Burkina Faso : « Le Front patriotique ne se bat pas pour la chose » (Germain Bitiou Nama)

Les membres du Front Patriotique ont procédé à la signature de leur charte ce jeudi 4 août 2022. Né dans le but de lutter pour un Burkina nouveau, le front est une coalition de 33 entités socio-politiques. Cette cérémonie a été une occasion pour Germain Bitiou Nama de se prononcer sur l’avènement du MPSR au pouvoir.

Afin d’unir leurs forces pour un Burkina nouveau, 33 entités dont le mouvement le Balai Citoyen, le Mouvement SENS, l’UNIR/MPS avec à sa tête Me Benewendé Sankara, se sont regroupés pour créer le Front Patriotique. Les membres du nouveau mouvement ont procédé à la signature de la charte qui régit le front. Cette coalition de partis, mouvements politiques, organisations de la société civile, centres et groupes d’analyses et de réflexions compte lutter pour redonner un autre visage au « Pays des Hommes intègres ».

Pour le coordonnateur du mouvement, Germain Bitiou Nama, la naissance de ce front a pour finalité de faire face à la « déliquescence de l’État, l’impuissance face au terrorisme, la régression des libertés et le déni de justice ». C’est alors une réponse que lui et ses camarades entendent apporter au MPSR et à son président, Sandaogo Damiba.

« Le Front patriotique ne se bat pas pour la chose. Il se dresse contre tous ceux et toutes celles qui veulent faire de la patrie leur chose, qui se battent pour faire des ressources de l’État, leur chose, qui, dans une insouciance qui frise la bêtise, livre un spectacle de tragi-comédie où la république est présentée comme un trophée conquis dans une guerre de rapine », a-t-il martelé.

Germain Bitiou Nama a également appelé à une refondation de la nation selon une seule formule reposée sur trois piliers. Il s’agit d’un contrat moral avec le peuple, un nouveau contrat social stable et un pacte républicain de défense et de sécurité. Pour lui, la démarche adoptée par le MPSR est une gymnastique qui a pour « but d’obtenir la réhabilitation de complices civils et militaires en conflits avec la justice ».

« Les justiciers du 24 janvier 2022 ne sont pas venus pour faire la guerre au terrorisme. Pendant qu’ils envoient de jeunes soldats inexpérimentés au casse-pipe, nos bourgeois en treillis placent leurs amis militaires et civils à des postes financièrement ou administrativement stratégiques. Peu importe leur connaissance, leur expérience ou leur moralité », a lancé le coordonnateur du Front patriotique.

Les principales missions du front sont alors, la préservation des acquis démocratiques, l’édification d’un État de droit garantissant la paix, la justice et la sécurité pour tous les Burkinabè. Pour Athanase Ilboudo, membre du Front patriotique, la quête de la paix doit être l’affaire de tous les Burkinabè sans exception. Il appelle alors à « œuvrer sans délai pour une transition politique légitime et souveraine ».

Ainsi signée, la charte est désormais l’identité collective du Front Patriotique selon les propos de Germain Bitiou Nama, qui a également décrit la charte en question comme étant, l’expression d’un cri de ralliement.

Pour lui, la naissance du front est le fruit d’un processus. « C’est au moment où nous étions désorganisés que le coup d’État a eu lieu. Donc on s’est organisé pour tirer des leçons et mettre notre mouvement en place pour que plus jamais nos organisations ne baissent la vigilance par rapport à la question de la gouvernance dans notre pays », a-t-il dit.

Faso7

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