Burkina Faso : Le gouvernement appelle à l’engagement des acteurs des médias dans la reconquête du territoire

Une délégation gouvernementale composée, entre autres, du ministre en charge de la défense, du ministre en charge de la communication et du ministre d’État chargé de la Fonction publique a échangé avec des acteurs des médias publics et privés burkinabè ce jeudi 4 avril 2023. Il était essentiellement question d’échanger autour de la question sécuritaire, notamment la situation réelle du pays et les actions engagées dans le cadre de la reconquête de l’intégrité du territoire national.

Dès l’entame, une minute de silence est observée à la mémoire des victimes du terrorisme au Burkina Faso. Deux présentations ont ensuite été présentées sur la situation sécuritaire et humanitaire au Burkina Faso. On retient de ces communications que des efforts sont faits par les autorités du Burkina Faso pour vaincre le terrorisme tout en mettant un point d’honneur sur le respect des droits de l’homme.

L’objectif de cette rencontre voulue par le gouvernement est de susciter l’engagement des acteurs des médias dans la dynamique engagée, à savoir la reconquête de l’intégrité territoriale du Burkina Faso, selon le ministre en charge de la défense, le Colonel-major Kassoum Coulibaly.

Pour le Colonel-major Kassoum Coulibaly, la nécessité pour les Burkinabè de s’engager s’impose dans la mesure où le pays est victime « d’une coalition internationale » du fait de certaines décisions prises par les autorités de la Transition.

« Les attentes, c’est vraiment l’engagement de tous pour cette lutte-là. De l’extérieur, on n’est pas très aidé. On doit en être conscient. On a commandé des aéronefs. Pour l’arme et la caméra, des grands pays ont bloqué la licence », a informé le ministre de la défense.

Lire ➡️ « Il y a une coalition internationale contre le Burkina Faso » (Colonel-major Kassoum Coulibaly

A en croire le Colonel-major Kassoum Coulibaly, des bâtons ne sont pas mis dans les roues du Burkina Faso sur le plan de l’acquisition du matériel militaire seulement. Selon lui, certains pays, contre toute entente, ont interrompu leurs collaborations avec le Burkina Faso dans le cadre même de la formation militaire alors que le Burkina Faso n’avait aucun problème avec les pays en question.

Le ministre en charge de la communication, Jean Emmanuel Ouédraogo, prenant la parole, a rappelé la nécessité de prendre du recul afin de mieux appréhender cette guerre qui a été imposée au Burkina Faso depuis huit ans.

« Une attaque se produit dans une zone sans aucune couverture réseau. Très tôt le matin, vous vous réveillez, vous voyez déjà des gens qui ont un certain nombre d’informations, qui avancent des chiffres au moment même où, que ce soit au niveau des forces armées, que ce soit au niveau du gouvernement (…) tout le monde cherche à comprendre ce qui s’est passé. 

Mais il y a certains activistes qui ont déjà des informations et qui avancent même des chiffres. (…) 

C’est pour dire que rien n’est au hasard dans ce qui se passe. Les groupes armés terroristes ont également des chargés de communication. Ils ont également certainement des relais. (…) Pour dire qu’il y a, à un certain moment, nécessité de prendre du recul, d’analyser pour comprendre tout ce qui se joue »

Jean Emmanuel Ouédraogo, ministre de la communication

Également présent à cette rencontre, le ministre d’Etat, Bassolma Bazié, qui dit s’être enrôlé comme VDP (Volontaire pour la Défense de la patrie, ndlr) avant d’être nommé ministre, tout en saluant le professionnalisme des journalistes burkinabè, a aussi invité ces derniers à toujours tenir compte du contexte actuel du pays.

« Un peuple aguerri doit être prêt parce que les lendemains peuvent être difficiles. (…) Pendant une période de guerre, le stylo que je tiens pour écrire, ce n’est pas un simple stylo. C’est une arme. Maintenant, en écrivant, j’écris contre ou pour qui ? » , a interrogé Bassolma Bazié.

Se prononçant sur le drame de Karma, les autorités burkinabè ont donné l’assurance que la justice met tout en œuvre pour que la vérité soit connue. « Soyez rassurés, aucun militaire burkinabè ne va aller tirer sur des civils sans raison », a conclu le ministre de la défense, le Colonel-major Kassoum Coulibaly.

Amadou ZEBA

Faso7

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