Malnutrition au Burkina Faso : De la nécessité de consommer des aliments fortifiés

Dans le cadre de la Stratégie de fortification alimentaire à grande échelle en Afrique de l’Ouest, l’Alliance Nationale pour la Fortification (ANF), organise avec l’appui de Catholic Relief Services (CRS), une formation de trois jours au profit des membres du Club des journalistes et communicateurs en nutrition et sécurité alimentaire (CJCN-SA) et ceux de la Ligue des consommateurs du Burkina Faso (LCB). La formation a débuté ce 21 mars 2023 à Bobo-Dioulasso.

À l’entame de la rencontre le Dr Abdoulaye Gueye, représentant l’ANF a expliqué que depuis sa création en 2012, son organisation de tutelle œuvre à la fortification des aliments de grande consommation tels que la farine de blé enrichie en acide folique, l’huile raffinée enrichie en vitamine A et en acide folique ainsi que le sel enrichi en iode.

Il a ajouté que ces aliments contribuent à la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes et plus particulièrement, la malnutrition due aux carences en micronutriments.

Dans la salle de formation, ©Faso7

« La malnutrition au Burkina Faso, sous toutes ses formes, constitue un problème de santé publique. Il existe plusieurs formes de malnutrition. Il y a la malnutrition par défaut qui se caractérise par une déperdition du poids. Il y a la malnutrition par excès qui va se traduire par le surpoids et l’obésité. Il y a la malnutrition à carence qui est une forme de malnutrition silencieuse qui tue à petit feu. Comme cela ne suffisait pas, on est dans un environnement aujourd’hui où on a la conjugaison de ces différentes formes de malnutrition », a-t-il expliqué.

De ce qui précède, le Dr Abdoulaye Gueye a déploré que les aliments bénéficient de textes réglementaires et normatifs liés au passage à l’échelle de leur enrichissement, mais qui ont du mal à être appliqués sur le terrain. Il a indiqué que cela s’illustre entre autres par leur non-application par certains producteurs, importateurs et fournisseurs de produits alimentaires au Burkina Faso.

Le présidium, ©Faso7

D’après les explications du représentant de l’ANF, certains commerçants au Burkina Faso, vendent du sel avec une faible teneur en iode ou de l’huile pauvre en nutriment ; tout cela avec l’utilisation de la publicité mensongère.

Il en a conclu que cela favorise la malnutrition, puisque les populations consomment des produits de peu de qualité par ignorance. « Des efforts sont en train d’être faits pour que des mesures draconiennes soient prises pour sanctionner les contrevenants », a dit le Dr Abdoulaye Gueye.

Le représentant de l’ANF a aussi pointé du doigt le fait que les populations dans leurs habitudes alimentaires dépouillent les produits de leurs qualités nutritionnelles avant de les consommer, comme les aliments trop bouillies.

« Nous avons le pouvoir d’informer et d’éduquer le public »

À la suite du Dr Abdoulaye Gueye, Mawuli Sablah, conseiller technique régional/Santé et nutrition pour le CRS a évoqué certaines conséquences de la malnutrition telles que le nanisme des nouveau-nés à cause du manque à l’acide folique, l’anémie chez les femmes en âge de procréer à cause de la carence en fer et en acide folique, la cécité infantile due principalement à la carence en vitamine A, le goitre qui est causé par le manque d’iode dans le sel. « Les journalistes et l’association des consommateurs, vous avez un grand rôle à jouer pour efficacement sensibiliser la population pour efficacement lutter contre la carence en micronutriments », a-t-il conclu.

Les médias ont été appelés à jouer leur partition ©Faso7

C’est Raphaël Kafando, Directeur général de la communication et des médias, qui a présidé le lancement de la formation au nom de son ministre, Jean-Emmanuel Ouédraogo.

Le représentant a commencé par faire comprendre que la Stratégie de fortification alimentaire à grande échelle a été adoptée par l’État burkinabè en renfort aux autres stratégies de lutte contre les carences en micronutriments.

Elle est l’une des interventions de santé publique les plus rentables pour réduire le risque de carence en micronutriments, selon l’orateur.

Le représentant du ministre en charge de la Communication, Raphaël Kafando ©Faso7

« Depuis 1996, d’importants efforts sont consentis par le Gouvernement burkinabè et ses partenaires techniques et financiers pour faire progresser la fortification des aliments à grande consommation. (…) Cependant, malgré les efforts initiés par le ministère en charge de la Santé avec l’appui des partenaires techniques et financiers, les informations collectées (…) montrent un niveau de couverture faible en aliments fortifiés », a-t-il dit en plus.

De ce qui précède, il a rappelé aux bénéficiaires de la formation, le rôle qui leur revient de sensibiliser et éduquer les populations au sujet de la fortification alimentaire afin qu’elles se démarquent des produits alimentaires non fortifiés. Il les a aussi exhortés à venir en appui aux organisations de protection des Droits des consommateurs pour une meilleure efficacité de leurs actions. « Nous avons le pouvoir d’informer et d’éduquer le public sur les avantages des aliments enrichis, quels aliments sont fortifiés et comment les incorporer dans son régime alimentaire », a-t-il déclaré.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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