Dramane Kawolobou : « On ne sait plus si le Burkinabè a une identité »

L’Association Burkinabè pour l’Émergence de l’Économie de la Culture (ABEEC) a tenu une conférence de presse ce mardi 19 juillet 2022 à Ouagadougou. Il s’est agi pour les membres de l’association de lancer les activités du projet Dî-jori-diin. Ledit projet vise à conduire à un retour sur les valeurs morales et culturelles de référence du Burkina Faso.

Alors que le « pays des Hommes intègres » fait face à des crises qui secouent le vivre-ensemble longtemps prôné comme une valeur cardinale, l’Association Burkinabè pour l’Émergence de l’Économie de la Culture (ABEEC) entend militer pour un retour aux valeurs morales et culturelles. Selon le président de l’association, Dramane Kawolobou, « c’est parce que les parents et la société ont démissionné que le Burkina Faso se retrouve dans cette situation où le banditisme et l’insécurité sont grandissants ».

Et pour y arriver, avec ses camarades de l’ABEEC, ils ont mis sur pied un projet dénommé Dî-jori-diin. L’objectif visé est de contribuer à la promotion des valeurs morales et culturelles de référence pour favoriser la cohésion sociale, la sécurité, la paix et le développement du Burkina Faso. Selon les propos de Carole Sandwidi, membre de l’association, la démarche adoptée est d’organiser 6 panels destinés aux jeunes afin de les sensibiliser.

« A l’issue des panels, suivra la signature d’engagement à vivre ensemble dans la cohésion, la paix et dans le respect des règles de la société (…) nous ferons également une collecte de dons au profit des personnes déplacées internes (…) L’ABEEC va lancer un projet pour l’élaboration d’un répertoire des valeurs morales et culturelles de référence du Burkina Faso », a-t-elle dit.

De nos jours et sous nos yeux des jeunes qui menacent des vielles personnes, des détournements des deniers publics (…) L’individualisme a pris le dessus sur tous. Des Burkinabè qui tuent d’autres Burkinbè pour de l’argent. La vie humaine n’est plus sacrée. Le Burkinabè mange en ignorant son frère dans la faim.

Des groupuscules d’individus cassent et mettent en fumée le bien collectif. Certains intellectuels qui se sentent fiers d’être seuls dans leurs domaines, la promotion des cultures et valeurs étrangères au détriment des nôtres.

Carole Sandwidi

D’un coût d’environ 11 millions de Francs CFA, le projet touche 6 régions qui sont la Région du Centre-Sud, le Centre-Est, le Centre-Ouest, le Nord, les Hauts-Bassins et la Région du Centre. Le lancement officiel interviendra le 2 août 2022 à Ouahigouya et couvrira la période du 1er août au 30 septembre 2022.

Et pour arriver à atteindre ses objectifs, l’association sollicite l’accompagnement de tous les Burkinabè. « Nous lançons officiellement un appel à contribution financière pour soutenir notre association pour la réalisation des panels de sensibilisation et d’éducation des populations », a lancé Carole Sandwidi.

Le président de l’ABEEC a par ailleurs laissé entendre que la perte des valeurs morales et culturelles conduit à des conséquences désastreuses pour la cohésion sociale. « Le Burkinabè s’est lancé dans une quête de richesse sans limite et sans valeurs (…) on ne sait plus si le Burkinabè a une identité. Il n’en a même plus », a-t-il martelé.

Créée en 2019, l’Association Burkinabè pour l’Émergence de l’Économie de la Culture (ABEEC) entend militer pour que les Burkinabè se départissent des courses et des combats basés sur la quête de l’argent.

Faso7

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Un commentaire

  1. Cette remarque est pertinente. Le tissu social est déstructuré et par conséquent on assiste à un essor grandissant de l’individualisme.

    Quelles sont les causes???

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