Burkina Faso : Qui veut la paix prépare la CENI !

Pour consolider leurs jarrets et tenir la route de la stabilité, les démocraties africaines ont opté de créer des commissions électorales. Pas certain que  c’est la formule parfaite. Mais un pantalon troué vaut mieux que rien du tout !

Afin d’écarter les soupçons de fraude et de tripatouillage des résultats sortis des urnes, les élections africaines, pour la plupart, ont été retirées des mains des ministres en charge de l’administration territoriale. Le principe est qu’il est difficile de faire une répartition équitable d’un plat de « benga » quand on y a soi-même sa part et qu’on y a intérêt. Et c’est logique !

Malgré tout, la fameuse loi non écrite du « on n’organise pas une élection en Afrique pour la perdre » continue de courir sur les langues et de souvent se constater sur le terrain. Conséquence, les commissions électorales, qui devraient être des garde-fous de la stabilité, deviennent des foyers de crises post-électorales, accompagnées malheureusement par leurs « cousines » des juridictions constitutionnelles et administratives, chargées de valider les scrutins.

Néanmoins, ces commissions, même trouées, demeurent les chaussettes les mieux acceptées pour envelopper les processus électoraux. Pour qu’elles jouent leur rôle de garantes de l’impartialité, de la transparence et de la légitimité des élections, il est important que leurs membres représentent valablement l’ensemble des acteurs et soient réciproquement acceptés.

L’eau qui  doit éteindre le feu ne doit pas prendre feu

Le cas échéant, on ouvre la voie aux crises et aux problèmes dès la racine même de l’élection. C’est du reste ce qui inquiète les observateurs qui regardent d’un œil pas très confiant ce qui se passe à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au Burkina Faso.

Des commissaires désignés  sont récusés pendant que d’autres sont remplacés dans une atmosphère qui n’est pas au beau fixe et comporte quelques nuages menaçants. L’inquiétude vient du fait que la bourrasque tourbillonne dans la maison censée être l’icône de la médiation et du recollement des cœurs brisés.

Dans un Burkina Faso qui se bat et se débat contre les griffes acérées du terrorisme, il est important que la chefferie traditionnelle trouve rapidement la solution pour éviter que toute éventuelle difficulté issue des prochaines élections ne soit de son chef. Car les orphelins ne peuvent que fondre en larmes lorsque l’eau qui doit éteindre l’incendie prend feu.

La Rédaction

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