Burkina Faso : Il gagne environ 2 millions F CFA par mois en élevant des mouches

Miguel Diendéré est un entrepreneur et ingénieur zootechnique. Promoteur de la Ferme Dunord, il est spécialisé dans l’élevage et la production de compléments bio organiques à base de larves de mouches soldats noires pour aliments pour animaux. Il a accordé une interview à Faso7 le jeudi 8 décembre 2022, une entrevue dans laquelle Miguel Diendéré donne plus d’explications concernant son activité.  

Faso7 : Pouvez-vous nous parler de votre entreprise ?

Miguel Diendéré (M.D) : Mon entreprise, c’est Ferme Dunord. Ferme Dunord parce qu’en 2018, quand je suis rentré de la France, j’étais à Ouahigouya, au nord. Du coup, j’ai nommé la ferme, Ferme Dunord. A cause du contexte sécuritaire, je suis rentré à Ouagadougou le 4 mars 2022. Concernant l’entreprise, nous faisons de la bioconversion. Il s’agit de recycler tout ce qui est déchet organique pour en faire un élevage de mouches soldat noire pour cueillir une nouvelle protéine à base des larves de ces mouches pour remplacer le soja et le poisson dans la composition d’aliments.

Cela permet à l’éleveur de gagner en temps. Au lieu de faire trois à quatre mois d’élevage, il fera deux mois d’élevage. Aussi, il gagne en coût parce qu’un éleveur qui élève 1 000 poulets par exemple a besoin d’environ soixante-dix sacs d’aliments. Avec la formule que nous proposons aux éleveurs, par exemple, l’éleveur à droit à trente-cinq sacs et il fait deux mois d’élevage au lieu de faire trois à quatre mois d’élevage. Il gagne réellement en temps, il est productif et il est rentable en ce moment.

Faso7.com : Depuis combien de temps évoluez-vous dans la bioconversion ?

M.D : J’évolue dans la bioconversion depuis 2018. C’est quand j’étais en France que j’ai découvert ce qu’on appelle la bioconversion. Quand je suis rentré au Burkina Faso, j’ai voulu immédiatement mettre ça en pratique.

Vidéo – Miguel Diendéré ou la passion de l’élévage des mouches

Faso7 : En moyenne, combien cela peut vous rapporter par mois ou par an ?

M.D : En moyenne, il faut savoir que je produis environ six à sept tonnes de larves par mois, quand je suis en production intensive. Du coup, on peut dire que ça me fait un chiffre d’affaires d’environ 2 000 000 F CFA par mois. Ce qui est intéressant, comme je l’ai dit, c’est en recyclant les déchets organiques, ce qui me revient à rien du tout parce que je gagne ça gratuitement. On peut l’estimer pratiquement comme un bénéfice.

Faso7 : Avez-vous des partenaires qui vous accompagnent ?

M.D : Je n’ai pas de partenaires. Mais grâce à un concours que j’ai fait récemment, Pépites d’entreprises, je n’ai pas mal de partenaires qui m’ont approchés. Ils sont très intéressés pour mettre leur argent. On va essayer de discuter et voir les possibilités pour que nous soyons tous gagnants. Sinon, pour l’instant, je suis seul, mais j’ai des collaborateurs.

Il y a une chimiste qui se trouve en France. C’est elle qui s’occupe des aspects étude au laboratoire pour qu’on ait un produit de qualité pour proposer aux éleveurs. Il faut qu’on sache réellement ce qu’on propose aux éleveurs. Donc, elle s’occupe de ce volet. Il y a un autre qui est spécialiste en nutrition animale qui est actuellement en Côte d’Ivoire et qui doit rentrer bientôt. C’est avec cette personne qu’on essaie de concocter ce mélange pour pouvoir satisfaire les éleveurs.

« Cette mouche soldat noire, pour moi, elle représente l’avenir »

Faso7 : Menez-vous une autre activité à part celle-là ?

M.D : A part celle-là, je mène d’autres activités, mais qui ont toujours un rapport avec ce que je fais. Il faut savoir qu’avant tout ça, je suis technicien de formation. Du coup, je gère des fermes. Conseiller technique, je fais aussi des formations dans ces domaines comme l’élevage de poulet, de poisson et porcin. Pour le moment, je gère une ferme associative franco-burkinabè qui est à Koubri et je suis aussi le responsable de production.

Faso7 : Quelles sont vos projets à court et à long terme ?

M.D : Mes ambitions à court terme, c’est d’abord de passer à 2 000 000 de mouches soldats noires pour produire chaque mois 30 tonnes de larves de ces mouches, pour fabriquer environ 444 444 sacs d’aliments pour les éleveurs au Burkina Faso, et ce, pour leur permettre d’être vraiment rentables sur la production.

Sur de long terme, c’est de toujours m’intéresser à cette mouche soldat noir qui est assez particulière pour moi. Pour moi, elle représente l’avenir. C’est de pouvoir extraire de cette mouche, une protéine qu’on appelle la chitine pour pouvoir faire des plastiques biodégradables. Et aussi de pouvoir extraire la graisse de ces larves qu’elles contiennent (20% et même 30%), et par estérification, on peut faire du biocarburant.

C’est pour dire que faire de l’aliment à base de larves de mouches soldats noires n’est que le début du processus de l’entreprise. Nous voulons, sur le long terme faire, des plastiques biodégradables à partir des cadavres des mouches soldats noires, mais aussi de faire du biocarburant à partir des graisses de ces larves de mouches soldats noires. Comme Antoine Lavoisier l’a dit « Rien ne se perd, tout se transforme ».

Vidéo – Les difficultés rencontrées par Miguel Diendéré

Bernadette KAMBIRE (Stagiaire)

Faso7

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Un commentaire

  1. Vraiment très très super intéressant moi je suis un technicien en fin de formation j’aimerais prendre attaches avec cette entreprise s’il possibilité je suis à la recherche d’un stage de perfectionnement

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