Demande de pardon de Blaise Compaoré : «Il connait bien où se trouve la famille» Sankara (Blandine Sankara)

Ce mardi 26 juillet 2022, dans une lettre attribuée à Blaise Compaoré et lue par Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement, l’ancien président a demandé pardon au peuple burkinabè notamment à la famille de son « frère et ami » Thomas Sankara. Faso7 a contacté à chaud, Blandine Sankara, sœur de Thomas Sankara et Me Prosper Farama, avocat de la famille Sankara. Ils ont livré leurs impressions.  

Blandine Sankara, sœur de Thomas Sankara, s’est d’abord interrogée sur le destinataire de la lettre. « Je ne sais pas si ça s’adresse à la famille. Personne d’entre nous n’est informé », a-t-elle déclaré au micro de Faso7, quelques minutes après la lecture de la lettre de Blaise Compaoré.

« Est-ce une manière de demander pardon ? On est tous surpris (…) Il (Blaise Compaoré, ndlr) connait bien où se trouve la famille. Il connait bien comment contacter la famille. C’est sa famille à lui, même s’il pense aujourd’hui que ce n’est plus le cas. On l’apprend comme tout Burkinabè. Ça veut dire que d’autres même l’ont eue avant nous. Est-ce que ça s’adresse aux personnes concernées ? », s’est interrogée Blandine Sankara.

Selon la sœur de Thomas Sankara contactée par Faso7, lors de son séjour au Burkina Faso à la faveur de la rencontre entre Sandaogo Damiba et les anciens chefs d’Etat, l’ancien Président exilé en Côte d’ivoire depuis 2014 aurait pu prendre la parole pour faire sa demande de pardon.

« Il était là personnellement. On aurait pu l’entendre après ce long séjour à l’extérieur. On le l’a pas entendu. Maintenant, ce sont d’autres personnes qui prononcent son mot ou bien il est incapable de lire un texte ? », a questionné Blandine Sankara qui estime qu’une autre démarche devait être adoptée par Blaise Compaoré, condamné à perpétuité dans le dossier Thomas Sankara.

Lire ➡️ Blaise Compaoré : « Je demande pardon au peuple burkinabè »

« C’était un frère. C’était un fils d’une famille. Donc, quand on s’adresse à sa famille, à des gens avec lesquels on a été très proche, je ne pense pas que c’est de cette manière. Ce n’est pas pour être rancunier, mais nous disons que la manière, c’est une insulte encore. Une fois de plus, c’est une insulte. Qu’on ne nous mette pas en porte-à-faux avec le peuple burkinabè. C’est pour dire au peuple burkinabè ‘’on fait le pas mais de l’autre côté, on est réticent’’.  Ce n’est pas le cas. Que chacun se mette à la place de ces familles », a déclaré la sœur de Thomas Sankara.

Mais pour Me Prosper Farama, avocat de la famille de Thomas Sankara, « c’est déjà bien » de demander pardon au peuple burkinabè. « Après moult tracasseries, confrontations, défiances, que finalement par opportunisme, il (Blaise Compaoré, ndlr) demande pardon, c’est déjà bien », a fait savoir l’avocat qui précise que « même si c’est sous la contrainte qu’il demande pardon, c’est déjà bien de s’être rendu compte que ça ne sert à rien de faire de la défiance parce qu’il ne pourra pas gagner contre le peuple burkinabè ».

Mais en tant qu’homme de droit, selon l’avocat, « ça ne change pas grand chose à la situation juridique et judiciaire du dossier ». Pour Me Farama, la demande de pardon n’épargne pas de l’exécution d’une peine pour tout Burkinabè.

« Chacun doit demander pardon pour les fautes qu’il a commises et être prêt à assumer la responsabilité et les conséquences des actes qu’il a posés. Et de ces conséquences, c’est l’exécution d’une décision de justice. C’est tout ! Sinon ça voudrait simplement dire que tout ceux qui sont à la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, ndlr) et qui ont commis des crimes à l’égard d’autres Burkinabè, il leur suffit de demander pardon et que si c’est pardonné, ils sortent de prison », a conclu l’avocat.

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3 commentaires

    1. Il doit d’abord respecter la justice de son,EX pays,en se constituant prisonnier,afin de purger sa condamnation. il s’est refugie’ en Cote d’Ivoire et pris la nationalite’ du servile de la France;Ouatara le corrompu.

  1. Quel feuilleton brésilien ?
    On connaît la suite mais on perd le temps à suivre malgré tout…

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