Médias : La question sécuritaire au centre de la célébration des 20 ans du RIJ

Le Réseau d’Initiative de Journalistes (RIJ) a soufflé sa vingtième bougie ce samedi 19 mars 2022 à Ouagadougou. Pour célébrer l’évènement un panel sur l’activité journaliste en temps d’insécurité a été organisé à Ouagadougou. Des éléments des forces de défense et de sécurité ont été invités à se prononcer sur le sujet. Parmi eux, il y avait le Chef d’escadron Hervé Yé, Commandant du groupement départemental de Gendarmerie de Koudougou.

Les forces de défense et de sécurité ne peuvent pas travailler sans l’accompagnement des journalistes, selon le Chef d’Escadon Hervé Yé, Commandant du groupement départemental de Gendarmerie de Koudougou. Il s’est prononcé à l’occasion d’un panel dans le cadre de la célébration des 20 ans d’anniversaire du Réseau d’Initiative de Journalistes (RIJ). Le thème de ce  panel a été : « Journalisme sensible aux conflits : Enjeux de la couverture médiatique en temps d’insécurité ».

Pour commencer, le gendarme a rappelé que le Burkina Faso est passé d’une période sans crise majeure à un contexte de guerre. Il a ensuite indiqué qu’en temps d’insécurité, l’information est importante dans le sens où elle permet de réduire le désordre. « Quand nous sommes dans une situation de conflit, lorsque y’a l’insécurité dans la cité en général, le fait d’avoir la bonne information, le fait d’avoir les bonnes interprétations permet à un moment donné de calmer les tensions ou bien d’empêcher les conflits de s’installer », a-t-il indiqué.

C’est là que le rôle du journaliste entre en scène, selon le Chef d’Escadron. A son avis, les hommes et les femmes de médias permettent aux populations d’avoir la véracité des faits. « Nous ne pouvons pas travailler ; gendarmes, policiers, militaires, dans une période d’instabilité si nous ne pouvons pas compter sur l’apport des journalistes qui est de traiter l’information et de donner l’information vraie à un moment donné », a-t-il poursuivi.

nous sommes dans un contexte de terrorisme
Plusieurs journalistes étaient présents au panel © Faso7

L’autre rôle du journaliste en cette période de crise est la sensibilisation, de l’avis du FDS. Il juge que les populations burkinabè n’ont pas encore intégré le fait qu’elles contribuent elles-mêmes à leur sécurité. « Aujourd’hui nous avons besoin des journalistes pour expliquer aux populations que nous sommes dans un contexte de terrorisme. Nous sommes dans un contexte où il faut expliquer aux populations qu’elles sont chacune responsables à un moment donné de leur sécurité, qu’elles sont chacune un maillon de la chaîne sécuritaire », a-t-il déclaré.

Eviter de tomber sous le joug de l’apologie du terrorisme

En bonus, le Chef d’Escadron a prodigué des conseils aux journalistes. Tout d’abord, il a fait savoir qu’en ces temps d’insécurité, le journaliste doit faire preuve de professionnalisme. « Dans le cadre dans lequel on est, il faut éviter en tant que journalistes de tenter de vouloir expliquer pourquoi les terroristes sont dans cette logique, pourquoi le phénomène existe. Si vous tentez de l’expliquer, systématiquement, vous allez tomber sous le joug de ce qu’on appelle l’apologie du terrorisme », a-t-il prévenu.

Ensuite, il a appelé les journalistes à œuvrer au profit de la nation. « Je n’ai pas envie de vous dire de choisir un camp mais je crois que les choses sont assez claires dans l’esprit de tout le monde aujourd’hui qu’il n’y a pas de camp à choisir. Il y a simplement des actions à faire pour aider les populations à sortir de ses affres du terrorisme là et aussi pour jouer son rôle en tant que maillon essentiel de la République contre l’insécurité », a-t-il laissé entendre.

Pour continuer, il a invité les hommes et les femmes de presse à avoir un choix éditorial qui puisse les prémunir de dangers éventuels et à faire attention à leurs contacts qui sont dans les zones à défis sécuritaires. « Lorsque vous êtes dans certaines zones pour traiter l’information, il faut faire attention aux contacts. Vous avez des contacts que vous prenez à l’avance. Ces contacts sont censés vous donner l’information, ces contacts sont censés vous rapprocher de l’information mais il faut savoir que dans certaines zones aujourd’hui au Burkina Faso, certaines zones sont complètement occupés par des gens qui sont de mauvaise foi », a-t-il fait savoir.

Pour terminer, le Chef d’Escadon Hervé Yé a invité les journalistes qui se rendent dans les zones d’insécurité à se signaler au niveau des gendarmeries, des commissariats de police ou des détachements militaires, afin de se prémunir de danger potentiels liée aux plans d’actions des FDS et aux actions des groupes terroristes.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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