Frontière Sikasso/Hauts-Bassins : Interpeace et ses partenaires lancent un rapport de dialogue transfrontalier

L’Organisation Internationale pour la consolidation de la paix, Interpeace et ses partenaires ont lancé ce 16 février 2022 à Ouagadougou, le rapport de recherche portant sur leur projet intitulé : « Dialogue engagé pour des actions sensibles aux conflits pour améliorer la cohésion sociale et la gestion des ressources naturelles le long de la frontière Mali/Burkina Faso dans les régions de Sikasso et des Hauts-Bassins ». Ce rapport provient des analyses participatives des dynamiques de conflits et des opportunités de paix dans les régions frontalières de Sikasso et des Hauts-Bassins, selon le Directeur Pays d’Interpeace au Burkina.

Le rapport intitulé : « Briser les barrières à la frontière Mali/Burkina Faso : Analyse participative des dynamiques de conflits et des opportunités de paix dans les régions frontalières de Sikasso et des Hauts-Bassins », a été lancé. Ce rapport s’inscrit dans le cadre du projet «Dialogue engagé pour des actions sensibles aux conflits pour améliorer la cohésion sociale et la gestion des ressources naturelles le long de la frontière Mali/Burkina Faso dans les régions de Sikasso et des Hauts-Bassins ». Ce projet est porté par Interpeace, en collaboration avec l’Institut Malien de Recherche Action pour la Paix (IMPRAP) et la Fondation allemande PATRIP qui est le bailleur de fond.

Cheïck Fayçal Traoré, le Représentant Pays de Interpeace au Burkina Faso a fait savoir que la stabilité qui règne entre la région de Sikasso au Mali et celle des Hauts-Bassins au Burkina Faso est menacée par le bornage de la frontière commune à la suite du dénouement juridictionnel du conflit frontalier qui a opposé le Burkina et le Mali courant les années 75-80. « Ledit bornage a occasionné  des incompréhensions traduites par l’interprétation tronquée de son sens, les populations estimant de part et d’autre que cette opération a créé des mutations de droit dans les espaces et les ressources naturelles jadis contrôlées par elles », a-t-il révélé.

Photo de famille à l’issue du lancement du projet

Selon le Représentant Pays de Interpeace au Burkina Faso, les populations cibles ont été mises au cœur du processus de production du rapport en question à travers  des espaces de dialogue, et des entretiens individuels d’approfondissement sur des thématiques bien précises. En termes de recommandations, le rapport propose de favoriser des approches participatives et inclusives, favoriser l’intégration et le développement économique, prôner et poursuivre le dialogue communautaire, renforcer la confiance entre populations et forces de sécurité, assurer un maillage sécuritaire de la région transfrontalière  et mutualiser les interventions.

« Susciter l’initiative d’actions concrètes pour le bien-être des populations frontalières »

Le Chuiton, Directrice Pays de la KFW ( ndlr, Kreditanstakt für Wideraufbau ou Banque de crédit pour le développement) au Burkina Faso estime que le projet de dialogue transfrontalier a permis d’obtenir des résultats tangibles en termes de réduction des tensions entre les différentes communautés des régions de Sikasso et Hauts-Bassins. Elle a également indiqué que l’appui du gouvernement allemand et de la KFW à travers la Fondation PATRIP à ce projet illustre encore l’engagement à soutenir la promotion du dialogue, les recherches de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix. « Je suis particulièrement heureuse d’être témoin du lancement de ce rapport qui, j’en suis persuadé, va permettre de faciliter une réflexion avec l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux afin de susciter l’initiative d’actions concrètes pour le bien-être des populations frontalières », a-t-elle indiqué.

Le Chuiton, Réprésentante Pays de la KFW au Burkina

Léontine Zagré, Secrétaire permanente de la Commission des Frontières du Burkina a lancé le rapport au nom de  Sié Edgar Sou, Secrétaire Général (SG) chargé des affaires courantes du ministère en charge de l’Administration Territoriale. « Le Burkina Faso et le Mali partagent une frontière longue de 1303 kilomètres et les zones frontalières constituent des zones à riches potentialités; en même temps ces potentialités sont sources de tensions et sources de conflits entre les communautés frontalières. Donc ce rapport vient à point nommé parce qu’il nous permet non seulement d’identifier les sources de conflits et d’avoir les propositions des populations en termes de solutions pour endiguer ces difficultés », a-t-elle déclaré.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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