« Tu ne peux pas rester à la maison et penser que les choses vont tomber du ciel » Huguo Boss

Musique, étude, entreprenariat, Hugues Gouba, 23 ans, a de grands rêves et travaille pour les réaliser. Faso7 est allée à sa rencontre du jeune Burkinabè plus connu sous le nom Hoguo Boss, dans son agence BSL Communication dont il est le PDG. Pendant près d’une heure l’artiste, qui est aussi étudiant en transport et logistique,  est revenu sur sa vision du rap burkinabè et ses stratégies pour faire marcher son entreprise. Dans un franc parler, il donne son avis sur la collaboration entre les devanciers du rap burkinabè et ceux de la nouvelle génération. Il répond aux personnes qui estiment qu’il est poussé par une main invisible et invite la jeunesse burkinabè au travail. Bonne lecture !

Faso7 : Quelle est l’actualité musicale de Huguo Boss?

Huguo Boss : Je prépare une nouvelle chanson, qui dois sortir en début février et ça parle d’amour.

Faso7 : Il y a plusieurs rappeurs mais qu’est ce qui fait votre particularité ?

Huguo Boss : Sur la base de la musique, la particularité de mes chansons réside dans le fait que tout ce que je dis est tiré de faits que j’ai vécus. Lorsque tu exprimes en musique ce que tu as vécu, ça passe vraiment beaucoup et c’est la raison pour laquelle j’ai pu acquérir aujourd’hui une fan base. On ne fait que construire petit à petit la carrière musicale.

Faso7 : Il est impossible d’évoquer l’artiste Huguo Boss sans parler du monde des affaires. Comment arrivez-vous à concilier ?

Huguo Boss : Effectivement je suis étudiant en licence en transport logistique, je suis entrepreneur et je suis artiste. Rien n’est facile sur cette terre, mais je peux dire que tout est question d’organisation. Lorsque tu es bien organisé, je me dis que tu pourras quand même t’en sortir dans les différentes activités que tu vas effectuer.

Faso7 : quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant qu’artiste chanteur ?

Huguo Boss : Je peux dire qu’il y a pas mal de difficultés qu’on rencontre, comme dans toute autre activité bien sûr. Mais lorsqu’on part d’un point de vue général des jeunes artistes comme nous, la difficulté majeure est qu’il y a un conflit de générations. Il y a un manque de soutien de la part de nos devanciers. Je me dis que lorsque Huguo Boss arrive par exemple à faire 1 million de vues sur ses vidéos, les devanciers doivent être fier de partager ça. Mais il y a un manque de soutien de cette génération-là. Il ne faudrait pas aussi que les devanciers se disent qu’il faut que le petit vienne vers eux, mais lorsque tu as un bon cœur et tu veux soutenir quelqu’un, tu peux le faire.

Faso7 : Y a-t-il des exemples concrets où des actes posés par certains devanciers qui prouvent leur manque de soutien ?

Huguo Boss : Je ne peux pas donner d’exemple, mais je parle d’un point de vue général. Vous voyez un peu ce que les artistes de la nouvelle génération font. Je me dis lorsqu’un artiste sort un son et que l’artiste arrive à se démarquer du lot, ce sont les grands frères même qui doivent mettre ces artistes là en lumière sur leurs différentes pages.

Faso7 : Quel message voudriez-vous lancer à vos aînés afin qu’ensemble vous portiez haut le rap burkinabè ?

Huguo Boss : Le message que je peux lancer à ces devanciers est qu’en toute humilité, on compte vraiment sur eux. On dit que c’est deux mains qui ramassent le sable ou la farine. Nous avons besoin d’eux pour les amener dans notre vision parce que notre vision, elle est nouvelle, elle est innovante. Avec leurs compétences, on peut s’unir et vraiment amener la musique Burkinabè au-delàs de nos frontières.

Faso7 : Quels sont les projets de Hugo Boss en ce début d’année ?

Huguo Boss : Nous avons beaucoup de projets pour l’année 2021. Il y a un grand festival que nous sommes en train de mettre en place intitulé le Festival de la Jeunesse qui vise à promouvoir l’entreprenariat des jeunes burkinabè et en Afrique. Il y a plein d’autres projets que nous comptons mettre en place avec ma maison de communication.

Faso7 : Quel bilan faites-vous de votre carrière ?

Huguo Boss : En toute sincérité le bilan que je peux faire de ma carrière, je peux dire qu’il est positif. D’un point de vue général j’ai réussi à m’imposer sur la scène musicale burkinabé sans producteur. Tout ce que je fais actuellement, c’est avec mes fonds propres. Et aujourd’hui Huguo Boss au-delà d’être un artiste, il offre des emplois à plusieurs jeunes du Burkina et un peu partout au Bénin et en côte d’Ivoire. Je peux être fier de moi parce qu’au-delà même de la musique, j’ai essayé de contribuer au développement de la jeunesse burkinabè.

Faso7 : Combien de personnes travaillent avec à vous ?

Huguo Boss : Ici à BLS Communication, on a six (06) employés directs. Il y a actuellement deux (02) stagiaires donc ça fait 08 personnes. Ici les stagiaires ont une rémunération. En plus de ça, on travaille avec plus de 200 personnes à Ouaga, en Côte d’ivoire et au Bénin. Nous n’avons pas d’agence dans ces pays mais en intermédiaire, on travaille indirectement avec plus de 200 personnes.

Par exemple lorsqu’on va vouloir mettre en place le festival de la jeunesse, c’est plus de 50 jeunes qu’on va prendre. Chaque fois qu’on a une opération terrain dans une ville, il y a toujours des gens qui vont avoir leur gagne-pain avec BSL Communication.

Faso7 : Bosslife Communication, carrière musicale, c’est beau mais est-ce que ça été facile pour vous ?

Huguo Boss : En toute sincérité ça n’a pas été facile. Tout est une question d’objectif et d’ambition.

Au-delà d’être artiste, je suis un influenceur sur les réseaux sociaux et ambassadeur de plus de dix (10) sociétés au Burkina Faso. J’ai une expérience énorme sur les réseaux sociaux. C’est la raison pour laquelle j’ai mis en place une maison de communication qui arrive à effectuer une communication à la vitesse de l’éclair grâce aux réseaux sociaux.

BSL Communication gère aujourd’hui la communication de plusieurs produits ainsi que la majorité des festivals. Les jeunes sociétés et même les multinationales arrivent à nous confier leur communication digitale.

Lorsque vous voyez de grandes entreprises, des groupes qui confient leur communication à des jeunes, c’est qu’il y a un travail qui est fait. Quand vous rentrer à BSL, il n’y a uniquement que des jeunes. Il n’y a personne qui a plus de 25 ans ici. C’est pour dire Il y a une vision qui a été établie et on ne fait que suivre le chemin. C’est pour monter que quand il y a le sérieux dans un travail, forcement ça va porter ses fruits. Il faut surtout croire en soi. Lorsque tu crois en toi, tu peux dompter le monde.

Faso7 : N’y a-t-il pas des mains invisibles qui vous poussent ?

Huguo Boss : En toute sincérité, il n’y a pas des gens derrières. C’est l’audace. C’est tout. Moi lorsque je veux quelque chose je me fixe des objectifs pour l’atteindre. Si vous voyez un peu tout ce qu’il y a, BLS Communication, on en parle un peu partout, c’est pour montrer qu’il y a une fondation qu’il est là. Il y a des bases qui ont été effectuées. Et ces bases-là, c’est grâce à un travail acharné.

Aujourd’hui certaines personnes utilisent Facebook pour vendre. D’autres utilisent pour acheter. D’autres utilisent pour insulter les gens et d’autres utilisent pour se faire voir. Nous, on a compris comment utiliser les réseaux sociaux. Et aujourd’hui ça paye.

Il n’existe pas de secret. C’est l’audace. Il faut être audacieux, courageux, travailleurs et toujours croire en toi-même. C’est tout.

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Faso7 : Vous n’êtes pas communicateur de formation mais vous prospérez dans ce domaine. Comment est-ce possible ?

Huguo Boss : A la base je suis influenceur. Il y a artiste et il y a influenceur qui font deux. Un influenceur, c’est quelqu’un qui, s’il tape par exemple sur la table tout de suite (Une table était installée pendant l’entretien NDLR), il peut amener tout le monde à taper sur une table. Par exemple lorsque je porte un habit, ça peut influencer plusieurs jeunes à faire pareil. C’est tout un travail. J’ai travaillé mon image à la base. Je peux accepter de dépenser 200 000 F CFA pour juste un petit truc sur mon image parce que je vois à long terme. Je n’ai pas peur d’investir sur mon image parce que c’est ce qui me vend cher. J’ai compris ça depuis près de 10 ans et aujourd’hui je suis à plus de 278 000 abonnés sur mon compte Instagram.

Je suis l’une des personnes les plus suivies sur Instagram au Burkina Faso. J’ai une expérience énorme sur le digital. Je n’ai pas fait des études en communication mais aujourd’hui on peut employer des gens qui ont fait des études en communications pour travailler. On peut travailler en symbiose parce qu’on a besoin de s’unir pour avancer. Moi je peux avoir des notions que quelqu’un qui a un master en communication n’a pas. Et quelqu’un qui a un master en communication peut avoir des notions que je n’ai pas. Mais je me dis que c’est main dans la main qu’on peut avancer.

Faso7 : Quel message avez-vous à l’endroit des jeunes qui vous aiment et rêvent de faire comme vous ?

Huguo Boss : En tout premier lieu, je peux dire que dans la vie rien n’est facile. Tu ne peux pas rester à la maison et penser que les choses vont tomber du ciel. Il faut que tu te lèves. Que tu crées des opportunités. Il faut que tu sortes de chez toi chaque jour pour aller rencontrer la vie. Ne dit pas que c’est dur. Essaie toujours. N’abandonne jamais. Tant que tu respires sur cette terre, il faut toujours essayer. Il faut croire en toi. Il ne faut surtout jamais douter de toi car lorsque tu doutes, tu te poses des questions à répétition et tu ne vas jamais essayer. Je demande également à tous ces jeunes d’entreprendre. Je l’ai toujours dit, le Burkina Faso est un pays qu’on a exploité à seulement 10%. On n’a encore rien fait. Il y a la place pour tout le monde. Il faut croire seulement en toi et pour toi vas sortir.

En toute sincérité, il faut aussi prier. Huguo Boss prie beaucoup. La prière ça aide. Ça ouvre vraiment des portes. Dieu aide beaucoup donc il faut vraiment prier pour tous ses bienfaits.

Je voudrais remercier mes fans. A toutes ces personnes-là qui croient en moi, qui ont confiance en moi, que Dieu vous bénisse. Sachez que je serai toujours prêt à vous servir que ça soit dans la musique ou dans l’entreprenariat ici au Burkina Faso. On va tout faire pour créer des milliers d’emplois si Dieu le permet, et avec l’aide du gouvernement si possible.

Faso7: Est ce que Huguo Boss est un cœur à prendre?

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Propos recueillis par Mariam Nignan

Faso7

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