Burkina Faso : «Lorsque ton peuple est en danger, même s’il faut négocier avec le diable, il faut le faire » (Me Hermann Yaméogo)

Les cadres de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) avec à leur tête le président du parti, ont eu un échange avec la presse ce 15 décembre 2020. L’objectif de cette rencontre avec les hommes et les femmes de était de parler du mémorandum que le président du parti à savoir Me Hermann Yaméogo s’apprête à publier.
Pour l’UNDD, les conditions de la tenue des élections n’étaient pas réunies compte tenu principalement de la situation sécuritaire. Me Herman Yaméogo, le président du parti à une fois de plus rappelé cela ce 15 décembre 2020. « La position de l’UNDD depuis 5 ans n’a pas changé. Compte tenu de certaines situations dont l’insécurité, nous avons toujours dit que dans une situation de guerre, on ne peut pas aller à des élections crédibles », a-t-il déclaré.
Me Hermann Yaméogo qui considère les élections couplées du 22 novembre 2020 comme un échec historique, estime que les responsabilités de cet échec sont partagées entre le pouvoir en place, l’opposition et le peuple. « Le pouvoir a fait ce qu’il fallait pour garder son pouvoir (…) L’opposition a fait comme une manigance pour aller à ces élections et les Burkinabès ont intégré la fausse conviction que le vote est un devoir patriotique », a déploré Me Hermann Yaméogo.
Sauver l’avenir
Malgré tous les problèmes qui ont entaché l’organisation du scrutin, le président de l’UNDD estime que tout cela est maintenant dans le passé et qu’il faut travailler à sauver l’avenir. Comment sauver le futur ? Me Hermann Yaméogo mise complètement sur la réconciliation. « Ce que nous avons raté par manque d’analyse par rapport aux élections, il ne faut pas qu’on le perde pour la réconciliation nationale », met-il en garde.
Pour le président de l’UNDD qui pense que la réconciliation est la condition pour un véritable développement, il est impératif que les dirigeants actuels s’inspirent de l’histoire du Burkina Faso afin de déclencher un véritable processus de réconciliation. « Le premier gouvernement de la Haute Volta a été constitué sur la base de la réconciliation », a-t-il fait savoir.
Le retour des exilés politiques
Aussi pour l’homme politique, une réconciliation qui n’envisagera pas le retour de tous les exilés politique sera vouée à l’échec. Selon lui, l’ancien président Blaise Compaoré actuellement en exil en Côte d’Ivoire avait compris cette éventualité. « Au temps de Blaise Compaoré, quand il s’agissait d’organiser des élections et que tout était tendu, il m’a fait rencontrer Dienderé à qui j’ai proposé de faire revenir des exilés politiques tels que Ky Zerbo, de libérer les prisonniers détenus au Conseil de l’entente comme Valère Somé, etc » a-t-il rappelé avant d’ajouter que « Si Roch fait venir Blaise en poignée de main et on voit qu’entre eux il y a la réconciliation, ça va impulser d’autres secteurs ».
Pour le président de l’UNDD, la situation actuelle du Burkina Faso impose que tous les fils du pays soient autorisés à apporter leurs contributions dans la recherche de solution. Il dit ne pas par parler uniquement des anciens président Blaise Compaoré et Yacouba Isaac Zida lorsqu’il évoque la réconciliation. Me Herman Yaméogo dit avoir rencontré des jeunes militaires très compétents enfermés à la Maison d’arrêt et de correction de l’armée (MACA) entant que prisonniers politiques. Pour Hermann Yaméogo, toutes ces personnes peuvent contribuer à lutter contre l’insécurité.
Même s’il faut négocier avec le diable…
Pour la lutte contre l’insécurité, le président de l’UNDD estime que le Burkina-Faso ne pourra pas s’en sortir sans passer par la négociation avec les groupes armées. Il estime qu’en matière de négociation, les personnes tels que le Général Diendéré et l’ancien président Blaise Compaoré sont des références. Et à la question de savoir ce qu’il pense des propos du président Roch Kaboré qui pendant la campagne présidentielle a fait savoir qu’il ne négociera pas avec les terroristes. « Pendant la campagne, Roch a dit qu’il ne négociera pas avec les terroristes pour faire plaisir à Macron sinon aucun Chef d’Etat ne peut dire qu’il ne va pas négocier avec les djihadistes. Lorsque ton peuple est en danger, même s’il faut négocier avec le diable, il faut le faire », a-t-il déclaré.
Pour ce qui est de son libre, Me Hermann Yaméogo dit avoir suffisamment avancé et qu’il veut prendre en compte les suggestions des journalistes et d’autres personnes ressources avant son édition très prochaine.
Faso7




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