Burkina Faso : L’activiste Lassané Sawadogo milite pour un « changement » de la Constitution

L’activiste panafricain Lassané Sawadogo a appelé, ce 11 juillet 2023 à Ouagadougou, à un changement de la Constitution burkinabè afin de permettre au pays de retrouver sa souveraineté totale.

L’activiste a donné plusieurs raisons pour lesquelles il estime que la Constitution actuelle ne répond pas aux aspirations profondes du peuple burkinabè et ne reflète pas les réalités du pays. Lassané Sawadogo considère que cette Constitution n’a jamais fait l’objet d’une large concertation populaire et n’a pas été suffisamment expliquée au peuple.

« Ça fait maintenant plus de trente ans que le Burkina dispose d’une Constitution au nom de la démocratie, mais enregistre un retard et un recul de plus 50 ans sur le plan politique, économique, sécuritaire et social », a-t-il affirmé.

Sur le plan politique, l’activiste a souligné que la Constitution du 02 juin 1991 ne fournit pas un fondement politique solide et légitime au peuple burkinabè. Il a critiqué le fait que la rédaction de la Constitution n’a pas été précédée d’une large concertation populaire pour intégrer les avis et les aspirations du peuple.

Lassané Sawadogo a dit également que la Constitution a opté pour un régime présidentiel, ce qui a concentré tous les pouvoirs de décision entre les mains du président élu, sans tenir compte des processus électoraux souvent influencés par des intérêts étrangers.

« La justice classique divise notre société »

Sur le plan judiciaire, Sawadogo a souligné que la justice classique divise davantage la société burkinabè qu’elle ne la réconcilie. Selon lui, les fondements de la justice classique ne répondent pas aux réalités et aux cultures du pays.

« La justice classique divise plus notre société qu’elle ne la réconcilie. Les fondements de la justice classique ne répondent pas à nos réalités et à nos cultures. Riche de ses communautés, le Burkina Faso, selon chaque région, a ses mécanismes endogènes de règlement des conflits qui fonctionnaient, mais rejetés ou non intégrés aujourd’hui par l’actuelle Constitution », a-t-il argumenté.

En ce qui concerne l’économie, l’activiste a laissé entendre que la Constitution de 1991 ne garantit pas la souveraineté économique du Burkina Faso. Il critique notamment les investissements mal négociés en faveur des partenaires étrangers, les codes du travail, minier et d’investissement qui exploitent et exposent les Burkinabè à des revenus inéquitables par rapport aux normes internationales.

« La Politique nationale de sécurité est trop vieille »

Lassané Sawadogo a souligné également l’obsolescence de la Constitution actuelle en matière de sécurité, car elle ne garantit pas la souveraineté sécuritaire du Burkina Faso. Selon lui, la Politique nationale de sécurité est obsolète, ne prend pas en compte les enjeux géopolitiques et géostratégiques actuels, et ne propose pas de nouvelles stratégies pour contrer les nouvelles formes de menaces.

Enfin, l’activiste a critiqué les insuffisances de la Constitution en matière d’éducation. Lassané Sawadogo affirme que le système éducatif imposé ne tient pas compte des valeurs culturelles burkinabè, que la langue française est obligatoire à l’école au détriment des langues nationales, et que le pouvoir parental et d’éducateur est désacralisé au profit des droits des enfants.

En conclusion, Lassané Sawadogo propose que les autorités de la Transition actuelle modifient la Constitution du 02 juin 1991 pour une nouvelle Constitution qui refléterait les réalités et les aspirations du Burkina Faso. Il encourage les autorités à prendre en compte les fondements de la Constitution actuelle, les insuffisances constatées, ainsi que les nouvelles formes de menaces et les enjeux géopolitiques d’aujourd’hui.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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