Burkina Faso : Il faut au nouveau gouvernement « une excellente dose de patriotisme », selon Winkome Somé

Ceci est un avis d’un citoyen, Winkome Somé, sur la nomination du nouveau gouvernement au Burkina Faso.

Depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, le paysage socio-politique et économique burkinabè a été chamboulé de nombreuses reprises.

Les élections présidentielles-législatives (2015-2020) et des élections municipales (2016) ont également marqué un grand tournant et confirmé l’ancrage du Burkina Faso dans la démocratie en relevant le défi des scrutins libres et transparents.

Si les élections ont montré une maturité de la démocratie burkinabè, les premières attaques couplées du restaurant cappuccino et de l’hôtel splendide de Ouagadougou en 2016, le Burkina Faso est entré dans une spirale de violence entraînant des centaines de milliers de déplacés internes et des implications négatives sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle , toute chose voulant L’espoir d’une fin proche de l’engrenage.

Le Drame de Inata, survenu le 14 novembre 2021, énième attaque, a déclenché l’ire d’une bonne frange de la population. Des voix se sont élevés dans le pays pour dénoncer l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité des populations. Face à la colère légitime du peuple, le Président du Faso a effectué un réaménagement au sein de l’armée et composé un nouveau gouvernement “resserré “ de 26 ministres.

À la tête du gouvernement, le Président du Faso a décidé de faire confiance à l’ancien Secrétaire exécutif de l’organisme onusien de surveillance de l’interdiction des essais nucléaires (OTICE), Dr Lassina Zerbo, en le nommant Premier ministre. Cette nomination est un signe que le Président du Faso ait pris la ferme décision d’impulser une nouvelle dynamique au sein de sa gouvernance tâchée de corruption à gauche et de détournement à droit. Les premiers mots du nouveau premier ministre; « J’en appelle à la cohésion, à la tolérance, au pardon pour qu’on puisse s’unir. Parce que c’est à l’unisson que nous pourrons être mieux engagés pour vaincre le terrorisme », montrent d’ores et déjà que ce nouveau gouvernement restera toujours à l’écoute du peuple dans l’exécution des missions qui leur sont attribuées.

Le Premier ministre a déjà marqué son empreinte à travers la nouvelle équipe gouvernementale mise en place. En effet, le retour de Rosine Sory Coulibaly, que d’aucuns appellent « la Dame de fer » du fait de sa rigueur dans la gestion de l’ovidé publique , en tant que ministre des affaires étrangères, éclaire notre lanterne sur une probable offensive diplomatique afin de repositionner le Burkina Faso dans le concert des Nations, d’attirer plus d’investisseurs et d’avoir un appui pragmatique de la Communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme.

En outre, la création d’un portefeuille ministériel dédié à la prospective et aux réformes structurelles trace les sillons d’une gouvernance axée sur la prise en compte des générations futures. Comme je le dis toujours, un pays en voie de développement qui se construit en pensant aux générations futures a les milles chances d’enclencher son développement très rapidement.

En outre, il est important de faire remarquer la présence de quelques nouvelles dénominations de certains ministères telles que: Ministère de la transition énergétique, Ministère de la transition écologique, Ministère de la transition numérique, qui marque une belle innovation de migrer vers un monde plus moderne et propre. Aujourd’hui, le numérique est un levier de la transition écologique et un allier incontournable de la transition énergétique. C’est déjà un bon départ de mettre en exergue et de vouloir trianguler ces trois concepts dans leur mise en œuvre.

La reconduction dans des ministères clés comme Barthélemy Simporé à la défense et Maxime Koné à la sécurité montre que ces deux ministres, issus du précédent remaniement ministériel suite à l’attaque meurtrière de Solhan, sont dans une bonne dynamique avec de nouvelles stratégies qui convainquent le patron de Kossyam. Aussi, un élément important à mettre en lumière dans le portefeuille du ministre Maxime Koné, est l’association de la sécurité, de la décentralisation et de l’administration territoriale. Cela présage un renforcement des pouvoirs locaux afin d’augmenter l’efficacité de la lutte contre l’insécurité et de faciliter le maillage total du territoire burkinabè.

Cependant, en tant que jeune, je suis mal à l’aise quant à la place réservée à la jeunesse (plus de 70% de la population burkinabè) et à l’emploi dans ce nouveau gouvernement; un véritable challenge pour le Président du Faso. Je pense qu’il serait judicieux de maintenir un ministère plein dédié à la jeunesse et à l’emploi.

Par ailleurs, le changement de plusieurs ministres répond juste à un besoin pour le Président du Faso de et le Premier ministre d’écarter tous les ministres confrontés régulièrement à des sujets à polémiques et d’écarter des ministres moins dynamiques ou qui en un moment donné ne lui ont pas été d’un soutien.

Il est important de noter que cette nouvelle dynamique souhaitée par le Chef de l’Etat, demeure un vrai challenge pour le nouveau premier ministre; circonscrire la menace terroriste, le retour progressif des déplacés internes, exemplarités et gestion vertueuse des membres du gouvernement, gestion axée sur les résultats, une administration rapide et efficace et en même temps, poursuivre le programme de développement déroulé dans le PNDES 2.

La tâche ne s’annonce donc pas fastoche pour le Dr Lassina Zerbo et son gouvernement. Il leur faut une excellente dose de patriotisme, de sacrifice, d’intégrité, d’innovation , de sincérité, de clairvoyance dans le choix des hommes et de probité, pour pouvoir sortir le Burkina Faso de cette situation atroce dans laquelle il se trouve et le remettre sur les rails du développement dans la paix et dans la sécurité.

Winkome Some, un citoyen

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