Journée mondiale contre l’hémophilie : L’AHBF sensibilise les Agents de santé à base communautaire à Kombissiri

La journée mondiale contre l’hémophilie a été célébrée en différé ce mercredi 20 avril 2022 à Kombissiri, dans la province du Bazega, Région du Centre-Sud, par l’Association des hémophiles du Burkina Faso (AHBF). Cette célébration a consisté à l’organisation d’une session de formation au profit des Agents de santé à base communautaire (ASBC), autour du thème : « Accès pour tous : Partenaire. Politique. Progrès. Associer notre gouvernement, faire des troubles héréditaires de la coagulation, une de notre politique nationale »

L’hémophilie est un trouble de saignement. Les personnes qui en souffrent, saignent plus longtemps parce que leur sang ne contient pas assez de facteur de coagulation.

En plus des ASBC, d’autres personnes ont pris part à la session de sensibilisation © Faso7

Au Burkina Faso, sur plus de 2400 potentiels hémophiles, il n’y a que 130 qui ont pu bénéficier d’un dépistage, selon Aristide Zongo, le président de l’AHBF. Cela est dû, à l’en croire, non seulement à la méconnaissance de la maladie, mais aussi à la jeunesse de leur association, qui a été créée seulement en 2015. « En plus de la jeunesse de l’association, la maladie est très très méconnue. Même du côté des professionnels, la maladie est méconnue, à plus forte raison au niveau des populations », a-t-il fait savoir.

« C’est une maladie qui est difficilement gérable » (Aristide Zongo) © Faso7

L’association qui s’est donnée comme mission de réunir tous les hémophiles en « une famille » ne veut pas laisser les ASBC en dehors de sa lutte, d’où l’idée de la formation du jour. Pour le premier responsable de l’AHBF, les ASBC jouent un rôle stratégique non seulement dans la détection des malades, mais aussi dans leur prise en charge. « Nous comptons sur les ASBC qui sont les agents qui sont en contact direct avec la population jusqu’au niveau village, pour nous aider à grandir », a-t-il poursuivi.

Le rôle prépondérant des ASBC

La méconnaissance de la maladie n’est pas le seul problème auquel font face les personnes qui en souffrent. Le coût de la prise en charge dont elle nécessite, est très élevé, a fait savoir le président de l’AHBF. Selon lui, il est difficile pour un hémophile de se prendre en charge sans l’accompagnement des partenaires. « C’est une maladie qui est difficilement gérable. Depuis 2016, nous faisons partie de l’association mondiale. C’est grâce à cette fédération que nous bénéficions des facteurs qui manquent aux homophiles. Quand les homophiles se blessent, ce sont ces facteurs là qu’il faut mettre à l’hémophile pour qu’il puisse guérir », a expliqué Aristide Zongo.

« Un Burkinabè qu’il soit nanti comment, c’est difficile de prendre en charge l’hémophilie soit même » (Aristide Zongo) © Faso7

Tout en saluant l’accompagnement du gouvernement qui a permis à l’association d’avoir un « pied-à-terre » au niveau de l’hôpital pédiatrique Charles de Gaulle, Aristide Zongo a demandé plus d’engagement de la part des autorités. « Le gouvernement est conscient de l’ampleur de l’hémophilie voila pourquoi il nous accompagne. Mais nous attendons mieux encore. Les facteurs dont nous bénéficions pour le traitement de nos malades sont un don de l’association mondiale. Nous craignons que quand ce partenariat là va finir, qu’il n’y ait pas de relai. Alors que, un Burkinabè qu’il soit nanti comment, c’est difficile de prendre en charge l’hémophilie soit même », a-t-il lancé.

L’Etat invité à faire plus

Constant Ouédraogo, est atteint de l’hémophilie. Selon lui, c’est grâce à l’association qu’il a pu être diagnostiqué en 2015. Tout comme le président de l’AHBF, Constant Ouédraogo espère des autorités burkinabè, plus d’accompagnements au profit des personnes atteintes de l’hémophilie. Il souhaite concrètement, la subvention de certains produits afin que les malades puissent y avoir accès lorsque les aides extérieures feront défaut.

« Les ASBC, leur présence ici est très capitale pour nous » (Dr Didier Dipama) © Faso7

Présent à cette session de sensibilisation, le Directeur régional en charge de la santé de la Région du Centre-Sud, le Dr Didier Dipama, a tenu à saluer l’initiative de l’AHBF. Selon lui, il n’y a que 5 cas d’hémophilie déclarés dans la Région du Centre-sud. Par ailleurs, il espère que la sensibilisation des ASBC permettra de diagnostiquer plus de personnes. « Les ASBC, leur présence ici est très capitale pour nous. La maladie est très peu connue et les ASBC seront une source pour qu’ils puissent connaitre la maladie et à leur tour seront une porte d’entrée pour un dépistage. S’il y a des cas qui font penser à l’hémophilie, les agents de santé à base communautaire vont les notifier et les référer aux agents de santé qui sont compétents dans la matière pour les diagnostiquer »

Il faut noter que la date réelle dédiée à la journée mondiale de l’hémophilie est le 17 avril de chaque année.

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