Promotion des langues nationales au Burkina Faso : Un document de politique linguistique en cours d’adoption

Dans le cadre de la promotion des langues nationales, l’atelier de validation du document de politique linguistique du Burkina s’est ouvert ce mardi 21 septembre 2021 à Ouagadougou. Ce document entre dans la logique de la loi n°033/2019/AN du 23 mai 2019, portant loi d’orientation sur les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales au Burkina Faso.

Pendant 2 jours, le comité réuni pour la validation du document de politique linguistique du Burkina a la charge de lui apporter des améliorations et à donner une suite favorable en vue de son adoption par le Conseil des ministres. C’est pourquoi le ministre en charge de la Promotion des langues nationales, Stanislas Ouaro, a exhorté les participants à s’impliquer et à avoir un esprit d’ouverture et de construction pendant les travaux de validation. « Nous avons tous le devoir de travailler à la préservation de ce grand patrimoine culturel que nos aïeux nous ont dignement légué », a-t-il rappelé.

Notons que ledit document est composé de 4 sous documents, notamment le rapport diagnostic de la politique linguistique  ; le document de politique, la Stratégie nationale de promotion des langues nationales « qui va s’étendre sur une période de 5 ans » et le Plan d’action triennal de promotion des langues nationales. « Si vous n’avez pas de documents d’orientation, chacun intervient comme il veut et comme il peut. Et c’est le cas aujourd’hui. Donc dans les différents documents, il y a des propositions qui sont faites. Ces propositions devront permettre déjà de protéger toutes les langues, de faire en sorte que toutes nos langues puissent avoir un alphabet bien rédigé, afin que nous puissions faire de l’alphabétisation », a déclaré Stanislas Ouaro.

Selon les chiffres du ministre en charge de la Promotion des langues nationales, le Burkina Faso compte 59 langues nationales, mais seulement 16 sont déjà codifiées. L’un des objectifs visé par la mise à disposition du document de politique linguistique nationale est la codification de toutes les langues parlées au ‘’Pays des Hommes Intègres’’. « Nous avons une seizaine de langues nationales qui sont codifiées, mais toutes les langues ne le sont pas. Nous souhaitons aussi pouvoir de façon opérationnelle, faire des formations à la carte et permettre à des personnes qui souhaitent apprendre par exemple le Bouamou ou le Fulfuldé en deux mois de pouvoir le faire. Et cela peut permettre à des structures en termes de codage de pouvoir utiliser certaines langues qui sont des langues minoritaires », a indiqué le ministre Stanislas Ouaro.

Ajoutons que le ministre a précisé que l’objectif n’est pas d’officialiser une quelconque langue nationale en addition ou en remplacement à la langue de Molière. Il a déploré le fait que les langues locales demeurent longtemps dans une léthargie, avec une quasi-absence dans la science et les techniques du monde moderne, alors qu’elles jouent un rôle prépondérant dans les actions de développement socioéconomique et de cohésion sociale.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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