Burkina Faso : Ces élèves déplacés internes résilients à Ouahigouya 

Confrontées à l’insécurité depuis 8 ans, plusieurs familles burkinabè continuent à quitter leurs localités d’origine pour trouver refuge, le plus souvent, dans les centres urbains. Si les adultes souffrent de ces déplacements involontaires, les autres victimes silencieuses, sont les enfants. Parmi les milliers d’enfants déplacés internes dénombrés par le CONASUR (Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation), certains, des élèves, font preuve de résilience en réussissant à avoir de très bons résultats scolaires. Malgré tout ce qu’ils ont vécu. C’est le cas de Sayouba, Aïcha et Yassia rencontrés à Ouahigouya lors d’une visite d’une équipe de Faso7 le 13 juin 2023.

Ayant quitté leurs localités d’origine du fait des attaques terroristes, Sayouba, Aïcha et Yassia se sont retrouvés à Ouahigouya, chef-lieu de la région du Nord. En plus des difficultés liées au logement et à la nourriture, ils devaient désormais faire face à une autre difficulté majeure : trouver une école pour poursuivre leurs scolarités.

C’est à El Nour de Titao que Sayouba, 13 ans, a déposé ses bagages. Vivant avec sa maman dans un quartier non-loti de Ouahigouya après leur départ en 2022 de Silmagué, dans la région du Nord, il a pu poursuivre son cursus scolaire grâce à la bienveillance de son oncle qui est un enseignant.

Ne pas les  oublier

Elève en classe de CM2, Sayouba est certain d’être admis à son Certificat d’études primaires (CEP). Cette certitude, Boukary Zoromé, l’enseignant de l’enfant, la partage également.

Il explique que pour que son élève arrive à présenter des résultats scolaires satisfaisants, il a fallu que ce dernier fasse preuve de résilience. « Il fait preuve de résilience. De la manière qu’il se comporte, sa manière de se divertir et de travailler, vu de loin, on peut penser qu’il n’est pas déplacé (interne) », commente-t-il.

Deuxième de sa classe, Sayouba a comme meilleur ami, le premier de la classe, Yassia, 13 ans,. Également déplacé interne, celui-ci rêve de réussir à son examen afin de venir en aide à ses parents.

Sur le site de Tamsin au secteur 10 de la ville de Ouahigouya, une école est exclusivement réservée aux élèves déplaces internes. Plus de 200  élèves squattent la classe de CP1, selon l’enseignant Assimi Ouédraogo. Des enfants décidés à avancer.

« Je veux devenir une sage-femme »

C’est le cas d’Aïcha, 15 ans élève en classe de CM2. Elle est deuxième au classement général et première des filles de sa classe. Pour cette jeune élève déplacée interne, la vie n’est pas totalement rose. Mais elle garde espoir de réaliser son rêve, celui d’être infirmière. « Demain, je veux devenir une sage-femme pour faire accoucher les femmes », confie la jeune fille.

Si ces enfants arrivent à poursuivre leurs cursus scolaires, c’est en partie grâce à l’appui de certains partenaires de l’Etat burkinabè, tels que Save the Children. L’ONG apporte un accompagnement logistique aux élèves en leur donnant des fournitures scolaires. Save the Children renforce également les capacités des enseignants qui assurent l’encadrement des élèves déplacés internes.

Pour l’enseignant de Sayouba, Boukary Zoromé, sans ces ONG, il serait presqu’impossible pour certains élèves de poursuivre leurs cursus scolaires après avoir quitté leurs localités d’origine.

Malgré tout, le défi pour la prise en charge des enfants victimes du conflit qui sévit au Burkina Faso depuis 8 ans est encore énorme. Ce n’est pas Aicha Zoromé qui dira le contraire.

« Ici, pour avoir à manger même, c’est difficile. Je veux que l’Etat nous donne des cahiers et des vivres pour que nous continuons l’école », exhorte la jeune fille de 15 ans.

Pour le chef de base de Save the Children à Ouahigouya, Sondo Stéphane, malgré les conditions difficiles dans lesquelles vivent Sayouba, Aïcha, Yassia et les autres élèves déplacés internes, l’espoir d’un lendemain meilleur pour eux, est toujours possible. « Il n’y a rien qui est perdu. Ces enfants ont encore tout le potentiel, ils ont encore tout ce qu’il faut pour pouvoir réussir et réaliser leurs rêves. Ce qu’il nous faut, c’est de ne pas les oublier dans cette crise », a-t-il déclaré.

En rappel, dans le dernier recensement des Personnes déplacées internes fait par le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR), 2 062 534 Personnes déplacées internes (PDI) ont été dénombrées. De ce nombre, les enfants représentent 58,50%.

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