium et ça nous paraît absolument essentiel », s’est exprimé le maire de Chalon-sur-Saône.

A noter que le maire, élu sous la bannière du parti Les Républicains, a accusé la Russie d’être à la manœuvre au Niger et qu’elle se bat aussi pour ses intérêts économiques en Afrique. « Nous devons être dans la même logique », a-t-il suggéré.

L’entreprise française Orano (ex Areva) présente au Niger depuis 50 ans exploite deux mines d’uranium (Somaîr et Cominak) du pays à travers deux de ses filiales. En 2021, l’entreprise française a pu produire 2186 tonnes d’uranium, à en croire TF1.

Malgré l’insécurité dans le pays, Orano compte y mener un grand projet. En effet, l’entreprise française a mené des études ces derniers mois dans le but d’exploiter le site d’Imouraren, l’un des plus grands gisements d’uranium au monde. Les réserves de ce site sont estimées à environ 200 000 tonnes d’uranium avec une capacité de production annuelle évaluée à 5 000 tonnes, pour une durée de vie de 43 ans, selon l’entreprise française.

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